Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 16 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Nouvelle ZAD en vue ? Pourquoi Bure devrait échapper à un destin à la NDDL

La justice a procédé à une nouvelle vague d'arrestation à Bure, site prévu pour le prochain centre d'enfouissement des déchets nucléaires. Une configuration qui ressemble au conflit de Notre-Dame-des-Landes, avec cependant de vraies différences.

Rebelote ?

Publié le
Nouvelle ZAD en vue ? Pourquoi Bure devrait échapper à un destin à la NDDL

 Crédit AFP

Atlantico : La police vient de procéder à une vague d'arrestations à Bure, village de la Meuse qui doit accueillir Cigeo, le centre d'enfouissement des déchets nucléaires, dont la construction est censée commencer en 2019. Les personnes interpellées, des opposants au projet, et la situation rappellent par bien des aspects celle de Notre-Dame-des-Landes. La ténacité des zadistes peut-elle, comme dans le cas de l'aéroport, venir à bout du projet ou enliser son développement ?

Eddy Fougier : Le projet, depuis plus de 20 ans, fait l'objet de contestation d'associations locales, de riverains – peu de riverains cependant, puisqu'il n'y a que 85 habitants à Bure. Mais depuis 2016 surtout, il y a une montée en puissance d'éléments radicaux qui ont pris le dessus sur les associations historiques. Pour une raison assez simple : leurs modes opératoires sont plus efficaces, notamment avec l'occupation d'un lieu spécifique qui s'appelle le Bois Lejuc, qu'ils ont occupé jusqu'au mois de février 2018 puisqu'il y a eu une évacuation.

Cela n'était pas forcément un site stratégique aujourd'hui, mais cela pouvait l'être potentiellement pour la construction du site. On observe un peu ce qui s'est passé à Notre-Dame-des-Landes à savoir cette montée en charge de la contestation et des radicaux qui prennent le dessus, avec des actions qui peuvent être assez violente. A Bure, un hôtel restaurant a ouvert, qui a fait l'objet d'une attaque l'an passé avec un début d'incendie. On a alors craint des blessés graves ou même des morts.

Cela ressemble-t-il pour autant à Notre-Dame-des-Landes ? Si on se place du côté du maître d'ouvrage, l'ANGRA (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs), ou de l'Etat, ils diront que cela n'a rien à voir. Il y a là évidemment une volonté de ne pas créer de lien entre les deux projets. Ce en quoi ils ont en partie raison, d'abord parce que NDDL avait une vocation régionale quand Bure a une vocation nationale, car on doit y gérer tous les déchets radioactifs les plus dangereux. C'est un enjeu que le gouvernement et l'industrie nucléaire civile considère comme vital. Le gouvernement et l'Ambra n'ont aucun intérêt à mettre les deux lieux au même niveau.

Ensuite, ce qu'on peut observer sur le terrain, c'est que les acteurs de la contestation sont très peu nombreux, à peine plusieurs dizaines installées dans la région et plusieurs centaines pour les grands événements. La question s'était posée après NDDL : les activistes les plus durs de NDDL allaient-ils venir à Bure ? On ne sait pas encore si ce sera le cas. Ce que l'on peut voir, c'est que l'Etat au niveau national ou local, ou la justice à ces deux niveaux ne se comportent pas du tout de la même façon à NDDL et à Bure. A Bure, quand les activistes sont condamnés, se sont généralement des condamnations fermes. La justice procède à des interdictions de territoire, de manifestation, pour certains individus radicaux voire des peines de prison ferme. La justice a donc la main lourde du côté de Bar-Le-Duc alors qu'elle ne l'avait pas nécessairement du côté de NDDL. Même chose pour l'Etat. La préfecture locale et le gouvernement montre aussi plus de fermeté à Bure. J'en veux d'ailleurs pour preuve que l'évacuation du Bois Lejuc s'est faite avant NDDL, tant le gouvernement et l'ANDRA y voit un enjeu national, une priorité nationale. Car c'est l'avenir de l'industrie nucléaire française qui est en jeu. Il ne s'agit pas uniquement de soulager l'aéroport de Nantes-Atlantique. C'est un enjeu plus important et vital pour le pays – pour son indépendance énergétique notamment. D'où cette politique très ferme pour faire en sorte que ne s'installe pas une contestation à NDDL

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Anguerrand - 23/06/2018 - 08:30 - Signaler un abus Encore ces parasites

    Leur métier c’est de foutre le bordel, et bien sûr d’aller chercher à la poste les aides sociales dont le RSA. Quand aux étrangers, ils ne savent même pas pourquoi ils sont là. Ils sont ZADISTES, et vivent sur le dos des français. Comment la police n’intervient pas dès l’arrivee de ces bons à rien qui se plaindront plus tard d’avoir le minimum vieillesse

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Eddy Fougier

Eddy Fougier est politologue, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Spécialiste des mouvements de contestation de la mondialisation, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur ces thèmes : Dictionnaire analytique de l’altermondialisme (Ellipses, 2006), L’Altermondialisme (Le Cavalier bleu, 2008).

Plus récemment, il a publié Thèmes essentiels d’actualité en QCM (2000 QCM) aux éditions Ellipses (2012) ou encore Parlons mondialisation (La Documentation française, 2012)

Eddy Fougier est chargé d’enseignement dans plusieurs écoles, notamment Audencia Nantes – Ecole de management, l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, l’Institut européen des hautes études internationales (IEHEI, Nice) et l’Institut supérieur de formation au journalisme (ISFJ, Paris).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€