Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 20 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Samu de Strasbourg : pourquoi les causes de la mort de Naomi Musenga sont probablement plus complexes que l’intoxication au paracétamol que veut y voir le rapport officiel

Le procureur de la République de Strasbourg a dénoncé que la mort de Naomi Musenga serait le résultat d'une intoxication au paracétamol.

Crédible ?

Publié le
Samu de Strasbourg : pourquoi les causes de la mort de Naomi Musenga sont probablement plus complexes que l’intoxication au paracétamol que veut y voir le rapport officiel

 Crédit FREDERICK FLORIN / AFP

Atlantico : Ce 11 juillet, le procureur de la République de Strasbourg a pu annoncer que la mort de Naomi Musenga, décédée en décembre 2017, serait le résultat d'une intoxication "les éléments médicaux obtenus lesquels expliquent le décès de Naomi Musenga comme étant la conséquence d'une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours". Une version qui a pu être contestée par le professeur Christian Marescaux, au micro de France Info qui a ainsi déclaré : "L'hôpital planque tout ce qui l'accuse.

C'est du camouflage avec du pipeautage (...)"Arrêtez de nous prendre pour des cons, Naomi n'est pas morte parce qu'elle a bouffé trop de paracétamol".

Stéphane Gayet : Naomi MUSENGA a emporté avec elle dans sa tombe bien des éléments factuels qui auraient pu nous éclairer sur la cause exacte de son décès. Lorsqu'elle a enfin été prise en charge médicalement, elle était dans un tel état de gravité que l'on ne pouvait pratiquement plus rien obtenir de son interrogatoire. Elle est morte dans un tableau clinique de défaillance multi viscérale irréversible (état de choc décompensé). L'autopsie (examen anatomique complet par dissection) de son corps n'a été réalisée qu'après plusieurs jours, ce délai enlevant beaucoup d'intérêt au travail des anatomopathologistes. Car son corps était dans un état de décomposition avancée par putréfaction. La putréfaction est l'un des principaux processus de dégradation post mortem des tissus : elle s'associe à la lyse enzymatique qu'elle complète et parachève jusqu'à la disparition totale des matières organiques (un cadavre non traité se décompose totalement en six à douze mois environ). Il est important de préciser que cette putréfaction est réalisée par le "microbiote" intestinal, que l'on a longtemps appelé la "flore intestinale". En d'autres termes, ce sont nos bactéries – très utiles et même indispensables durant notre vie – qui nous digèrent après notre mort, cela après nous avoir rendu tant de services de notre vivant. Toujours est-il que plusieurs hypothèses ont été avancées pour tenter d'expliquer le décès brutal de Naomi.

L'hypothèse du suicide est rapidement écartée

Aucun argument ne plaide en faveur d'une intoxication volontaire dans le cadre d'un suicide : ni le tempérament de la jeune-femme, ni ce que l'on savait de sa vie, ni son histoire clinique n'apportent le moindre élément dans ce sens, au contraire (Naomi était une jeune maman apparemment épanouie).

La piste de l'intoxication (involontaire) au paracétamol ?

C'est récemment qu'a été évoquée la possibilité d'une intoxication aiguë (involontaire) mortelle au paracétamol (DOLIPRANE, DAFALGAN…). Ce médicament en vente libre est un antalgique (médicament qui réduit la douleur) dit de "palier 1" selon la classification de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qui signifie qu'il est l'antalgique courant de premier recours, tant en automédication qu'en prescription médicale en ambulatoire ou à l'hôpital. C'est également un antipyrétique (il réduit la fièvre). Après avoir écarté l'hypothèse d'une intoxication volontaire au paracétamol, il reste la possibilité d'une absorption massive aiguë de cette substance, dans un but thérapeutique. Cette éventualité signifierait que Naomi aurait initialement fortement souffert et que cette souffrance aurait été telle qu'elle la pousse à ingérer une dose mortelle de paracétamol. Nous envisagerons ce scénario dans la question suivante.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 13/07/2018 - 09:52 - Signaler un abus Cinq pages de bla-bla sur des hypothèses??????

    La seule question qui puisse être posée est "pourquoi sa famille ne s'est-elle pas occupée de cette jeune-femme?" qui parait soudain très entourée, après sa mort...Les SAMU sont débordés de demandes intempestives, émanant d'une population vigoureusement assistée. Et elles sont obligées d'effectuer un tri sur des bases forcément subjectives, car la malade n'est pas en face des médecins. La seule solution, en cas d'urgence réelle, et si le SAMU hésite à se déplacer, est de demander à sa famille d'amener le malade aux urgences. pourquoi cela n'a-t-il pas été fait? il existe des services d'urgence partout en France, accessibles en moins d'une demi-heure, au pire...ce n'est pas la brousse!

  • Par J'accuse - 13/07/2018 - 10:15 - Signaler un abus Des têtes doivent tomber

    A la lecture de cette analyse bien argumentée, il ne peut pas être question de non-assistance à personne en danger de mort, mais d'homicide par négligences, et de tentatives de dissimulation de preuves. Des sanctions professionnelles sont insuffisantes: elles doivent être pénales, de l'opératrice à la direction du SAMU et de l'hôpital. L'encombrement des urgences et les faux appels ont bon dos: une telle accumulation de mépris et de je-m’en-foutisme, voire de racisme, est inexcusable. Et quand on voit le genre de réactions, avec un "protocole" corporatiste plus respecté que les protocoles médicaux, on comprend que ce cas n'est en fait pas exceptionnel: combien de Naomi par an, à Strasbourg et ailleurs ?

  • Par adroitetoutemaintenant - 13/07/2018 - 10:18 - Signaler un abus Raisonnement incomplet

    1- le paracétamol est un mode de suicide de plus en plus fréquent. Et le suicide est une activité soudaine et très souvent imprévisible. 2- les doses mortelles de paracétamol suivent une variation individuelle très large. Chez un patient aux fonctions hépatiques diminuées la dose mortelle est nettement inférieure. Et la dysfonction hépatique peut être aiguë, passant inaperçue. Par exemple une consommation de champignons sauvages, même si ils sont considérés "non dangereux". Autre exemple, une crise aiguë de porphyrie, où la prise de paracétamol est dangereuse (10 à 40% de mortalité)! 3- la catastrophe potentielle de prise concomitante de médicaments contenant du paracétamol en plus du paracétamol vendu comme tel. 4- la sémiologie et la symptomatologie sont étudiés chez l'homme adulte mais complètement délaissés chez la femme, les enfants et les vieux. Cette femme peut très bien avoir eu un infarctus du myocarde à expression abdominale, avoir pris du paracétamol et avoir eu un trouble du rythme cardiaque foudroyant impossible à diagnostiquer en post-mortel.

  • Par Stéphane Gayet - 13/07/2018 - 10:19 - Signaler un abus Pourquoi sa famille ne s'est-elle pas occupée de Naomi ?

    Naomi n'était plus une enfant, c'était une femme mère d'un petit enfant et elle avait dépassé l'âge de 20 ans. Je suis certain que, s'il y avait eu des adultes auprès d'elle lors de son accident de santé, ils se seraient occupés d'elle. Je suis également certain que, si elle avait appelé un ou plusieurs de ses proches au téléphone, ils ne seraient pas restés sans rien faire. L'esprit de solidarité est très fort dans la culture de cette famille.

  • Par adroitetoutemaintenant - 13/07/2018 - 10:22 - Signaler un abus Suite

    On s'aperçoit à l'heure actuelle que les infarctus du myocarde chez les femmes sont beaucoup plus fréquent qu'on ne le pensait et que leur expression est très différente des hommes. 5- le médecin légiste n'a que le paracétamol à se mettre sous la dent, tout le reste n'est que supposition. Dans mes expertises médicales, je sépare toujours les faits de mes suppositions et quand je forme mon opinion j'en souligne toujours les limites.

  • Par Stéphane Gayet - 13/07/2018 - 10:57 - Signaler un abus Hypothèses diagnostiques

    Une des raisons pour lesquelles l'intoxication aiguë massive au paracétamol – en tant que cause unique du décès par ingestion volontaire – n'est pas plausible est que l'hépatite aiguë cytolytique qu'elle provoque n'est que modérément douloureuse ; en aucun cas il ne s'agit de douleurs atroces. L'hypothèse de l'infarctus du myocarde mérite en effet d'être examinée ; la douleur peut parfaitement être abdominale haute en fonction du territoire ischémié, mais elle conserve son type de sensation de striction, d'étau et elle n'est en général pas atroce à ce point ; l'asystolie par fibrillation ventriculaire, quand elle complique la nécrose myocardique, apparaît plutôt rapidement dans l'évolution, pas après des heures d'évolution. S'il s'agit maintenant d'un infarctus massif, il s'accompagne de signes d'insuffisance ventriculaire gauche qui occupent une place importante dans le tableau clinique.

  • Par Ganesha - 13/07/2018 - 11:24 - Signaler un abus Certitude absolue

    Cet événement confirme une certitude absolue : ce diagnostic était totalement impossible à réaliser par téléphone ! Il faut donc se résoudre à envoyer une ambulance à toute personne qui le demande. Quitte à demander ensuite au patient une participation financière variable, en fonction de l'urgence réelle, déterminée à posteriori.

  • Par Ganesha - 13/07/2018 - 11:27 - Signaler un abus CTscan

    Autres certitudes, si l'on reprend l'hypothèse diagnostique du dr. Gayet : avant l'invention du CTscan, cette patiente n'avait pratiquement aucune chance de survie. Elle est arrivée vivante à l'hôpital, et elle y a survécu quelques heures : a-t-elle bénéficié d'un CTscan abdominal ? Enfin, et surtout : y avait-il à ce moment dans l'hôpital un radiologue qualifié et expérimenté immédiatement disponible ? A ma connaissance, ce n'est pas le cas, la nuit, dans beaucoup d'hôpitaux français.

  • Par assougoudrel - 13/07/2018 - 11:32 - Signaler un abus Il y n'y a pas si longtemps de cela,

    la femme qui accouchait restait une bonne semaine à la maternité et on la gardait à la moindre montée de fièvre A présent, c'est trois jours. Cette femme, jeune maman, comme dit Vangog, aurait dû avoir au moins sa mère avec elle pour s'occuper et de sa fille et de son petit fils ou filles. Cette jeune femme n'aurait jamais dû rester seule. Quand au suicide...si elle était dans un état dépressif, elle aurait tué son bébé avant de se donner la mort et elle n'aurait pas appelé le SAMU.

  • Par cloette - 13/07/2018 - 11:33 - Signaler un abus le doliprane

    je m'en méfie, je ne sais pourquoi, c'est instinctif .

  • Par Beredan - 13/07/2018 - 12:39 - Signaler un abus Le doliprane a bon dos ...

    On est en train d’enfumer la famille en tentant à tout prix de sauver les têtes au samu et à l’hopital Concernés .... ça a merdé tout du long et on a tout camouflé , avec l’appui des autorités ...

  • Par vangog - 13/07/2018 - 13:33 - Signaler un abus @Stephane Gayet Merci pour vos réponses...

    mais je persiste à croire qu’après avoir essuyé un refus d’assistance du SAMU, cette femme aurait dû téléphoner à sa famille pour la transporter aux urgences les plus proches...et sur la photo de ses proches qui s’émeuvent, après sa mort, (https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/les-parents-de-naomi-musenga-recus-par-la-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-1531325119), je peux voir au moins six personnes, parfaitement valides et capables de conduire une voiture...l’assistance systématique est une maladie mortelle!

  • Par Jepn - 13/07/2018 - 13:56 - Signaler un abus question incontournable

    Il est possible qu'il y ait eu des négligences... il y a eu des, ou du moins une enregistrée, attitudes inaceptables... Mais les commentaires n'arrêtent pas de dire que cette malheureuse fille est décédée à l'hôpital. Alors il reste assez incompréhensible de voir écrit dans cet article comme dans d'autres : "Car son corps était dans un état de décomposition avancée par putréfaction". Quelqu'un qui décéde à l'hôpital est mis à la chambre mortuaire. Si le corps se putréfie c'est qu'il n'a pas été conservé dans de bonnes conditions. A l'hôpital c'est parcequ'il aurait gardé dans un lieu sans éléctricité... Impensable. Qui peut expliquer cela.

  • Par MIMINE 95 - 13/07/2018 - 14:24 - Signaler un abus A VANGOG

    Sa famille s'en est occupée, mais elle à reçu les mêmes "fin de non recevoir" que cette jeune femme.

  • Par Stéphane Gayet - 13/07/2018 - 14:38 - Signaler un abus La décomposition du corps même en chambre mortuaire réfrigérée

    La putréfaction à l'origine d'une décomposition avancée – malgré le maintien du corps en chambre mortuaire réfrigérée – peut s'expliquer dans l'hypothèse d'un l'infarctus mésentérique. Car cet accident vasculaire gravissime provoque un véritable pourrissement accéléré de tout le corps à partir de l'intestin nécrosé, du fait de la multiplication et de la dissémination intenses des bactéries intestinales après la mort. Certaines espèces bactériennes peuvent en effet se multiplier à une température comprise entre 5 et 10 °C, voire même moins. Il n'y a que le froid négatif qui stoppe réellement toute multiplication bactérienne.

  • Par Stéphane Gayet - 13/07/2018 - 15:04 - Signaler un abus À propos de la conservation par le froid

    Il faut encore ajouter que, lorsqu'il y a une énorme population bactérienne comme c'est le cas dans l'intestin et particulièrement dans un intestin nécrosé, la décomposition des tissus par la prolifération bactérienne produit de la chaleur du fait du métabolisme microbien. S'il y a énormément de bactéries, cette chaleur produite suffit à auto activer la pullulation bactérienne et le phénomène tend à s'amplifier.

  • Par Citoyen-libre - 13/07/2018 - 15:41 - Signaler un abus Petit pavé dans la marre

    Et le pharmacien dans tout ça ? Le Paracétamol est devenu plus simple à acheter qu'un paquet de cigarette. Qui met en garde contre les doses massives ? Bien au contraire, c'est presque un produit d'appel, derrière le comptoir avec tous les anti-grippaux. Malheureusement le pharmacien est devenu un épicier, qui est plus obnubiler par son chiffre d'affaire que par la distribution de conseils.

  • Par GP13 - 13/07/2018 - 17:29 - Signaler un abus Merci à Stéphane Gayet

    Pour son courage. Il sait de quoi il parle et les médecins ne peuvent que reconnaître la pertinence de ses observations. Merci à lui pour la mémoire de Naomi, soupçonnée d'être en partie responsable de son décès, assertion fort opportune pour atténuer les responsabilités du samu.

  • Par Anouman - 13/07/2018 - 19:46 - Signaler un abus Paracetamol

    Quelle que soit la cause du décès (même si c'était une intoxication) le problème reste que lors de son appel il n'y a pas eu de diagnostic par un médecin (si j'ai bien compris) et que personne n'est venu pour se rendre compte de son état rapidement. Sa seule chance aurait été d'être amenée aux urgences rapidement.

  • Par venise - 14/07/2018 - 15:12 - Signaler un abus paracetamol

    sur prescription le pharmacien m'a délivré 11 boites pour 1 mois! je lui ai demandé pourquoi il n'y avait que 8 comprimés par boite dans les 1g: "pour éviter les suicides"! une telle désinvolture va finir par banaliser ce fond de commerce qui commença par le doliprane que les visiteurs distribuaient aux soignants dans les hopitaux, bel article, en effet une dissection aortique ou tout évènement grave artériel abdominal explique ce tableau douloureux que personne n'a entendu, à la faute première s'ajoute l'entrave aux conditions d'autopsie, saura t on combien de temps on a mis pour descendre le corps en zone réfrigérée?

  • Par Liberdom - 14/07/2018 - 20:35 - Signaler un abus Tout-à-fait Gayet et Marescaux !

    Quand cette histoire est sortie (et après avoir entendu les extraits des enregistrements du SAMU67), j'ai tout de suite pensé à une rupture de grossesse extra-utérine. Et si on lui avait passé le médecin régulateur au téléphone c'est forcément à ça qu'aurait dû penser le collègue et envoyer une équipe. Les arguments sont l'âge de la patiente et l'évolution qui peu rapidement aboutir à un choc hémorragique avec défaillance poly-viscérale et décès. Cette histoire d’intoxication au paracétamol est complètement farfelue et ne tient en aucun cas la route. Quant à l'hypothèse de l’infarctus mésentérique massif je n'y ai pas pensé simplement parce qu'à cet âge-là, une jeune femme n'a aucune raison de présenter ce type de pathologie. Le tableau clinique "téléphonique" aurait dans tous les cas dû déclencher les secours.Le SAMU67 a tout faux dans cette histoire.

  • Par Jepn - 14/07/2018 - 21:18 - Signaler un abus Merci au Docteur Gayet

    Il m'a enfin donné une explication sur la décomposition, non du corps, mais des organes. Dans tous les cas s'il s'agit, comme cela est très serieusement envisageable, d'un Infarctus mésentérique cela explique la situation. Mais dans cette histoire il ne faut pas confondre la maltraitance d'un service public envers un malade et les raisons d'un décés qui aurait pu tout aussi bien arriver dans le cadre d'une prise en charge normale. En même temps la maltraitance est le résultat d'un délabrement des services de santé dont les praticiens ne sont pas responsables puisque de plus en plus démunis.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€