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Chahdortt Djavann : "Voiler les adolescentes et les femmes était un préalable indispensable pour amorcer la réislamisation massive de la jeunesse issue de l’immigration musulmane"

A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Chahdortt Djavann revient sur les dangers que représente à ses yeux la propagation de l'idéologie islamique dans la société française.

Entretien

Publié le - Mis à jour le 9 Décembre 2016
Chahdortt Djavann : "Voiler les adolescentes et les femmes était un préalable indispensable pour amorcer la réislamisation massive de la jeunesse issue de l’immigration musulmane"

Atlantico : Dans votre dernier ouvrage, Comment lutter efficacement contre l'idéologie islamique, vous alertez sur la menace que représente l'idéologisation de l'islam pour la société française qui "transforme les plus ardents de ses adeptes en chair à ceinture explosive". Que vous inspirent les différentes initiatives prises par les pouvoirs publics pour lutter contre la radicalisation, phénomène mis en lumière depuis les attentats ? Selon vous, que reste-t-il à effectuer pour être plus efficace ?

Chahdortt Djavann : Après plusieurs années de  "déradicalisation" entreprise notamment à l’initiative de Dounya Bouzar, par ailleurs très controversée, la situation s’est aggravée.

C’est un fait. Et je ne suis pas la seule à constater qu’il y a eu non seulement des fautes d’appréciation, de traitement, mais surtout des erreurs de diagnostics. Il ne s’agit pas d’une dérive sectaire de l’islam, comme l’affirme Dounya Bouzar, mais de l’idéologisation de l’islam. Invitée à La matinale de France Inter, et dans l’émission On n’est pas couché, la réalisatrice du film Le ciel attendra, disait que Dounya Bouzar était sa conseillère. Léa Salamé sur France Inter et Vanessa Burggraf dans On n’est pas couché ont conclu et asséné :  "Ce qui est bien dans le film, c’est que vous montrez que ça peut arriver à n’importe qui. N’importe qui peut se radicaliser". Vraiment ? N’importe qui peut se radicaliser ? Comme s’il s’agissait de s’enrhumer. Si c’est vraiment le cas, la guerre contre les djihadistes est perdue d’avance ! Eh bien, les recruteurs de djihadistes ne pouvaient espérer de meilleures directrices de marketing que la journaliste star de France Inter et la journaliste du talkshow le plus regardé. Ce genre d’affirmation dans les médias est très dangereux. La petite musulmane endoctrinée et tentée par la radicalisation va se dire : tout le monde se radicalise, même les petites Françaises de souche, qu’est-ce que j’attends alors ?

Quand l’ignorance et l’arrogance se mélangent, le résultat peut être catastrophique. Avoir juste un ton péremptoire ne suffit pas, il faut aussi avoir une tête qui pense ! "N’importe qui peut se radicaliser" est une conclusion établie par Dounya Bouzar à partir de quelques exceptions. C’est une affirmation fausse et dangereuse qui présente des cas exceptionnels comme une généralité, et qui, du coup, contribue à les répandre. Cette méthode a encouragé la radicalisation, la même méthode a été utilisée par les idéologues de l’islam pour généraliser le voile depuis une vingtaine d’années. Pour lutter efficacement contre la radicalisation, il faut lutter contre l’idéologie qui la sous-tend. Il faut attaquer le système islamiste. Il faut lutter contre la réislamisation des enfants, des adolescents. Il y a des gamins et des gamines dans les écoles qui revendiquent, non sans agressivité : "c’est écrit dans le Coran et il faut obéir" ; eh bien, certains de ces enfants, à l’issue de mauvaises rencontres, peuvent se radicaliser rapidement.  Le combat préventif et pédagogique a été ignoré depuis deux décennies, et le champ a été laissé à des imams, des idéologues, des "spécialistes" au double langage qui ont endoctriné les enfants et les adolescents.   

Vous affirmez également : "Des jeunes ne se radicaliseraient pas s’ils n’y avaient pas été préparés, prédisposés et si, pendant des mois, des années, un imam, un éducateur, un grand frère, un idéologue, un islamologue ne leur avait chuchoté à l’oreille que la solution est l’islam (…) Avant la radicalisation, il y a l’islamisation". Pourtant, les auteurs des attentats du 13 novembre ou de Nice ne s'étaient pas islamisés pendant de longues années. Des chercheurs comme Olivier Roy ont ainsi montré que le passage à l'acte de ces jeunes relevait avant tout d'un désir de radicalité nihiliste et non d'une radicalisation de l'islam. Si les assassins de Paris et Nice sont des djihadistes, peut-on vraiment les qualifier de djihadistes islamiques ? Est-ce vraiment contre l'idéologie islamique qu'il faut lutter si l'on veut empêcher que de nouveaux attentats frappent la France ? 

Tout d’abord, Olivier Roy n’a rien montré, il a lancé une hypothèse qui est fausse. Parler de radicalité nihiliste, c’est nier la radicalisation de l’islam, nier l’idéologisation de l’islam à l’échelle mondiale. C’est nier la réalité. Je n’ai pas écrit que les gens qui ont commis des attentats avaient été islamisés depuis des années. Ça peut être le cas, comme ça peut ne pas être le cas. Ce que j’ai écrit, c’est que le travail de l’islamisation, ou plutôt de ré-islamisation de l’ensemble d’un quartier, d’une banlieue, d’une cité, d’un environnement entrepris depuis plus de vingt ans permet aujourd’hui, parfois, la radicalisation très rapide des jeunes et des adolescents. Il faut rappeler quand même qu’il s’agit d’une toute petite minorité, même si effectivement c’est une minorité non négligeable. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 04/12/2016 - 12:33 - Signaler un abus Les responsables: l'Education, la Justice et les medias!

    À "Il faut obéir car c'est écrit dans le coran, les enseignants modernes, patriotes et débarrassés de leur encadrement écolo-trotskyste devront substituer "il faut obéir car c'est la loi républicaine!", et je peux vous dire que les petits arabes importés obéiront lorsque les patriotes auront rendu leur pouvoir aux Français! Même chose dans la Justice débarrassée de ses idéologies gauchistes, et dans les medias débarrassés des petits syndicalo-trotskystes de l'AFP et de France-télévision (regardez les éloges de FR3 pour le fasciste cubain et vous comprendrez où se niche le germe du crime contre la république....

  • Par Olivier62 - 04/12/2016 - 15:49 - Signaler un abus On n'évoque jamais le fond du problème

    Et qui est tout simplement la religion musulmane elle-même. C'est quand même extraordinaire que ce soit la seul à connaître une dérive terroriste massive et constante dont on constate les effets tous les jours ! Cela s'explique par la structure même du message coranique qui est en soi un appel constant et explicite à l'intolérance et à la violence. Pour un musulman, vivre en paix avec un non-musulman est en soi une trahison du Coran, qui dit justement qu'il faut lui faire la guerre ! Cela dit il est vrai que le problème religieux s'ajoute au problème identitaire et culturel des jeunes issus de l'immigration maghrébine, qui ne se voient pas et ne se verront jamais comme français (beaucoup se marient et font leur service militaire en Algérie). Il y a également un problème économique et d'éducation qui marginalise ces populations -mais c'est en grande partie de leur faute. Nos politiciens ont (sciemment ?) créé un problème insoluble et colossal avec l'immigration.

  • Par Leucate - 04/12/2016 - 16:09 - Signaler un abus Encore une qui ne connaît rien à l'Islam

    Cette femme n'a strictement rien compris à l'islam. Alors que nous avons en France de très grands spécialistes hautement diplômés ès mahometanisme qui en jactent intelligemment dès qu'on leur tend le crachoir.

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Chahdortt Djavann

Chahdortt Djavann, romancière et essayiste, est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, notamment Bas les voiles ! (Gallimard, 2003), La muette (Flammarion, 2008), Je ne suis pas celle que je suis (Flammarion, 2011), La dernière séance (Fayard, 2013), Big Daddy (Grasset, 2015), Les putes voilées n'iront pas jamais au paradis ! (Grasset, 2016). Son dernier ouvrage, Comment lutter efficacement contre l'idéologie islamique, est paru chez Grasset. 

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