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"Comme un petit garçon à qui on a piqué son jouet..." : comment Macron s'est mis à dos l'armée avec le départ brutal du général Villiers

Macron ? On le croit Chérubin. C'est un bulldozer. Sans état d'âme. Doit-il craindre une rentrée sociale "chaude" comme le lui promet Jean-Luc Mélenchon ? Rédigé au jour le jour, ce journal de bord invite le lecteur à une promenade surprenante dans les méandres de la "Macronie". Extrait de "Les 100 jours de Macron" de Gilles Gaetner chez Fauves Editions (2/2).

Bonnes feuilles

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"Comme un petit garçon à qui on a piqué son jouet..." : comment Macron s'est mis à dos l'armée avec le départ brutal du général Villiers

Le feu couvait. Il suffisait, le 14 juillet, de regarder le chef de l’État et le général de Villiers, chef d’État-major des Armées, tous les deux debout dans leur command-car, lèvres pincées, sourire crispé chez Macron, regard lointain chez Villiers, défiler sur les Champs-Élysées, pour comprendre qu’entre les deux hommes, rien n’allait plus. Après la sortie du général, le 12 juillet, devant les députés (voir plus haut) et la réponse cinglante d’Emmanuel Macron, – « je suis le chef » – lors de la traditionnelle réception au ministère de la Défense, juste avant le 14 juillet, la situation du général de Villiers était devenue intenable.

Il en a tiré les conséquences, ce mercredi en remettant sa démission au président de la République. Deux semaines après avoir été confirmé, pour un an, à ce poste où il avait été nommé en février 2014 par le président François Hollande.

Voici ce qu’écrit le général au chef de l’État pour justifier son départ: « Je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. » Villiers poursuit: « Dans le plus strict respect de la loyauté qui n’a jamais cessé d’être le fondement de ma relation avec l’autorité politique et la représentation nationale, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de leur faire part de mes réserves, à plusieurs reprises, à huis clos, en toute transparence et vérité. » Une missive digne. Le général de Villiers aura la délicatesse de prévenir, dès lundi, le président et la ministre des Armées, Florence Parly, de ses intentions. Cela, pour permettre, dès mercredi, que le conseil des ministres choisisse son successeur. Ce sera le général François Lecointre, jusqu’alors chef du cabinet militaire d’Edouard Philippe, après l’avoir été de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Âgé de 55 ans, ancien de Saint-Cyr, le nouveau chef d’état-major, dont le nom a été soufflé par Florence Parly, s’illustrera le 27 mai 1995, comme capitaine, dans la reprise du pont de Vrbanja à Sarajevo. Après plusieurs heures de combat, le jeune officier réussira à libérer une dizaine d’otages, dont de nombreux Casques bleus de l’ONU. Ce fait d’armes lui vaudra d’être considéré comme un héros. « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes, mais avec eux », déclarera, modeste, François Lecointre. Dès ce jeudi, ce dernier sera aux côtés du chef de l’État pour une visite à la base aérienne 125 d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône…

L’éviction du général de Villiers, en tout cas cela y ressemble, la brutalité de ton employée par le président de la République qui le met publiquement en cause le 13 juillet, risque de provoquer une césure profonde entre le pouvoir politique et nos Armées. Aujourd’hui, une part importante des officiers généraux – il y en a près de 700 en activité – sont scandalisés par le départ du général Pierre de Villiers. Scandalisés et affectés de ne pas voir été entendus quand bon nombre d’entre eux dénonçaient le matériel vieillissant et peu adapté de l’armée française, surtout lors d’opérations extérieures (les OPEX)… Or voilà que le budget de la Défense, par décision du chef de l’État, est amputé de 850 millions d’euros. Inadmissible. Inacceptable. Ainsi donc, le président de la République, partisan d’une démocratie de la bienveillance, du consensus, se comporterait avec l’armée, comme un petit garçon à qui on a piqué son jouet. Comme un enfant gâté à qui tout réussit. Telle est l’apparence. Horrpilante. Une explication peut être donnée à « l’autoritarisme juvénile » – l’expression est du général Vincent Desportes ancien directeur de l’École de guerre – d’Emmanuel Macron. Ce dernier, alors en fonction à l’Élysée ou ministre de l’Économie s’est souvent montré agacé par des arbitrages rendus en faveur du ministère de la Défense et par voie de conséquence, à son chef, très estimé des militaires, Jean-Yves Le Drian. De même, Macron a souvent été irrité par le pouvoir exorbitant exercé par Cedric Lewandowski le directeur du cabinet de Le Drian. Aussi, quand il a été élu président de la République, Emmanuel Macron soucieux de bien montrer que selon la Constitution, il est le chef des Armées, écarte Le Drian en le nommant ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, tandis que l’encombrant et efficace Lewandowski qui caresse le rêve de devenir patron de la DGSE est prié de retourner d’où il vient, c’est-à-dire à EDF. Aussi, pour avoir un ministre des Armées, à sa main, peu au fait des affaires de défense, le président élu choisit Sylvie Goulard. Un choix habile puisque la nouvelle ministre est membre du MoDem, ce qui ne pouvait que satisfaire François Bayrou. On sait ce qui est advenu à Sylvie Goulard remplacée par Florence Parly, qui connait par cœur les arcanes des finances publiques, mais pas nécessairement celles de nos Armées. Voilà qui convient au jeune président de la République…

 

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 03/09/2017 - 12:11 - Signaler un abus Bof,

    un sale gosse, quoi. Pauvre France

  • Par zen-gzr-28 - 03/09/2017 - 12:31 - Signaler un abus Un sale gosse, certes

    mais élu Président de la République, mal élu pour ne pas dire très mal élu par des illuminés épatés ou intéressés par un Gourou hallucinant que les nombreux abstentionnistes supportent tant bien que mal !

  • Par assougoudrel - 03/09/2017 - 17:45 - Signaler un abus Sale gosse qui se fait

    poudrer la raie et les bijoux par sa maman, mais qui se dit chef des Armées.

  • Par KOUTOUBIA56 - 03/09/2017 - 22:18 - Signaler un abus un illusionniste qui se

    un illusionniste qui se cassera la gueule!!!!!!!!!!!! De Villiers a eu raison et n'en déplaise a Macreux (oui je dis bien Macreux) 80% des Francais ne l'ont pas approuvé. ce Monsieur c'est : j'ai raison et lorsque quelqu'un me contredit je deviens rouge d'autoritarisme

  • Par Vincennes - 04/09/2017 - 00:13 - Signaler un abus Un opportuniste caractériel qui ne recule devant RIEN et qui,

    comme un sale gamin capricieux, trépigne lorsqu'il n'obtient pas ce qu'il veut !!!! et qui malgré son "jeune" âge dépense sans compter pour masquer les défauts de son "minois" 26.000€ !!!!! Incroyable que malgré le mépris qu'il témoigne à la Presse, les journaleux continuent de l'encenser........alors qu'il y aurait tant à dire !!!!! qui va le dégommer ???

  • Par RAPP - 04/09/2017 - 10:18 - Signaler un abus Défiance...

    La faute de Macron envers les militaires est irrécupérable, la défiance est bien installée. Il le sait et agira en sorte! Il n'y a plus rien de bon à attendre de lui pour les Armées.

  • Par casanostra - 04/09/2017 - 11:41 - Signaler un abus Les Armées soutenues par tous les Anciens Combattant Patriotes

    C'est une honte de salir un Homme d'Honneur dont la poitrine est constellée des Reconnaissances de la Nation. Un véritable Président de la République aurait du maintenir les crédits des Armées, il aurait du annoncer que M. le Ministre des Fonds Publiques avait fait ce qu'il fallait mais que lui Chef des Armées passit outre et maintenait ces crédits

  • Par gerint - 04/09/2017 - 20:10 - Signaler un abus C'est en effet horripilant de voir ce fat dénigrer un Officier

    qui le dépasse de la tête et des épaules, uniquement parce-que ce prétentieux goujat n'a pas apprécié qu'on lui dise la vérité.

  • Par JG - 05/09/2017 - 11:57 - Signaler un abus Gloire, Force et Honneur à nos soldats

    Et honte au micron....

  • Par edac44 - 05/09/2017 - 15:16 - Signaler un abus Macron, c'est l'incompétence absolue excepté faire du fric !...

    Aidé par des instances financières pas vraiment dédiées aux intérêts de la France, un jeune trou du cul a été bombardé au pouvoir sans aucune compétence pour l'assumer !... et donc, Macron n'assume que sa petite prétention de petit chef des armées lesquelles s’inquiètent à juste raison d'un guignol aux commandes d'un possible feu nucléaire !... Mais qui donc a pu voter pour ce c.. ???

  • Par A M A - 05/09/2017 - 17:41 - Signaler un abus Cet incident a montré la

    Cet incident a montré la superficialité et la légèreté de celui qui s'est trouvé chargé par des électeurs complètement médiatisés du temps long de la France. A moins qu'il poursuive un objectif bien précis, comme celui d'effacer nos armées du paysage pour en fondre les débits dans une "goulasch" militaire européenne et allemande. 1870,1914;1940, tout ça pour rien.

  • Par zen-gzr-28 - 05/09/2017 - 21:09 - Signaler un abus Probable, hélas

    A M A L 'hypothèse de l'effacement de nos Armées me taraude tout en refusant cette abomination. Mais....

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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à L'Express, chargé de l'investigation.

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée - La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut),  La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014) et Les journalistes ne devraient pas dire ça (L'Artileur, 2017).

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