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Pourquoi Bruno Le Maire joue la province contre Paris et les poignées de main contre le papier glacé

Le futur candidat était en déplacement, jeudi et vendredi, du côté de Perpignan. L'occasion pour lui de serrer quelques milliers de mains, de tester sa popularité et son programme avant le grand saut. BLM devrait annoncer sa candidature à la primaire des Républicains mardi prochain à Vesoul. Coulisses de son dernier déplacement de non-candidat.

Course de fond

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Pourquoi Bruno Le Maire joue la province contre Paris et les poignées de main contre le papier glacé

Souvent, ses chaussures décrivent un homme mieux que des mots. Celles qu'il porte sont confortables, souples et légères. Semelles en crêpe, le reste en daim. Un daim noir qui a vécu, qui s’est formé au pied du marcheur. Un daim qui a vu du pays, qui a avalé des kilomètres de bitume, qui a pataugé entre les vignes encore humides et foulé le sol carrelé d'une bonne centaine de salles municipales. De Bagnères-de-Bigorres dans les Pyrénées, à Poligny dans le Jura en passant par Marigny en Haute-Normandie, ces chaussures-là sont devenues tout terrain, comme leur propriétaire.

Bruno Le Maire effectuait, en ce jeudi pluvieux, son 322ème déplacement depuis septembre 2012. Et au fil de ses voyages, comme ses chaussures, il a changé. De conversation en débat, de compliment en critique, il s'est adapté. A modifié son discours : "j'ai toujours un carnet, explique-t-il, je note tout et je me nourris de ce que l'on me dit. Hier soir, par exemple, le gérant d'un Mac Do, à coté de qui je dînais, me disait : 'on fait tout en France pour que les gens ne puissent pas travailler'. Je l'ai répété dans mon discours. Je teste aussi des choses. Lors de mes premiers déplacements, je disais souvent : 'je ne veux plus de la France immobile' et toujours, les gens ajoutaient : 'et assistée, Monsieur Le Maire. Immobile et assistée'. C’est ainsi que l'on trouve son langage politique". Bruno Le Maire pétrit ainsi, depuis deux ans, son programme. Souple comme ses chaussures, il le fait évoluer au gré des rencontres. Le modèle, l'adapte. Et cours toujours.

Conscient qu'il doit compenser sa relative discrétion médiatique par une omniprésence sur le terrain. Qu'il doit marcher plus vite, avaler plus de kilomètres, entendre et voir plus de monde. Pour ce 322ème déplacement, Bruno Le Maire, qui a choisi de visiter les abords de Perpignan, n'est pas seul. Et c'est rare. "On évite toujours qu'il y ait trop de caméras, ça crée une barrière entre le candidat et ses interlocuteurs qui ne s'expriment pas de la même manière", explique son chef de cabinet. Mais cette fois, attirés par l'annonce prochaine de sa déclaration de candidature, un petit essaim de journalistes l'entoure et... le gène. A la troisième interview, BLM soupire : "j'ai l'impression de faire un speed dating". Oh bien sûr, il ne cracherait pas sur une couverture médiatique un peu plus dense, mais il a décidé de faire de son handicap un atout. Il n'est pas le favori de la presse, du microcosme comme il dit, il sera celui du terrain. Celui qui aura compris, mieux que tout, le ressenti des Français car, "il aura su se mettre à porter d’engueulade".

L’expression est de Xavier Bertrand, mais Bruno Le Maire la partage. Les deux hommes ont tâté les mêmes terrains, les mêmes sols douloureux, gangrenés par le chômage, le mal-être, la peur du déclassement. "C'est essentiel de rester à la portée des Français, ajoute le futur candidat à la primaire, mais c'est dur car les gens nous détestent, nous méprisent". Comme ces fondateurs de start-up à qui il demandait il y a quelques semaines, comme il le fait au début de chaque rencontre : "qu'est-ce qu'on peut faire pour vous ?". "Rien, surtout ne faites rien. On veut que les politiques nous laisse tranquilles", lui ont répondu les entrepreneurs.

 
Commentaires

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  • Par de20 - 16/02/2016 - 08:30 - Signaler un abus Tout est dit en 3 mots : ne

    Tout est dit en 3 mots : ne faites rien . On se debrouillera encore mieux sans politicards , Puisque BLM tient tant à labourer qu il prenne un tracteur oubien se rapproche de la contributrice qui lui sert la soupe.

  • Par Lafayette 68 - 16/02/2016 - 09:18 - Signaler un abus On va voir

    Je n'ai pas d'avis précis : je note qu'il a fait 30% pour la présidence du parti et a surpris, que Sarko parle aux juges aujourd'hui , qu'il sort un livre (pas cher) fin février que j'ai commandé pour le cerner , qu'il a été pugnace et bon face à NVB sur l'école ou face à Melenchon sur le terrorisme ( à côté de la brillante MMLP qui critiquait la droite" mais pas vous" en s'adressant à lui. On sait qu'Il a une expérience ministérielle, législative, européenne, qu'il est proche de Villepin. Wait and see.

  • Par ISABLEUE - 16/02/2016 - 11:29 - Signaler un abus Province contre Paris !!!

    Né à Neuilly sur Seine avec une cuillère en argent .. et ça veut jouer les provinciaux !!!!!!!!!!. Non je préfère Sarkozy, qui a du bosser jeune pour continuer ses études de droit.

  • Par clint - 16/02/2016 - 13:53 - Signaler un abus Et il en a appris avec Chirac et Villepin !

    Il pourrait jouer le PM de Juppé en jouant au Valls vis à vis de Hollande !

  • Par LouisArmandCremet - 16/02/2016 - 14:26 - Signaler un abus Intéressant...

    Il est intéressant de voir BLM aller chasser sur les terres de Wauqiez : la France périphérique, qui ne se reconnaît pas dans l'offre politique classique et qui adhère en force à MLP. Le passage sur l'assistanat est à ce niveau particulièrement savoureux. De la part d'un ancien ministre de l'agriculture qui a soutenu les sanctions contre la Russie en n'ignorant pas les conséquences désastreuses pour les agriculteurs, ça ne peut être qu'un positionnement politique de façade.

  • Par Texas - 16/02/2016 - 18:06 - Signaler un abus Un bon Ministre...

    ...de l' agriculture . Homme certainement intègre mais il manquera un peu de maturité politique , en particulier cette expérience à prendre des gnons pour mieux en distribuer ensuite . Parce que les années qui s' annoncent vont être sportives .

  • Par bjorn borg - 16/02/2016 - 19:41 - Signaler un abus Le Maire, Bertrand et Estrosi.

    De sacrées références que voilà !! Aucun des trois pour moi. Je préfère la droite FORTE !

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Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, elle suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien "France-Soir" puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, "Chronique d'une revanche annoncée" raconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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