Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 30 Juin 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

L'étude qui montre que devenir riche rend salaud (et que c'est notamment à cause des pauvres)

D'après un chercheur américain en psychologie sociale, plus une personne s'enrichit, moins elle aura tendance à faire preuve de compassion et d'empathie.

L'or durcit les cœurs

Publié le
L'étude qui montre que devenir riche rend salaud (et que c'est notamment à cause des pauvres)

Atlantico : "A mesure que la richesse des personnes augmente, on constate qu'elles ont tendance à faire de moins en moins preuve de compassion et d'empathie. A l'inverse, elles se préoccupent beaucoup plus de leur bon droit, de leurs mérites et de leur propres intérêts", a déclaré Paul Piff, chercheur en psychologie sociale à l'université de Berkeley, lors de l'édition 2013 de la conférence Tedx. Le fait de s'enrichir rend-il effectivement plus narcissique et individualiste ? Que constate-t-on vraiment ?

Therry Gallois : S’enrichir apporte davantage de pouvoir et/ou de puissance. L’argent permet aussi de renvoyer aux autres une image de soi-même qui est valorisée : on affiche sa valeur au travers des possessions. Et plus on s'enrichit, plus on a peur de « retomber ». On nourrit une angoisse plus ou moins consciente de la ruine, qui va avoir pour conséquence l’individualisation et l’oubli des personnes autour de soi. Lorsque la richesse est forte et rapide, surtout, le mouvement ascensionnel est tel que la peur de redescendre est encore plus intense.

Des éléments de personnalité s’ajoutent à cela, qui peuvent atténuer ou amplifier le phénomène. Si la valeur de solidarité n’est pas ancrée dans l’éducation de la personne, la dérive égocentrique est bien plus marquée.

Paul Piff a mené plusieurs expériences qui lui ont permis de constater des changements d'attitude chez les individus dès que leur situation s'améliore d'une manière ou d'une autre : arrogance, esprit de compétition, baisse du niveau de solidarité... Comment expliquer que ces réflexes participent d’une volonté de se protéger ?

La peur de la ruine est plus ou moins consciente. Les sujets qui partent de niveaux bas ou moyens et qui construisent une richesse par quelque moyen que ce soit sont les premiers concernés. Le réflexe est de protéger la situation nouvelle à tout prix.

Cela signifie-t-il que l'empathie, la solidarité et l'humilité dont une personne à faibles revenus pourrait faire preuve ne sont qu'une façade ? Sommes-nous tous des égoïstes en puissance qui n'attendent que la hausse de leur niveau de vie pour se révéler ?

Ne soyons pas aussi extrêmes. Notre personnalité joue, ainsi que l’éducation de chacun. Le monde dans lequel nous avons été élevés nous influence énormément. On peut chercher à s’enrichir beaucoup sans pour autant oublier les autres.

Notons que les mentalités américaine et française sont très différentes par rapport à l’argent et la réussite. Chez nous, l’argent a un effet de culpabilisation évident. Chez les anglo-saxon au contraire la réussite et l’argent sont valorisés, puisqu’ils sont censés favoriser le partage : les dons sont beaucoup plus courant là-bas. Il serait d’ailleurs intéressant de mener des études comparatives plus poussées.

Quelle est la responsabilité de l'entourage ? Ce dernier, par ses attentes, peut-il pousser celui qui a réussi à se retrancher du monde ?

La notion de justice est très présente notre monde occidental. Lorsqu’on voit des fortunes construites rapidement, grâce à un héritage ou à l’euro-million par exemple, la bienveillance laisse vite place à l’envie : pourquoi lui et pas moi ? Cela est très présent dans nos mentalités, ce qui peut déclencher une position de retrait chez le possédant, soit parce qu’il se protège, soit parce qu’il se sent rejeté. Certains gagnants du loto ont été jusqu’à dilapider leur richesse pour revenir à leur situation d’avant. L’argent génère toujours attirance et répulsion, nous n’avons pas beaucoup évolué sur ce point.

De tels comportements narcissiques sont-ils plus courants aujourd'hui qu'avant ? Pourquoi ?

Notre rapport à l’argent est en train d’évoluer, car nous en parlons beaucoup plus qu’avant. La notion de réussite est de plus en plus mise en avant, et est même vécue par certains jeunes comme un objectif. Le revirement s’est effectué dans les années 1980.

Cela veut-il également dire qu'une plus grande exigence morale et éthique pèse sur les riches pour éviter qu'ils ne cèdent  au narcissisme et au mépris de classe ? Comment se prémunir contre cette dérive ?

Si on prend l’exemple de quelqu’un comme Bill Gates, on peut supposer que son évolution s’est faite par étapes. Il a dû passer par un moment de protection à l’égard du monde, puis son sentiment de sécurité lié à sa fortune qui est considérable, mêlé à sa culture du don à l’américaine, l’a poussé à se poser des questions et à revenir à une position d’empathie. Intérieurement, il a beaucoup « voyagé », il est au-delà de toutes les peurs inhérentes à la richesse.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Anguerrand - 02/02/2014 - 09:01 - Signaler un abus Donc à contrario

    plus on est pauvre plus on est gentil? FH va créer une " commission" pour étudier la question.

  • Par Inconnu - 02/02/2014 - 09:28 - Signaler un abus Encore une analyse marxoïde ?

    En écartant l'argument fallacieux des jeux de hasard, force est de constater que les "riches" forment un groupe très nombreux. Que parmi ceux ci, les héritiers en sont une part minoritaire. Qu'à l'exception des grandes fortunes, quasi autogérées et autoproductives, l'essentiel des fortunes naissent dans des groupes familiaux homogènes, travailleurs et compétents. Ce qui rend suspectes bien des études sur "les riches", c'est l'omission quasi systématique de cette valeur travail. Ce qui en révèle soit les fondements marxistes, soit le caractère surfait, soit les limites de compétence. Car depuis quand l'essentiel de cette catégorie, quand bien même elle bénéficie d'avantages sociétaux variables selon les pays, les régimes politiques et les époques, arriverait à son "statut" les mains dans les poches ? N'est-ce pas une activité à plein temps que de créer, gérer et conserver des avoirs importants ? La délégation de ces activités n'existant que dans la partie supérieure. Si oui, pourquoi cette volonté de l'omettre ? À qui donc, puisque c'est le sujet de l'article, faut-il alors faire comprendre qu'une activité prégnante laisse peu de temps pour autrui ? Conclusion ?

  • Par Jean-Pierre - 02/02/2014 - 09:29 - Signaler un abus "Salauds de riches" !

    . Le Président socialiste l'avait bien dit.... . Et c'est la raison pour laquelle il a décidé de s'attaquer au problème, en ruinant tous ceux qui peuvent l'être par une politique économique "titanique-like" ! Au début du naufrage, il a décidé d'ignorer l'iceberg de la crise, de jeter les canots à l'eau mais seulement pour les fonctionnaires-politiciens-journalistes, et de mettre le feu au navire pour que personne ne coule avec le navire, ce serait trop injuste... . Demain, il n'y aura pus de salauds de riches en France, il aura vaincu toutes les inégalités. Les pauvres seront encore plus pauvres, mais ils n'ont pas à s'inquiéter, ils pourront rencontrer des ex-riches pleins d'une compassion nouvelle en allant souper aux Restos du Coeur rebaptisés "Restos pour tous" ! Ou en allant faire du shopping chez Emmaüs, ou s'habiller chez Tati repeint tout en rose... . Néanmoins, les fonctionnaires et politiciens, ainsi que les journalistes, garderont leurs prérogatives et avantages, ne serait-ce que pour pérenniser l'égalité nouvelle. Ce serait injuste de les inclure dans le naufrage- heu.... la nouvelle égalité tant attendue ! .

  • Par john mac lane - 02/02/2014 - 09:37 - Signaler un abus Un sociologue a "déclaré" devient "une étude" dans cet article!

    Franchement avec un prof Américain votant certainement O Bama et dépendant des renouvellements de budgets de l'état Américain indique une étude qui va dans le sens des déclarations d'O Bama. Ca c'est de la source en béton armé. On imagine le prochain article de l'auteur sur "Cuba le pays le plus démocratique" avec la source de Castro.

  • Par Ravidelacreche - 02/02/2014 - 09:59 - Signaler un abus Paul Piff, chercheur en psychologie sociale

    Il a du Pif Popol.

  • Par Sceptique - 02/02/2014 - 10:11 - Signaler un abus L'inverse

    "A mesure que la richesse des personnes augmente, on constate qu'elles ont tendance à faire de moins en moins preuve de compassion et d'empathie. A l'inverse, elles se préoccupent beaucoup plus de leur bon droit, de leurs mérites et de leur propres intérêts" A moins que ce ne soit l'inverse : Pour devenir riche, il faut d'abord ne se préoccuper que de ses propres intérêts !

  • Par ZOEDUBATO - 02/02/2014 - 10:44 - Signaler un abus Retour à la lutte des classes format 1880

    Ce marronnier ressort chaque fois que la gauche sombre dans des dépenses inutiles et irresponsables et qu'elle veut augmenter les impôts pour continuer à enrichir ses petits copains Article d'injustice sociale d'un technocrate qui n'a jamais été sur le terrain La désignation de boucs émissaires (riches, finances, immigration,etc.) a toujours été le propre des idéologie qui pensent pour vous et qui refusent leurs responsabilité

  • Par didi59 - 02/02/2014 - 11:06 - Signaler un abus didi59

    Il y a quand même du vrai dans cet article. Il y aurait beaucoup plus de personnes de classe moyenne ou de classe défavorisée si des parents riches n'étaient pas nés avant et avaient aidé leurs enfants. Par contre, il est vrai que le travail est une valeur essentielle malheureusement pour ceux qui ne sont pas nés une cuillère dans la bouche, il faut travailler et en plus persévérer, être patient, faire le dos rond dans des moments difficiles. Je dirai que ces personnes ont plus de mérite pour y être arrivé avec plus ou moins de facilités donc chacun à son niveau a du mérite pour ne pas sombrer. la classe défavorisée et la classe moyenne subissent plus d'injustice elle a du mérite . Par contre, il y a dans les classes aisées, des personnalités et nombreuses qui méritent où elles sont par leur génie etc mais d'autre dans cette classe aisée profite de leur situation pour enquiquiner les autres c'est dommage parce qu'elles font du tort aux personnes riches par leur capacité d'entreprendre, d'adaptation etc. IL Y A DES LOIS pour éviter ces abus mais malheureusement les gens tordus arrivent à déjouer par leur connaissance ou par manipulation la loi.ENFIN ESPERONS QUE L'AMBIANCE S'amelior

  • Par pemmore - 02/02/2014 - 12:22 - Signaler un abus Non! C'est parcequ'on est un salaud qu'on devient riche.

    Ca se voit dans les jeux en ligne qui copient la vraie vie, c'est le pire fumier qui gagne.

  • Par Acacia - 02/02/2014 - 14:42 - Signaler un abus Bien dit

    @Jean-Pierre nous peint un avenir socialiste très réaliste, bravo...

  • Par Acacia - 02/02/2014 - 15:05 - Signaler un abus Empathie...

    Par définition, il ne peut pas y avoir une empathie de classe sociale sinon il n'y aurait pas de classe et c'est bien là le malheur de notre société, nous sommes incapables de nous mettre dans la peau de l'autre sans le rabaisser et nous croire supérieur... il n'y a pas besoin d'études sociétales, la réalité est là pour nous convaincre.

  • Par anticip - 02/02/2014 - 15:58 - Signaler un abus donc a priori

    je ne parles que de la France Bernard arnault , serge Dassault ,, madame bettancourt..... la liste est longue sont des s...... il vaut mieux que la france est beaucoup de salaud ,parceque dans le cas contraire ? et l'abruti qui a pondu ça ,il est quoi?, un pote a hollande qui n'aime pas les salauds de riches

  • Par croco74 - 02/02/2014 - 16:09 - Signaler un abus qu'est ce qu'un "riche"?

    Et si les riches étaient ceux qui "enfument" les Français, les politiques, les hauts fonctionnaires avec des indemnités et/ou des salaires de 20 000 € mensuels...Ils ne sont préoccupés QUE de garder leurs avantages (ou d'être réelus...) .Les Français ; ils s'en fichent ...Je fais plus confiance pour faire du social et s'intéresser aux petites gens (les "pauvres" qui gagnent le SMIG en travaillant alors qu'on peut mieux vivre sans travailler) aux petites entreprises où le patron connaît chacun de ses salariés et amortit les coups durs ...mais ça ne plaît pas aux syndicats qui appellent ça faire du "paternalisme " Ca vaut peut-être mieux que faire du "jusqu'au boutisme "-voir certains dossiers très actuels et couler des entreprises plutôt que de permettre des ajustements pour aider l'entreprise à redémarrer .La CGT devrait être interdite 3% de syndiqués , 100%de nuisances ...!...

  • Par galt17 - 02/02/2014 - 16:54 - Signaler un abus En conclusion

    si on élimine tous les riches le monde sera meilleur, ca serait pas le communisme par hasard. L'embêtant pour ce monsieur fonctionnaire psychologue social, c'est que se sont les entrepreneurs, donc les riches, et leurs esclaves, les salariés qui lui permettent cette oisiveté intellectuelle. L'aristocratie publique comme avant elle, celle du sang est envieuse mais elle a besoin de notre argent, l'équilibre entre la critique et le maintien de la rente, devient un art délicat.

  • Par Thibs - 02/02/2014 - 17:10 - Signaler un abus @pemmore

    Les expériences en sciences cognitives ont montré et ont été reproduite, donnant toujours les mêmes résultats. X joueurs sont autour d'une table et ont à disposition des jetons. Ils doivent distribuer à leur tour les jetons selon leur préférence à 1 ou plusieurs des autres joueurs, ceux-ci connaissant les noms des donateurs et le nombre de jetons donnés, les autres joueurs ne le sachant pas. Au bout de Z tours, quelque soit le nombre Z à partir du moment où il est statistiquement fiable? Les joueurs qui donnent le plus sont au final ceux qui recevront le plus et sont alors les plus riches.

  • Par fentreti - 02/02/2014 - 18:11 - Signaler un abus @anguerrand cet article est pour vous

    Vous qui êtes passé de chômeur à patron .

  • Par ignace - 02/02/2014 - 18:13 - Signaler un abus un forum de pauvres qui s'attache a defendre

    ceux qui n'ont pas besoin de l’être : les riches (ils savent très bien le faire eux mêmes)..........c'est vrai des fois ,qu'ils deviendraient riches !!!!!!!!!!!

  • Par Salvatore Migondis - 02/02/2014 - 20:29 - Signaler un abus Pour sûr...

    Quand on a rien.. c'est plus facile d'avoir le cœur sur la main..

  • Par Vautrin - 02/02/2014 - 20:47 - Signaler un abus Drôle de pays

    où la richesse est honnie et où l'on souhaite la pauvreté généralisée. C'est-à-dire l'entropie maximale. Désolé, mais quand une société est dans cet état, elle ne peut plus fonctionner : il faut un déséquilibre initial pour que ça marche.

  • Par coucou.cmoi35 - 03/02/2014 - 00:47 - Signaler un abus On devient salaud parce qu'on est riche ou l'inverse ?

    Le mythe du salaud de riche est une création socialiste. ils utilisent la jalousie pour éliminer toute pensée raisonnable. Quand au partage, il faut savoir que pour monter socialement beaucoup prennent des risques, font des sacrifices et travaillent très dur. Difficile de nourrir de l'empathie après ça pour un chancre de salon qui se drogue et picole du whisky. (Histoire évidemment vécu).

  • Par Anguerrand - 03/02/2014 - 09:50 - Signaler un abus A Fentreti

    C'est pas beau les attaques personnelles, au fait et vous de quel côté êtes vous dans les gentils pauvres? Je me demande quand même s'il n'y a pas des pauvres méchants ou aigris en vous lisant Sans rancune j'ai de l'empathie pour vous , mais rassurez vous je ne suis pas riche au sens de votre idole Mr FH .

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Thierry Gallois

Thierry Gallois est psychologue - psychothérapeute, spécialisé dans les maladies liées au stress et à des comportements à charge. Il est aussi professeur à l'Université Lille III. Il est l’auteur de Psychologie de l'argent (2003) et de Victime attitude (2009, Editions de l’Archipel).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€