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Haut-Karabagh : 26 ans après, le silence étourdissant autour du massacre de Khojaly

Cela fait désormais vingt-six ans que la ville de Khojaly - occupé et totalement détruite par les forces armées de l’Arménie et qui impliquait également le 366ème Régiment de l’armée soviétique de l’époque - honore les 613 Azerbaïdjanais, dont 63 enfants et 107 femmes qui ont été tués, dans la nuit du 25 au 26 février 1992.

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Cela fait désormais vingt-six ans que la ville de Khojaly - occupé et totalement détruite par les forces armées de l’Arménie et qui impliquait également le 366ème Régiment de l’armée soviétique de l’époque - honore les 613 Azerbaïdjanais, dont 63 enfants et 107 femmes qui ont été tués, dans la nuit du 25 au 26 février 1992. Malgré le temps qui passe, personne, en particulier, les responsables politiques français, européens et mondiaux ne se sont exprimés clairement et concrètement sur ce tragique épisode, qui demeure le plus sanglant du conflit du Haut Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Heureusement, face à ce silence, il reste encore des hommes de culture et de lettre - journaliste-photographe, compositeur et peintre qui parlent du massacre de Khojaly à travers leurs œuvres. Ils sont tous les trois français qui n’ont pas pu rester indifférents à ce sujet douloureux.

Nous leur avons posé deux questions simples.

  • Pourquoi avez-vous choisi le thème de Khojaly comme vecteur de vos œuvres ?
  • Quel message voulez-vous faire passer au monde, à travers vos œuvres ?
     

Voici leurs réponses :

Reza Deghati – Photographe-journaliste

En tant que photographe-journaliste, je travaillais pour les grandes publications internationales. En ce temps-là, je collaborais pour le magazine « New York Times » ainsi que pour d’autres publications européennes, notamment pour le compte de l’agence de photographie Gamma. Parmi les différents sujets dans la région que j’ai suivi depuis la révolution en Iran (évènements au Moyen Orient et en Afrique, guerre en Afghanistan), l’Union Soviétique faisait également parti des grands projets sur lesquels je travaillais avant la chute de l’URSS. J’ai fait, en 1987 mon premier voyage à Moscou et en Azerbaïdjan. J’ai ainsi suivi l’évolution de ces évènements en Union Soviétique, surtout en Azerbaïdjan quand ont eu lieu, à Bakou, les évènements qu’on appelle le Janvier Noir.

Après l’indépendance de l’Azerbaïdjan, une guerre s’est éclatée dans le Haut-Karabagh avec l’aide de l’Arménie et de l’armée russe. En fin février 1992 j’ai eu une nouvelle qu’il a eu lieu un massacre dans une ville azerbaidjanaise et je suis tout de suite parti de Paris vers Bakou. A Bakou, j’ai joint un groupe d’humanitaires français, de Médecins du monde et Pharmaciens sans frontières qui voulaient aussi partir en direction du Karabagh et c’est avec ce groupe que je suis parti dans la ville d’Agdam en traversant une partie de l’Azerbaïdjan et le front de bataille. Arrivés dans la ville, nous sommes accueillis par une population en détresse qui nous racontait le déroulement tragique des jours précédents commis par les forces arméniennes dans le Haut-Karabagh. Pour mieux comprendre, nous nous sommes dirigés vers la place centrale d’Agdam, où il y avait une centaine de personnes, surtout des femmes et des vieillards qui cherchaient des informations sur leurs proches, pour beaucoup disparus. Ils ne savaient pas où ils étaient. Ces gens étaient pour la plupart habitants de Khojaly. Ils nous ont ainsi raconté l’horreur de la nuit de 25 au 26 février.

 
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Emmanuel Dupuy

Emmanuel Dupuy est président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe). Spécialiste des questions de sécurité européenne et de relations internationales, il a notamment été conseiller politique auprès des forces françaises en Afghanistan. Il est secrétaire national chargé des questions défense de l'UDI.

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