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Happy Birthday Lizzie : la loyauté inspirée par la Reine à ses sujets est-elle différente de celle inspirée par la République à ses citoyens ?

La reine Elizabeth II d'Angleterre fête ce lundi 21 avril ses 88 ans. Après 62 ans de règne, la souveraine est toujours autant appréciée de son peuple. François Hollande, lui, aura mis deux ans pour décevoir une large majorité de Français. Un contraste qui ne tient pas à la nature du régime, mais à la capacité à incarner la nation.

Tout est dans le sac à mains

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Happy Birthday Lizzie : la loyauté inspirée par la Reine à ses sujets est-elle différente de celle inspirée par la République à ses citoyens ?

La reine Elizabeth II d'Angleterre fête ce lundi 21 avril ses 88 ans Crédit Reuters

Atlantico : Ce lundi 21 avril, Elizabeth II fête ses 88 ans. Le Président de la République, au même titre que la Reine d'Angleterre, représente son pays, à ceci près qu'il dispose de leviers dans la conduite de l'Etat. Qu'est-ce que cela traduit de l'incarnation de la Nation ?

Jacques Charles-Gaffiot : Si le Président de la République française incarne incontestablement l’Etat, il n’est pas certain que François Hollande (comme un grand nombre de ses prédécesseurs) apparaisse comme le meilleur représentant de la Nation, concept au caractère intemporel, dépassant très largement le seul exercice du pouvoir.

Le suffrage universel, qui aurait pu faire émerger de la masse des citoyens français le candidat le plus idoine pour les représenter, n’a pas réussi à octroyer à ce primus inter pares l’auréole faisant de lui non seulement l’arbitre veillant sur les destinées du pays mais également le médiateur pondéré permettant de conjuguer le passé, le présent et l’avenir à l’abri des angoissantes convulsions ressenties sporadiquement au sein du corps social.

De plus, depuis deux ans, l’actualité vient régulièrement ébranler la stature de l’actuel chef de l’Etat. Dépourvu de l’autorité naturelle émanant par principe de la fonction présidentielle, l’hôte contemporain de l’Elysée connaît la cote de popularité la plus médiocre jamais enregistrée jusqu’à nos jours. Sur ce point, son nouveau Premier ministre ne lui est guère d’un grand secours. A diverses reprises, notamment lors des défilés de la Manif pour tous avec son corollaire portant sur le traitement de la présence des veilleurs dans l’espace public, Manuel Vals s’est montré certes autoritaire mais dépourvu d’autorité, cette ascendance spontanée permettant l’instauration d’un consensus général. Ces deux personnages politiques se sont butés sur le même écueil (et ils ne sont pas les seuls), celui du mensonge. L’un et l’autre ont pensé être suffisamment habiles pour faire accroire aux Français quelques contre-vérités, à commencer par la fiction de la « présidence normale » ou encore, par exemple pour le second, la honte d’avoir fait réduire des deux tiers les estimations du nombre de manifestants anti mariages gay sur le pavé parisien, tromperie suivie de répressions abusives perpétrées à leur encontre.

La considération (quasi unanime) dont jouit Sa Majesté, la reine Elisabeth II, se place aux antipodes de semblables tripatouillages qui, toujours à plus ou moins long terme, discréditent à la fois les hommes et la fonction, ce qui apparaît plus dommageable. D’une façon des plus factuelles, soulignons tout d’abord la longévité de ce règne établissant une pérenne stabilité au royaume tout entier. La souveraine britannique, qui a promis au peuple anglais de le servir jusqu’à son dernier souffle, a connu René Coty ainsi que tous les présidents de la Ve République. Gageons qu’elle aura même probablement l’occasion de rencontrer le successeur de François Hollande ! Depuis 1952, date de son avènement, avec dignité, abnégation et une volonté sans faille, elle s’est efforcé de travailler pour consolider le bien commun. Elisabeth II reste fidèle à la promesse énoncée voici 62 ans et, sans doute plus d’une fois durant toutes ces années, aura-t-elle du savoir renoncer à ce qui lui tenait le plus à cœur pour effectuer « son métier de roi » pour reprendre la belle expression de Louis XIV (car il n’y a que nous, Français, qui considérons l’image des souverains sous l’angle de celui chimérique des « rois fainéants » ; l’école républicaine à la Vincent Peillon oblige !). Vivant en retrait, et le plus possible en dehors du tourbillon pernicieux des sphères médiatiques, la reine assume les hautes fonctions dont elle a hérité sans qu’il puisse être pensable que des paparazzi viennent un jour la surprendre nuitamment chevauchant un scooter, la tête dissimulée sous un casque, pour quitter en tout incognito sa résidence de Buckingham !

 
Commentaires

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  • Par cloette - 21/04/2014 - 11:50 - Signaler un abus Reine ou République

    il n'y a pas que la loyauté qui est inspirée par la Reine,il y a l'affection, alors que ce qui est inspiré par la République est plus cérébral.

  • Par stephanoise - 21/04/2014 - 12:02 - Signaler un abus Vive la reine !

    Hollandouille, c est comme le Canada dry, ça veut avoir le goût d un président, ça veut ressembler à un président, ça essaye de faire le président mais ce ne sera jamais un président, tout au plus une caricature de ce que peut être un homme politique. La REINE Élisabeth est une REINE et quoi qu non puisse penser de sa fonction, la dignité de cette femme, son attitude, son regard bienveillant, l amour et le respect qu elle éprouve pour son peuple qui le lui rend bien ne peuvent, en aucun cas, être comparés à ce déchet qui nous humilie chaque fois qu il ouvre la bouche ou met le nez dehors. Alors joyeux anniversaire Madame et vivement 2017 qu on se débarrasse à tout jamais de ce pitre inconsistant et irresponsable !(si quelqu un a un plan pour que cela soit possible avant, merci de le partager !!)

  • Par Duffy - 21/04/2014 - 13:25 - Signaler un abus Elizabeth règne sur les coeurs de

    23 millions d'Australiens, 4 millions de Neo-Zelandais, 34 millions de Canadiens, 63 millions de Britanniques. Superficie Australie, 7.692.000km2, Canada 9.980.000km2 (quelques arpents de neige), UK 243610km2 Nouvelle-Zélande 268 680km2 Plus grand territoire du monde. Et on ne compte pas l'Inde dont les habitants ne repoussent pas leur passé brittanique.

  • Par Anguerrand - 21/04/2014 - 16:19 - Signaler un abus Une république monarchiste

    Les français se disent républicains et nos dirigeants se comportent en monarques, jusqu'à se faire cirer les chaussures au " palais, comme on l'a appris dernièrement. Tant qu'à faire on se demande pourquoi la France ne redevient une monarchie, au moins le monarque, libéré de question électorale est respecté et il n'y a voir la fascination qu'on entre autre les français pour les monarchies.

  • Par ramsesdetoulouse - 21/04/2014 - 17:05 - Signaler un abus MOI PRESIDENT?

    Comme qui dirait... Y A PAS PHOTO! Du reste le rédacteur de l'article n'a pas osé mettre une photo "présidentielle" en face de celle de la Queen! C'est tout dire! Pour ne pas être inquiété par les services de SA SUFFISANCE L'USURPATEUR, je m'abstiendrai de tout propos insultants mais je n'en pense pas moins.

  • Par RBD - 22/04/2014 - 00:28 - Signaler un abus désaccords

    Je ne suis pas d'accord avec la comparaison esquissée avec le rôle du Conseil Constitutionnel, car il existe aussi des cours constitutionnelles semblables dans des monarchies constitutionnelles (il n'y a pas de constitution au Royaume-Uni, je sais). Je ne suis pas non plus du même avis avec la portée de l'exécution de Louis XVI, aujourd'hui mise en avant comme un symbole clair devant couper court (...) aux discussions et aux doutes, pour des raisons plus politiques que réelles. Au Royaume-Uni justement, Charles 1er a été décollé un siècle avant, son fils est revenu sur le trône plus tard et la monarchie est toujours là malgré quelques soubresauts dynastiques au fil des siècles. Cela s'est joué surtout au moment des diverses révolutions du XIXe siècle : les raideurs de Charles X et Louis-Philippe entraînant les révolutions de 1830 et 1848, l'imprudente guerre de 1870 balayant Napoléon III qui paraissait pourtant fermement établi.

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Jacques Charles-Gaffiot

Jacques Charles-Gaffiot est l'auteur de Trônes en majesté, l’Autorité et son symbole (Édition du Cerf), et commissaire de l'exposition Trésors du Saint-Sépulcre. Présents des cours royales européennes qui fut présentée au château de Versailles jusqu’au 14 juillet 2013.

 

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