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Procès du Carlton de Lille : DSK face à un quitte ou double vertigineux

L’ancien directeur général du FMI est jugé à Lille à partir du lundi 2 février pour proxénétisme aggravé. L’issue du procès peut sembler incertaine. Le Parquet avait requis un non-lieu, estimant que DSK n’était pas un proxénète. Les juges ont pensé le contraire.

Morale ou pénale, telle est la question

Publié le - Mis à jour le 6 Février 2015
Procès du Carlton de Lille : DSK face à un quitte ou double vertigineux

DSK sera la principale attraction de ce procès

  • L’affaire démarre le 2 février 2011, lorsque la PJ apprend que Serge Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton de Lille chercherait des prostituées pour le compte de ses clients
  • A la suite de l’information judiciaire ouverte pour proxénétisme aggravé fin mars 2011, les enquêteurs découvrent en octobre,  que deux patrons, dont l’un proche de Strauss-Kahn, règlent les notes d’hôtel et les prestations variées au lieu et place du patron de FMI
  • A en croire les témoignages des prostituées, les soirées libertines se déroulaient souvent dans un climat de violence. Mais les dames ne se plaignaient pas. "Nous sommes payées pour cela", diront au moins deux d’entre elles
  • Dominique Strauss-Kahn a toujours affirmé avoir ignoré que les femmes rencontrées au cours des soirées étaient des prostituées.
  • L’un de ses avocats Me Richard Malka répètera lors des audiences que, au cours de l’instruction, on a confondu morale et droit pénal.
  • L’issue du procès peut sembler incertaine. Le Parquet avait requis un non-lieu, estimant que DSK n’était pas un proxénète. Les juges ont pensé le contraire. A leurs yeux, grâce aussi à la démonstration de la Fondation Scelles, partie civile, Dominique Strauss-Kahn a été "le pivot central et principal bénéficiaire" des rencontres sexuelles

 

C’est un véritable chemin de croix qui attend Dominique Strauss-Kahn devant le Tribunal correctionnel de Lille à partir du lundi 2 février. Le procès est destiné à durer un mois. Un mois au cours duquel les trois juges du Tribunal devront disséquer les pratiques sexuelles, bref, la vie intime de l’ancien directeur général du FMI. Pour ce dernier, déjà secoué par l’affaire Banon où il avait échappé à des poursuites pour cause de prescription et l’affaire du Sofitel de New-York où il bénéficiera d’un non-lieu pour "un acte inapproprié" commis à l’encontre de la désormais célèbre Nafissatou Diallo, c’est une nouvelle épreuve qui s’annonce… Avec, in fine, la question à laquelle devra répondre le Tribunal : Dominique Strauss-Kahn s’est-il rendu coupable de proxénétisme aggravé en bande organisée entre 2009 et 2011, tant à Paris qu’ à Washington ? Le procureur de Lille, Frédéric Fèvre a déjà répondu : la réponse est non. Aucune infraction pénale ne peut être reprochée à l’ancien ministre de l’Economie de Lionel Jospin.

Un point de vue que ne partagent pas les trois juges d’instruction qui ont renvoyé DSK devant la justice. Ce dernier ne pouvait ignorer avoir affaire  à des prostituées, comme l’attestent les témoignages de ces dames et les SMS échangés par celui-ci avec un de ses proches. De même, Strauss-Kahn savait que les notes d’hôtels où se déroulaient les soirées "libertines" étaient  réglées par deux chefs d’entreprise dont l’un était un de ses amis. Dans leur démonstration, les juges ont été aidés par la partie civile, la Fondation Scelles, fondée par un humaniste, Jean Scelles, décédé en 1996, se revendiquant de l’héritage du Sillon de Marc Sangnier. Cette Fondation qui a pour objet de lutter contre le proxénétisme et l’exploitation sexuelle est actuellement présidée par un haut magistrat, Yves Charpenel  parfaitement rompu au droit pénal. Et pour cause : ancien directeur des affaires criminelles et des grâces, il est aujourd’hui premier avocat général à la Cour de Cassation. Il est vraisemblable aussi que les conclusions très argumentées déposées par l’avocat  de la partie civile, Me David  Lépidi– ne laisseront pas indifférent le Tribunal correctionnel de Lille…

Pendant un mois donc, le Tribunal, outre Dominique Strauss-Kahn, verra défiler toute une brochette de personnages. Des plus interlopes, en passant par les plus conventionnels. Dans la première catégorie, citons Dominique Alderweireld, propriétaire de plusieurs bordels en Belgique. Connu sous le surnom de "Dodo la Saumure", il est soupçonné d’avoir envoyé à Lille, à Paris et à New-York plusieurs femmes pour le bon plaisir de DSK et d’autres de ses amis. Présente également, son épouse Béatrice Legrain, gérante de club, surnommée "Béa"… Citons encore René Kojfer, ex-chargé des relations publiques de l’hôtel Carlton… Et dont l’une des missions était de mettre en contact de jeunes femmes avec des hommes, contre rétribution. A ses côtés, dans la  catégorie insoupçonnable, sera présent, David Roquet, patron de l’entreprise locale de travaux publics, Eiffage. Généreux, c’est lui qui réglait  chambres d’hôtels et prestations diverses. Présent aussi, un autre mécène, Fabrice Paszkowski, patron d’une entreprise de matériel médical. Un grand copain de DSK. Avec lui, il échangeait de nombreux SMS. Qui d’autre ? Un ténor du barreau de Lille, Emmanuel Riglaire. Et encore, un policier de haut rang, Jean-Christophe Lagarde, patron de la sûreté urbaine de Lille. Proche du PS, consulté pour les questions de sécurité par DSK, il a fait une escapade à New-York et a participé aux agapes parisiennes et américaines… Son supérieur hiérarchique, Jean-Claude Menault, directeur de la sécurité publique du Nord, s’est également déplacé à Washington avec Lagarde pour rejoindre DSK. Lui aussi avait été convié à une soirée libertine… Mais sentant que tout ce petit monde faisait autre chose que de parler de sécurité, il avait préféré partir. Placé en garde à vue sans être mis en examen, puis mis à la retraite d’office en novembre 2011, son audition comme témoin sera évidemment très intéressante.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 02/02/2015 - 10:56 - Signaler un abus DSK

    Encore! Qu'on en finisse, la culpablité est évidente

  • Par Anguerrand - 02/02/2015 - 15:27 - Signaler un abus Mais non DSK

    Comme d'habitude il va s'en tirer, compte tenu de relations à gauche, de son origine et de l'argent dont il dispose. Je parie que ça finira par un non lieu. Le syndicat de la magistrature et du mur des cons veille.

  • Par langue de pivert - 02/02/2015 - 18:34 - Signaler un abus ☺ Dodo boite-à-caca !

    Maquereau ou micheton ? Pas jojo en tout cas le bourgeois socialo ! Avec un bon avocat et l'andropause ça devrait s'arranger ! ☺

  • Par bjorn borg - 02/02/2015 - 18:40 - Signaler un abus Acquitté

    Je ne parierai pas ma chemise, quoique...

  • Par bjorn borg - 02/02/2015 - 18:41 - Signaler un abus Comment ça??

    commentaire inutile?? Qui a dit ça?

  • Par cloette - 02/02/2015 - 20:32 - Signaler un abus Pas bon pour le PS

    3 semaines sans huis clos donc avec étalage normalement dans la presse et ailleurs !

  • Par Vincennes - 03/02/2015 - 17:26 - Signaler un abus Amusant de lire sur le POINT leur compte rendu très "soft"

    pour "protéger" leur bon copain Strouss alors que 20 minutes révèle un DSK difficile à contenter (7-8 filles en même temps) avec des mots comme "boucherie, abattage, carnage"!!!"DSK débarquant la b...e à l'air prêt à les prendre l'une après l'autre" on imagine le tableau.....(manquait son énorme bidon), dans la description.....lire, également, des scènes difficiles à transcrire tellement ahurissantes......lisez 20 minutes

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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à L'Express, chargé de l'investigation.

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée - La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut),  La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014) et Les journalistes ne devraient pas dire ça (L'Artileur, 2017).

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