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Production record en Russie, tensions arabo-iraniennes, prix du baril... Pourquoi la réunion informelle de l'Opep qui s'ouvre ce mardi est tout sauf anodine

Une réunion informelle de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s'ouvre ce mardi 27 septembre à Alger. C'est dans un contexte géopolitique et économique relativement tendu que les pays directement touchés par la baisse des prix du baril du pétrole se réunissent pour discuter et tenter de trouver un accord sur les niveaux de productions.

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Production record en Russie, tensions arabo-iraniennes, prix du baril... Pourquoi la réunion informelle de l'Opep qui s'ouvre ce mardi est tout sauf anodine

Au sein des pays producteurs, qu'ils soient ou pas membres de l'Opep, il n'y a pas vraiment de vainqueurs car tous ces États subissent une perte considérable de recettes d'exportation et de recettes budgétaires. Crédit Reuters

Atlantico : Au cours de ce mois de septembre, la production de pétrole en Russie a atteint un plus haut jamais vu depuis l'ère soviétique, à 11,09 millions de barils par jour. Comment comprendre ce record dans le cadre des négociations entre Russie et Opep sur les niveaux de production ?

Francis Perrin : La production pétrolière russe est sur une tendance haussière dans la période récente et elle dépasse effectivement les 11 millions de barils par jour (Mb/j) mais on observe un tassement au cours des derniers mois. Il y aura bien sûr des fluctuations dues, notamment, à l'entrée en production de nouveaux gisements mais, compte tenu du niveau actuel des prix du pétrole (environ $46 par baril le vendredi 23 septembre en fin de journée pour le Brent de la mer du Nord) et des sanctions occidentales, il n'est pas sûr que le pays puisse à court terme aller bien au-delà de 11,20 Mb/j environ.

Certes, la dépréciation du rouble a aidé les compagnies pétrolières russes à traverser une période difficile mais l'impact de ce phénomène a des limites.

Pour la Russie, parler de gel de la production dans le court terme a donc du sens. Il ne serait pas très difficile de réaliser ce gel, si la volonté politique existe, car on est sans doute à un maximum avec les niveaux actuels et, si cette attitude de la Russie contribue à un accord entre l'Opep et quelques pays non-Opep pour geler la production et faire remonter les prix du pétrole (et donc ceux du gaz naturel puisque ceux-ci sont souvent indexés sur les prix du brut et/ou des produits pétroliers), ce sera tout bénéfice pour Moscou. La Russie n'est pas le principal obstacle à un tel accord. Le principal obstacle demeure l'hostilité entre l'Arabie Saoudite et l'Iran. Cela dit, les relations entre l'Opep et la Russie ne sont pas faciles. Par le passé, la Russie n'a pas toujours respecté les engagements pris envers l'Opep. Il y a une certaine méfiance, en particulier entre l'Arabie Saoudite et la Russie.

Le prochain sommet de l'Opep se tiendra ce mardi 27 septembre à Alger. Quels en sont les enjeux ? Quels sont les pays les plus vulnérables à une absence d'accord sur les niveaux de production ?

72 pays se retrouvent à Alger le 27 septembre pour une réunion ministérielle du Forum International de l'Energie (FIE), qui est un lieu d'échange entre producteurs et consommateurs d'énergie. Les pays membres de l'Opep, qui sont quasiment tous membres du FIE, ont décidé de profiter de cette occasion pour organiser en marge du FIE une réunion informelle de l'Opep. L'enjeu est de voir si tous les pays Opep - ils sont au nombre de 14 - sont prêts à un gel de la production ou s'ils sont tous d'accord pour exempter certains d'entre eux, notamment l'Iran et la Libye, de ce gel. Comme il s'agit d'une réunion informelle, l'Opep ne pourra pas prendre de décision mais, si la réunion d'Alger permettait de rapprocher les points de vue, l'organisation pourrait facilement convoquer une réunion extraordinaire de sa Conférence ministérielle en octobre. La prochaine réunion de l'Opep est prévue pour le 30 novembre à Vienne, mais si les discussions d'Alger débouchaient sur un accord potentiel, il serait important de le confirmer rapidement.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 27/09/2016 - 19:58 - Signaler un abus Prix du baril

    S'il y en a un qui ne voit pas trop la différence c'est le consommateur, en France en tous cas. Les taxes sur l'essence sont tellement confiscatoires que le baril passe de 100 à 46$ sans qu'on voit une grosse différence. Ce sont donc d'autres qui en profitent.

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Francis Perrin

Francis Perrin a travaillé pendant plusieurs années comme journaliste et consultant indépendant sur l’énergie et les matières premières avant de rejoindre, en 1991, le Centre arabe d’études pétrolières. Francis Perrin a été rédacteur en chef de Pétrole et Gaz Arabes (PGA) et d’Arab Oil & Gas (AOG) entre 1991 et 2000 et directeur de la rédaction de l’ensemble des publications de l’APRC entre 2001 et le début 2012.

En 2012, Francis Perrin a créé Stratégies et Politiques Energétiques (SPE).

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