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Pourquoi les dirigeants occidentaux feraient bien de regarder le puissant antidote au populisme qu'ils ont sous les yeux : Shinzo Abe

Shinzo Abe vient d’être réélu à la tête du PLD (parti de la droite libérale japonaise), une position qui pourrait lui garantir son poste de Premier ministre jusqu'en 2021, un record au Japon.

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Pourquoi les dirigeants occidentaux feraient bien de regarder le puissant antidote au populisme qu'ils ont sous les yeux : Shinzo Abe

 Crédit KAZUHIRO NOGI / AFP

Atlantico : Shinzo Abe vient d’être réélu à la tête du PLD (parti de la droite libérale japonaise), une position qui pourrait lui garantir son poste de Premier ministre jusqu'en 2021, un record au Japon. Après la déflation japonaise du 90-00, Abe a été élu sur la base d'un discours qui a pu parfois être considéré comme "populiste" en 2012. Pouvons-nous voir le Japon et l'élection de Shinzo Abe comme un précédent à la vague de populisme, ou pourrions-nous le considérer plutôt comme une forme d'antidote?

Peter Tasker : À mon avis, il s’agit bien d’un antidote. Shinzo Abe est un homme politique accompli. J’ai pu le rencontrer brièvement avant même qu’il ne devienne politicien, mais il était déjà «en formation», lors d’un mariage auquel il assistait à la place de son père, qui était alors ministre des affaires étrangères.

Le grand-père maternel d’Abe, Nobusuke Kishi, était Premier ministre. Le frère de Kishi, Eisaku Sato, était aussi un Premier ministre qui a remporté le prix Nobel de la paix en 1974. Le grand-père paternel d’Abe était un parlementaire de tendance pacifiste. Il est donc un «sang bleu» de la politique japonaise.

Shinzo Abe a gagné en popularité au début de sa carrière en soutenant la cause des personnes kidnappées, des citoyens japonais enlevés sur le sol japonais et en Europe par des agents nord-coréens, et parfois par des agents dormeurs nord-coréens au Japon et des gauchistes japonais. C'était une question que personne ne voulait aborder, dans la mesure où elle était considérée comme une théorie du complot farfelue.

Abe était le seul politicien traditionnel disposé à s'impliquer sur ce thème. Lorsque Kim Jong Il a admis la réalité de ces enlèvements, la popularité de l'action politique d’Abe a grimpé en flèche et il est devenu le successeur désigné du Premier ministre Koizumi.

Mais son premier mandat au pouvoir, en 2006-2007, s'est soldé par un échec car il n'avait rien à dire sur l'économie. À cette époque, il était un conservateur classique rétrograde qui était porteur des valeurs familiales traditionnelles, du patriotisme, etc. Alors que pendant ce temps, le Japon était bloqué par une stagnation déflationniste.

Le succès politique de son deuxième mandat découle de l’échec du premier. Lors de son retour en 2012, la « reflation » de l’économie japonaise était l’élément clé de sa plate-forme programmatique. Il a également dénoncé le conservatisme, poussant la « womenomics » (politique en faveur de la féminisation du travail au Japon), la réforme de la gouvernance d'entreprise et les mesures d'ouverture du marché associées au PTP - qui étaient impopulaires auprès des principaux partisans du PLD tels que les agriculteurs. Il a également assoupli les conditions d'entrée pour les touristes chinois malgré les relations parfois difficiles entre les deux pays.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 23/09/2018 - 10:44 - Signaler un abus Vous êtes très drôle Peter Tasker!

    Il vous est impossible de démontrer qu’un politicien opposé à la domination des bureaucrates et fausses élites mediatico-politiques n’est pas un populiste « pur et dur », mais vous essayez malgré tout! Et vos arguments sont des perles de sophisme: « le premier mandat de Shinzo Abe auraitrate, parcequ’il Était trop patriote »????...on croit rêver devant tant de naïveté!...ou encore: « son gouvernement ne peut être taxé de populisme, car il y a un professeur émérite dans son gouvernement »...allez! Continuez de nous faire rire et « essaie encore! »...

  • Par assougoudrel - 23/09/2018 - 11:38 - Signaler un abus Homme intelligent qui a su

    rebondir après un échec et qui obtient d'excellents résultats; tout le contraire de nos idiots avec leur idéologie débile, qui persistent et signent et qui reprennent les mêmes recettes dégueulasses encore et encore. De plus, cet homme s'est entouré de gens compétents, l'inverse de nos imbéciles qui placent les copains crétins à la tête des postes stratégiques. Pour finir, la mentalité de la population japonaise est très différente de la notre. Le patriotisme, les valeurs, la soif de garder intact sa culture et, cerise sur le gâteau, pas d'immigration. Un pays où on peut laisser tomber son restant de sandwich, le ramasser et continuer à le manger sans crainte. Un peuple digne qu'on a pu admirer lors du tsunami.

  • Par philippe de commynes - 23/09/2018 - 11:47 - Signaler un abus Modèle d'antidote anti-populiste ?

    Mais bien sur, envoyons lui juste une fraction de notre "diversité" et on verra bien s'il ne se reçoit pas en retour un tsunami populiste ...

  • Par accurate - 23/09/2018 - 12:13 - Signaler un abus Cet article

    apporte de bonnes infos mais il serait plus enrichissant si l'auteur ne "marchait pas sur des oeufs" de peur de "heurter" les bien pensants.

  • Par padam - 23/09/2018 - 15:45 - Signaler un abus Le bonheur nippon

    Tout à fait d'accord avec "accurate". En ajoutant que le Japon, par tradition, a un taux d'immigration nul. Maghrébins, blacks, migrants and co, on ne connait pas au pays du soleil-levant. N'est-ce pas là que réside le véritable antidote au "populisme"?...

  • Par MIMINE 95 - 23/09/2018 - 16:29 - Signaler un abus " l'élite est plus proche des valeurs, des intérêts et de

    culture de la population ". Et comme dirait l'autre : " en même temps " , c'est pas bien compliqué, sachant qu'au Japon on ne trouve que des Japonais pur jus, et des "invités", triés sur le volet et dont on est certain, qu'il apporteront une plus value économique, et ne seront pas des éléments perturbateurs. Voilà une société qui n'a pas succombé "au charme"du multiculturalisme" et de la nationalité "nomade". Et malgré cela , les Japonais sont loin d'être des êtres "rabougris", "rancis" et "fermés" au reste du monde. Comme c'est bizarrre !

  • Par MIMINE 95 - 23/09/2018 - 16:31 - Signaler un abus merci Peter Tasker

    j'ai beaucoup ri en lisant cet article si ... précautionneux !

  • Par adroitetoutemaintenant - 24/09/2018 - 14:43 - Signaler un abus Les bas du QI sont interdits au Japon

    La secte musulmane y est interdite et les yakuzas y veillent pour la police nippone !

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Peter Tasker

Peter Tasker est installé au Japon depuis 1977. Il est associé fondateur de Arcus Investments, un hedge fund spécialisé dans les actions japonaises.

Classé meilleur analyste du marché des actions japonaises durant cinq années consécutives, il a également été éditorialiste de Newsweek Japan pendant 10 ans et est régulièrement publié par le Financial Times

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