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Avec Total, EDF et Nicolas Hulot, l’écologie a enfin une chance d’être compatible avec la croissance

EDF, Total, Nicolas Hulot : la semaine a été fertile en initiatives. La France est peut-être en train de dessiner un modèle de transition énergétique par un partenariat entre le privé et le public.

Atlantico Business

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Avec Total, EDF et Nicolas Hulot, l’écologie a enfin une chance d’être compatible avec la croissance

Cette semaine, Total, champion mondial de l’industrie pétrolière et gazière a donné un grand coup d’accélérateur en direction des industries décarbonées en prenant une importante participation (23%) dans une pépite française des énergies solaires, Eren RE. Le même jour, c’est EDF qui a démontré qu‘elle allait, elle aussi, accentuer sa diversification vers les énergies renouvelables. EDF proposera dès mi-octobre une offre où elle vendra de l’ « électricité bio ». Une électricité fournie au consommateur qui proviendra exclusivement d’énergies renouvelables.

Pour EDF, ça n'est pas contradictoire à son ancienne stratégie, il lui faudra poursuivre dans l'investissement nucléaire et notamment l’EPR.

Hasard du calendrier ou pas, au même moment Nicolas Hulot rend public un paquet de mesures pour accélérer la transition énergétique au niveau du consommateur, quand il pilote sa voiture ou quand il installe son chauffage.

Ce qui est intéressant dans la démarche française, c’est qu’on s’aperçoit que le mouvement est impulsé d’un côté par des acteurs puissants de l’économie de marché : EDF, Total et d’autres ; et de l’autre par l’Etat qui semble avoir abandonné l’économie punitive pour tenir compte de la réalité et proposer des mesures d’incitations qui soient compatibles avec la création de richesses et la croissance.

Sur la forme, on est loin du modèle Trump qui semble laisser faire ce que les entreprises veulent faire en tournant le dos aux accords de la COP 21. On est aussi loin du modèle allemand qui avait arrêté brutalement toute production d’énergie nucléaire, mais qui s’était retrouvé dans l’obligation de faire repartir toutes ses centrales au charbon ou même d’importer de l’électricité nucléaire produite en France. Résultat : l'Allemagne a radié de ses moyens le nucléaire pour répondre à la demande de ses verts, mais devient du même coup le premier pollueur d‘Europe avec ses vieilles centrales au charbon.

Le modèle qui se mettrait en place en France est finalement assez original par son pragmatisme. C’est nouveau dans un secteur qui a été envahi pendant très longtemps par l’idéologie de la non-croissance. Pour beaucoup d’écologistes, le seul moyen de lutter contre le réchauffement climatique, de préserver les ressources naturelles était tout simplement de produire moins.

Les adeptes de la non-croissance étaient au mieux des doux rêveurs sans gros besoins, ou des tenants de l’autoritarisme arbitraire. Si le peuple ne voulait pas rentrer dans la logique de la non-croissance, c’est qu’il avait tort. Il fallait donc changer de peuple. Position ridicule.

A priori, sans crise, sans trop débat, la France est entre dans un process d‘évolution beaucoup plus pragmatique fondée sur trois leviers.

1° Le jeu des contre-pouvoirs, entre consommateurs, actionnaires et salariés. Pour la plupart des entreprises intelligentes et il y en a beaucoup, la transition écologique répond à une demande pressante du client qui veut de la qualité et une meilleure traçabilité des produits qu’il achetés. Une demande pressante du salarié qui veut donner du sens au travail qu’il fait dans l’entreprise et enfin, une demande pressante des actionnaires dont beaucoup ne veulent pas seulement des dividendes, mais aussi des investissements propres. Pour toutes ces raisons, les dirigeants d’entreprise n’ont pas seulement un objectif économique et financier à atteindre. Ils doivent tenir une promesse écologique et sociale. Le compromis entre ces trois projets est très souvent un gage de résistance et de performance.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 21/09/2017 - 09:53 - Signaler un abus L'énergie Bio...

    C'est Nicolas Hulot qui pédale, lorsque l'énergie bio est en panne?

  • Par kelenborn - 21/09/2017 - 11:36 - Signaler un abus tjs mignon Sylvestre

    Le pire est que cela part de bons sentiments et même d'une bonne analyse: abandonner les energies carbonées qui utilisent des ressources fossiles qui pourraient être plus tard réservées à de meilleurs usages, tout en coupant les vivres à des pays sympathiques comme l'Arabie ou l'Iran très bien mais.... 1 Encore faut-il que tout cela se fasse avec une productivité accrue pour que cela génère de la croissance: les éoliennes qui sont à la fourniture d'énergie ce que Grouchy fut à Napoléon à Waterloo , non merci!! 2Il faut assurer la transition: or , actuellement, ce sont les américains qui le font en exploitant les schistes et en pesant sur les cours de l'énergie; pas le guignol Hulot! 3 Ce serait bien la première fois que depuis des décennies quelque chose d'intelligent serait fait par un gouvernement français et la, la présomption d'incompétence est un lourd handicap!

  • Par henir33 - 21/09/2017 - 11:49 - Signaler un abus électricité bio ou verte une fumisterie

    si on pouvait acheter de l'électricité 100% verte il faudrait en assumer les conséquences : pas de courant les nuits sans vent, pas de courant en hiver en cas de vents faibles ou de tempêtes.. qui en veut allo les bobos ??

  • Par moneo - 21/09/2017 - 16:59 - Signaler un abus c'est dur de vieillir

    mr Sylvestre vous voir défendre l'indéfendable est insupportable. Pour Total ;je serais un actionnaire ;je serais inquiet ,la preuve dans le s panneaux solaires aux USA ce fut la Bérézina https://www.lesechos.fr/07/12/2016/lesechos.fr/0211571734560_sunpower---la-filiale-solaire-de-total-coupe-a-la-hache-dans-ses-effectifs.htm Que Total recommence en France probablement que le PDG a eu des recommandations amicales du Gouvernement ...et puis le pétrole permet des fantaisies financières... la prime à la casse déjà été effectuée , ça booste à un temps T les ventes et puis les années suivantes,crac les ventes s'écroulent. le même phénomène est connu en grandes surfaces sous le nom de promotions girafes.En plus casser des voitures en parfait état ,au nom du dogme du C02 responsable du réchauffement climatique c'est renoncer à son intelligence car si le changement climatique devient le refroidissement par action solaire ,que direz vous aux contribuables? Dans les années 70 à c'était le slogan des mêmes individus ...on ne peut pas changer une société tous les 30 ans au gré des incertitudes scientifiques

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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