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Ce que le débranchage des suprémacistes révèle des capacités de coercition des géants du web

Après les violences de Charlottesville, les géants de la Silicon Valley ont fermé de nouveaux comptes de suprémacistes blancs et les ont empêché d'utiliser leurs services.

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Ce que le débranchage des suprémacistes révèle des capacités de coercition des géants du web

Atlantico : Les affrontements entre suprémacistes blancs et mouvements antiracistes à Charlottesville ont fait réagir les géants de la Silicon Valley qui ont promis de répondre à ces attaques. Ces derniers ont bloqué des comptes, des groupes, des sites et des paiements liés à l’extrême droite américaine. Au-delà de la cause défendue, n'est-on pas en train d'assister également à une démonstration de force de la part de ces entreprises, révélant ainsi leurs moyens de coercition ?

Franck DeCloquement : Comme tout un chacun le sait, le « suprémacisme » est une idéologie raciste qui considère qu'une ethnie particulière peut et doit exercer une domination sur une ou plusieurs autres.

Le terme  peut également se comprendre au sens « civilisationnel », comme la suprématie d'une civilisation donnée sur une autre. Après les derniers événements tragiques survenus à Charlottesville, les géants du Web ont pour le moins choisi de traquer les suprémacistes blancs américains, et les groupes racistes sympathisants ou affiliés à cette idéologie. Certains évoquent même ici, en l’occurrence, une forme de « guerre subversive » afin de réduire au maximum leur influence ou leur pouvoir de nuisance, et de les acculer dans leurs derniers retranchements. Apple, Airbnb, Facebook, Google et PayPal entre autres acteurs du secteur numérique mondial – autrement-dit, les multinationales emblématiques des nouvelles technologies – ont pris des mesures de rétorsions inédites jusqu’alors, contre ces militants extrémistes américains. Entre refus de fournir leurs services et des déclarations faites au vitriol, la lutte s’est soudainement intensifiée à l’encontre les groupes de militants racistes.

Au nom de « la liberté d’expression sans entrave », les géants des nouvelles technologies numériques refusaient jusqu’ici de prendre parti. Offrant de fait une tribune opportune aux promoteurs des idées les plus nauséabondes. De façon inédite, les plus grandes entreprises de l’internet ont cette fois-ci choisi de prendre très ouvertement des mesures draconiennes de « rétorsions numériques » qui risquent fort de faire date : plusieurs personnalités de la Silicon Valley ont ainsi publiquement condamné les événements de Charlottesville. La numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg, ainsi que son patron Mark Zuckerberg, le fondateur universellement connu du réseau social géant, ont pris mutuellement la parole mercredi dernier, en faisant référence à la citation de Nelson Mandela, d’ailleurs réutilisée dimanche par l’ancien président des Etats-Unis Barack Obama dans son tweet devenu le plus « aimé » de l’histoire de la plateforme : « Nous ne sommes pas nés en nous haïssant les uns les autres. Nous ne sommes pas nés avec des opinions aussi extrêmes », ont-ils déclaré en cœur. « C’est une honte que nous ayons toujours besoin de dire que les néonazis et les suprémacistes blancs ont tort. Comme si ce n’était pas une évidence », a poursuivi Mark Zuckerberg. Promettant dans l’interstice que son réseau social « regarde la situation de près » et « supprimera les menaces de violence », conformément à son règlement. Révulsé par les propos du président Donald Trump estimant à plusieurs reprises que la violence était « de tous les côtés », le PDG d’Intel Brian Krzanich, s’est de son côté insurgé. En réponse à Trump, il a démissionné aussi sec lundi dernier de ses fonctions de « conseiller économique du président des Etats-Unis », comme beaucoup d’autres chefs d’entreprise depuis. Tim Cook, l’emblématique PDG d’Apple, a lui aussi très vivement réagi : « Nous avons déjà connu auparavant la terreur du suprémacisme blanc et de la violence raciste. C’est une question de morale. Un affront à l’Amérique. Nous devons tous nous y opposer ». Le PDG de Microsoft Satya Nadella quant à lui a préféré s’exprimer beaucoup plus discrètement à travers un message à destination de ses employés, afin de dénoncer les événements « horribles » de Charlottesville… Fermer le ban.

 
Commentaires

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  • Par padam - 20/08/2017 - 11:09 - Signaler un abus Juste une question

    Les géants du Web, si politiquement corrects, ont-ils pris aussi la décision de bloquer leur accès à l'Arabie Saoudite et au Qatar qui, entre autres pays et organisations islamiques diverses, ont pour objectif affiché la soumission ou l'extermination de l'Homme Blanc occidental?

  • Par eva - 20/08/2017 - 11:48 - Signaler un abus amsallem

    Bienvenue dans le monde ORWELLIEN , tant qu'au transhumanisme c'est plutôt le domaine des FRERES et de la gauche mondialiste , vous êtes vraiment tombé sur la tête.Les suprémacistes représentent 1% DE LA POPULATION US COMBIEN LES ANTIFA ?

  • Par tananarive - 20/08/2017 - 12:15 - Signaler un abus Démocratie.

    Les dictatures commencent par empêcher les opposants de s'exprimer.

  • Par vangog - 20/08/2017 - 12:18 - Signaler un abus "La liberté d'expression avec entraves"

    n'est plus de la liberté d'expression. Comment ces petits dieux du Web peuvent-ils laisser ouverts des sites de propagande jihadistes, ou des sites de fascistes rouges appelant à la désobéissance civile et apprenant à congestionner des cocktails molotovs, mais fermer des comptes de supremacistes blancs? Cette contradiction est une faiblesse majeure, qui prouve l'indignation à dimension variable de ces nouveaux nababs et leur engagement politique. Inutile de continuer à évoquer une illusoire liberté totalement bafouée...

  • Par evinrude - 20/08/2017 - 18:55 - Signaler un abus Et les sites pédophiles?

    Ce type de sites semble bien marcher, des millions d'enfants sont ainsi torturés; ont-ils une telle fougue et une telle unanimité à combattre ce type de crimes qui passent par le web?

  • Par POLITQ - 20/08/2017 - 19:46 - Signaler un abus HYPOCRITES POURRIS D'INTERNET ET DE POLITIQUES

    Bien sûr, aucun site musul, djihadiste, extrême-G, ne SERA JAMAIS EMBETE !!!!

  • Par kelenborn - 21/08/2017 - 05:46 - Signaler un abus oui oui très bien

    Très intéressant mais au delà de cette affaire, il faut souhaiter que Google ne tombe pas demain entre les mains de Carline My Ass!!!

  • Par kelenborn - 21/08/2017 - 05:48 - Signaler un abus des millions d'enfants

    Pourquoi pas des milliards ? Macroléon joue à Starwars et est persuadé qu'il a plusieurs vies mais vous n'êtes pas obligés d'en faire autant !

  • Par bd - 26/08/2017 - 19:01 - Signaler un abus L'aberration du racisme prouvée par la science

    Tous les racistes devraient effectuer une analyse génétique. Ils se rendraient compte que l'ethnicité n'est qu'une porteuse d'histoire et non de caractéristique médicale. L'ethnicité est relevée sur une partie du chromosome Y (moins d'1/60ème du génome) pour les hommes et sur l'ADN mitochondrial pour les femmes où la proportion génomique est encore plus faible. Les caractéristiques médicales sont portées par l'ADN autosomal qui représente plus de 59/60ièmes de notre génome. Chaque caractéristique médicale est indépendante des autres, ce qui signifie, par exemple, que l'intelligence n'a rien à voir avec la couleur de peau ou des yeux ou que chaque caractéristique comportementale. La culture n'est donc en aucun cas portée par des caractéristiques génétiques ou ethniques mais par simple transmission du savoir. Il suffit d'ailleurs d'avoir un enfant adopté ou métissé pour connaître cette réalité. PS: Copiez-collez ce petit texte à volonté là où c'est utile.

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Franck DeCloquement

Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique". Il enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi spécialiste sur les menaces Cyber-émergentes liées aux actions d'espionnage économique et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la SCIA (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la FNCDS (Fédération Nationale des Cadres Dirigeants et Supérieurs), à la FER (Fédération des Entreprises Romandes à Genève) à l’occasion de débats organisés par le CLUSIS - l'association d’experts helvétiques dédiée à la sécurité de l'information - autour des réalités des actions de contre-ingérence économique et des menaces dans la sphère digitale. 

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