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Résultat des vœux dans ParcourSup : la sélection au mérite que promet la réforme est-elle respectée dans les faits ?

Quelque 810 000 lycéens de terminale ont reçu hier, mardi 22 mai, les réponses de la plateforme Parcoursup à leurs vœux d'orientation. Une sélection censée mieux rendre compte du critère du "mérite" et de privilégier les trajectoires individuelles.

Méritocratie

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Résultat des vœux dans ParcourSup : la sélection au mérite que promet la réforme est-elle respectée dans les faits ?

 Crédit DENIS CHARLET / AFP

Atlantico : Sur les 810 000 candidats à Parcoursup, 400 000 lycéens se retrouveront « en attente » d'une proposition suite à leurs vœux. Les autres auront obtenu satisfaction, compte-tenu de leurs résultats. Cette nouvelle plateforme répond-elle, par ses algorithmes et par la façon dont les établissements traient ces demandes, au principe de la sélection sur le critère du "mérite"?

Le gouvernement est resté au milieu du gué, par prudence (ou par excès de prudence). Les chiffres sont impitoyables. Près de 70% des candidats ont demandé une formation élitiste — et qui l'était dan l'ancien système : prépas, BTS, IUT, facs ou cursus à dérogation (en particulier les "doubles Licences"). Les élèves de Terminale sont parfaitement conscients de leur vrai niveau (conscients en tout cas du fait qu'il n'est as ce qu'il devrait être), et aspirent à être encadrés et bien formés. Parcourssup est une demi-mesure, et il faut espérer que les phases ultérieures, qui doivent se dérouler dans les prochaines semaines, affineront le système de sélection.
En fait, et quitte à faire hurler quelques universitaires qui se croient encore dans les années 1960, quand seuls 10% d'une classe d'âge entamait des études supérieures, il faut généraliser le type de sélection des prépas / BTS / IUT à tout le système universitaire. Et inciter en amont les élèves de lycée à travailler réellement — en les notant en valeur réelle. Les notes qu'ils obtiennent au Bac (et dans leurs années Collège et Lycée) sont surréalistes et sans aucun rapport avec leur niveau réel.
 

Le mode de sélection de Parcoursup s'inscrit-il dans l'objectif affiché d'Emmanuel Macron "d'autonomisation des individus"? En quoi ce système permettrait de privilégier les trajectoires individuelles et d'éviter les orientations par défaut, dans des filières "sans issue"?

C'est un discours largement creux : il faut appeler un chat un chat, et reconnaître que le défaut gît dans l'amont — Primaire / Collège / Lycée. Des lycéens de Terminale ne maîtrisent pas l'orthographe, ni la syntaxe, ni l'art de la dissertation et pensent se lancer dans des cursus où la rédaction est essentielle — et je voudrais rappeler que bien des échecs en STAPS sont imputables au malentendu qui a fait croire aux postulants qu'une filière "Education Physique et Sportive" ne réclamait pas un vrai effort intellectuel. Il est temps de mettre un terme à ces dérives — moins par une sélection accrue dans le Supérieur que par des programmes exigeants dans le Secondaire. On est pour le moment assez loin du compte. Disons, pour ne pas accabler le ministère, que cette année est une année de transition. Mais on attend avec impatience des mesures plus nettes.
"Autonomisation des individus" est une expression un peu volontariste : les lycéens s'efforcent de jouer une main gagnante avec les pauvres cartes qu'on leur a distribuées. Les plus favorisés (et je parle vraiment de milieu social et de niveau financier) n'auront aucun problème. Encore une fois, ce sont les plus défavorisés qui paieront les pots cassés. Les étudiants, tant qu'on ne les formera pas en amont, iront où ils pourront — et en moyenne, ils ne peuvent pas grand-chose. Comment reprocher à des filières exigeantes d'afficher justement leurs exigences ? On n'a cessé de mentir aux élèves tout au long de leur parcours — et dans ce "on", je range aussi bien les bureaucrates que les enseignants. Et c'est aux élèves que l'on fait payer la gabegie pédagogique du système. 
 

Les détracteurs du système Parcoursup dénoncent l'absence de changement par rapport à l'ancienne plate-forme APB. Dans ce cas, quelles seront les conséquences pour les étudiants et pour l'enseignement supérieur?

Disons que le petit effort d'insertion d'une sélection est minime par rapport à ce qu'il faut faire. Mais Jean-Michel Blanquer et Mme Frédérique Vidal ont voulu éviter de mettre dans la rue les lycéens — pour les facs, le mouvement a impliqué si peu d'étudiants qu'ils peuvent s'en accommoder. La peur d'un incident type Malik Oussekine (l'affaire remonte à 1986 mais a durablement traumatisé les ministres de l'Education successifs) a arrêté le gouvernement au bord d'un vrai système sélectif — nécessaire, mais nécessairement injuste, en l'état, car après tout si la plupart des lycéens sont nuls, c'est rarement de leur faute. Il faut repenser le système en imposant dans tout le Secondaire des programmes qui ne soient pas des plaisanteries douteuses.

 

 
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  • Par Bobby Watson - 23/05/2018 - 11:34 - Signaler un abus La seule sélection

    La seule sélection acceptable serait de rétablir les exigences Baccalauréat . Un examen national exigeant vaudra toujours plus que des sélections faussés par les inégalités entre les lycées, et la diversité des modes de recrutement des universités. Mais le ministre capable d'impulser un tel changement n'est probablement pas encore né...

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Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli est délégué Education de Debout la France. Professeur agrégé de lettres, enseignant et essayiste français, il est également l'auteur ou le co-auteur d'un grand nombre d'ouvrages parus chez différents éditeurs, notamment La Fabrique du crétin (Jean-Claude Gawsewitch, 2005) et La société pornographique (Bourin, 2012). 

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