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Le secret du succès des entreprises allemandes ? Le pessimisme

Depuis 2004, l'indice de confiance des patrons d'outre-Rhin dans la situation future des six prochains mois a été dans les trois quarts du temps en deçà de celui portant sur les conditions actuelles...

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Le secret du succès des entreprises allemandes ? Le pessimisme

L'indice de confiance des patrons d'outre-Rhin est plus pessimiste que la moyenne.  Crédit Reuters

Atlantico : L'indice de confiance des patrons d'outre-Rhin semble nous en apprendre beaucoup sur leurs mentalités. Ainsi, depuis 2004, l'indice de confiance dans la situation future (6 prochains mois) a été dans les trois-quarts du temps en-deçà de celui portant sur les conditions actuelles. Peut-on en déduire que le pessimisme est un trait récurrent du monde de l'entreprise allemand ?

Jakob Hoeber : L'indice de confiance est en effet très révélateur sur la manière de réfléchir des patrons allemands. Tandis qu'il sera difficile de déduire des éclairages précis des années récentes – très marquées par la crise économique et l'incertitude qui en ressort – la période entre les années 2004-07 est plus révélatrice. Il s'agissait en effet des moments de confiance générale et du boom économique – surtout en Allemagne, où les réformes Hartz et l'intégration de pays de l'Est en Union européenne ont donné un fort appui à l'économie.

Pourtant on remarque un fort écart entre l'analyse de la situation actuelle puis la projection des patrons vers l'avenir. Comment expliquer cette différence ?

Parler ici d'un pessimisme serait probablement trop fort. Etant pessimiste sur l'avenir, cela voudrait dire de cesser des investissements à la fois en recherche et développement et en renouvellement des moyens de production. Ceci n'a pas été le cas dans cette période, au contraire. En effet, il s'agit plutôt d'un modèle de prudence quant à l'avenir, tenant compte que l'économie suit des cycles et que les bons temps ne peuvent durer. Les conséquences de cette sensibilité pour le management sont importantes, notamment lorsqu'il s'agit de prévoir des réactions possibles et adaptées à une future détérioration de la situation économique globale. Cette prévision peut valoir son pesant d'or en temps de crise économique, comme nous l'avons connu ces dernières années.

On évoque souvent le fait que les Allemands tirent leurs forces de leurs capacités à anticiper les conséquences futures d'un événement. Au-delà des clichés, jusqu'à quel point cette affirmation est vérifiable ?

Lorsqu'on regarde la réaction à la crise des entreprises allemandes, mais aussi de la politique, on peut en déduire des résultats mixtes. En effet, dans le secteur industriel, on constate une forte réactivité mais aussi la mise en œuvre rapide d'un plan de stabilisation économique qui trouvait la bonne balance entre soutien par l'argent public sans pour autant trop interférer dans le marché. La prime de casse ou bien de travail court, une alliance entre entreprises, employés et l'Etat, montre la qualité de la réaction.

En même temps, l'Allemagne a pu profiter des expériences antérieures, comme ceux faites par Volkswagen dans les années 1990. A cette période-là, le management de Volkswagen a mis en œuvre un plan de travail court avec ses employés dans un cadre de difficulté économique assez sévère – au lieu de renvoyer des milliers de personnes. Au moment du redressement, l'entreprise disposerait alors des gens pour augmenter la production, sans parler du facteur rassembleur que cette mesure avait. Le plan était payant, puisque l'entreprise figure aujourd'hui parmi les plus grandes producteurs d'automobiles au monde.

En même temps, on voit que la même capacité d'anticipation n'était pas existante dans le secteur financier. Lorsque les premiers nuages de la crise des subprimes se sont déjà clairement dessinés à l’horizon, certaines banques allemandes (notamment publiques) ont continué à acheter ces titres – pour devoir être ensuite sauvées pour l'argent public. Il se peut alors que le dicton que les Allemands sont un pays d'ingénieurs, mais ne comprennent pas grand chose à la finance, contienne un brin de vérité. On le voit dans l'absence d'une prise de position claire – avec la France – au début de la crise de l'euro, ce qui aurait bien pu empêcher beaucoup des dégâts faits par la suite. La capacité d'anticipation des patrons connaît par conséquences des limites importantes – on peut s'en douter qu'avec un regard plus pessimiste tel que révélé par les indices, certaines banques allemandes auraient continué à acheter des titres américains.

 
Commentaires

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  • Par lin - 28/04/2014 - 10:39 - Signaler un abus Rédaction

    Cet article est bourré de fautes d'orthographe et de grammaire, rédigé souvent de façon incompréhensible.

  • Par zelectron - 28/04/2014 - 14:24 - Signaler un abus l'impatience tue l'avenir

    La vraie grande maxime de la gauche en France c'est : vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

  • Par Ory-Nick - 28/04/2014 - 15:03 - Signaler un abus La véritable vraie raison ?

    Le pragmatisme associé a de vrais syndicats (et non des annexes de certains partis politiques).

  • Par Anguerrand - 28/04/2014 - 15:33 - Signaler un abus À Ory-Nick

    Tout à fait raison, mais il faut aussi ajouter que le communisme est mort depuis longtemps en Allemagne, que les patrons sont considères, tout le contraire de chez nous. Celui qui réussi en France est tout de suite jalousé, que le nivellement se fait toujours par le bas de l'école aux mesures gouvernementales qui imposent les riches ( qui quittent la France) ou les classes moyennes qui imposées rapportent le plus car les plus nombreux.

  • Par yavekapa - 29/04/2014 - 04:46 - Signaler un abus ne confondons pas

    la prudence, ce n'est pas du pessimisme s'opposer aux bolchos, ce n'est pas être au FN

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Jakob Höber

Jakob Hoeber est chercheur associé en économie, compétitivité et modèles sociaux européens à l'Institut Thomas More.

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