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Rocard en Iran : l’annonce d’une nouvelle ère dans les négociations sur le nucléaire ?

Michel Rocard s'est rendu en Iran pour rencontrer, à titre personnel, Ali Akbar Salehi, le ministre iranien des affaires étrangères. Contestée par certains, sa visite est toutefois emblématique d'un Iran qui manifeste depuis quelques temps des signes d'ouverture vis-à-vis de l'occident. Les négociations sur le nucléaire iranien entrent-elles dans une nouvelle ère ?

Dur dur de négocier !

Publié le 15 mai 2012
 

Atlantico : La visite de Michel Rocard en Iran, à titre personnel,  au cours de laquelle il a rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères va t-elle permettre de réchauffer les relations entre Paris et Téhéran ?

Thierry Coville : Sa visite n’est pas un événement anodin. La presse iranienne lui a réservé un accueil digne d’un homme politique important. Il est en première page de tous les journaux et, sans citer la France directement, il est systématiquement précisé qu’il est un ancien Premier ministre de l’hexagone. Il y a une dimension symbolique.

Ce que les autorités iraniennes disent à Michel Rocard s’adresse donc comme un message à la France. Ils montrent ainsi leur volonté de changer les relations avec la France.

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France a maintenu une position de grande fermeté vis-à-vis de l’Iran, bien plus que celle tenue par la diplomatie américaine, quitte à s’isoler parfois sur le sujet par rapport à la communauté internationale. François Hollande va t-il « assouplir » la position française afin de l’aligner sur celle défendu par Barack Obama ?

Tout le monde se pose cette question. Il y a eu une évolution très claire lors de la dernière réunion sur le nucléaire qui s’est tenue à Istanbul à la mi-avril. Les Iraniens ont montré une volonté de négocier en matière de nucléaire ainsi que leur souhait de voir l’Europe, et notamment la France, jouer un contrepoids vis-à-vis des Etats-Unis. Il ne faut pas s’attendre à un changement radical avec l’élection de François Hollande mais il s'agit certainement du bon moment pour discuter.

La politique de fermeté menée jusqu’à présent fut un échec total pour deux raisons principales. Tout d’abord, en se coupant complètement de l’Iran, il est devenu impossible d’avoir un quelconque point d’appui pour négocier. Enfin, la politique d’embargo sur le pétrole iranien, sur laquelle la France était en pointe, n’a pas porté ses fruits. Il s’agissait surtout d’exercer une pression sur la population iranienne en espérant qu’elle renverse son gouvernement... Couper les liens à un tel point avec l’Iran a surtout eu pour conséquence de se priver de toute action dans la région.

L’Iran s’est affirmé prêt à faire « des pas en avant » dans les négociations portant sur son programme d’enrichissement en uranium. S’agit-il d’une véritable volonté ou les autorités iraniennes cherchent avant tout à gagner du temps ?

La principale difficulté provient du fait que personne ne sait vraiment ce que veulent les autorités iraniennes. A Istanbul, les Iraniens ont manifesté leur volonté de négocier et annoncé qu’ils étaient éventuellement prêt à signer le protocole additionnel du Traité de non prolifération ce qui donne le droit à l’AIEA (Agence international de l’énergie atomique) d’envoyer des inspecteurs très rapidement sur le terrain.

Ces signaux positifs ont d’ailleurs peut être été mieux perçus par les Américains que par les Français. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont prêts à tout accepter. Mais il y a un changement d’approche très important.

D’ailleurs, le chef de l’armé israélienne a déclaré il y a deux semaines que, selon lui, l’Iran n’était pas encore réellement décidé à se procurer l’arme atomique. Certes, il y avait des intentions de maitriser un cycle technologique leur permettant de l’obtenir, mais la finalité n’était pas certaine.

Autre facteur dont il faut tenir compte, la perte d’influence de Mahmoud Ahmadinejad en partie depuis les élections législatives qui se sont tenues les 2 et 4 mai. Son emprise sur les décisions est de plus en plus faible, la force majeure étant actuellement les parlementaires et les conservateurs qui, tout en souhaitant conserver ce droit à enrichir de l’uranium, veulent une approche plus constructive avec l’occident.

Propos recueillis par Olivier Harmant

 
Commentaires

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  • Par ARES - 15/05/2012 - 23:31 - Signaler un abus il y a une histoire de contrat ...avec l iran

    cela remonte il me semble à l ere de mitterand ...
    Aussi je ne peux que de ne pas etre étonné de voir Rocard accueilli "comme un sauveur" en Iran !!
    Chers amis journalistes dites les choses, contrats, les attentats en france pour non respect des contrats passés ... les français ont le droit de savoir comment fonctionne l Iran ... et la politique Française !!

  • Par léonard simon - 15/05/2012 - 18:56 - Signaler un abus Bien entendu Rocard avait la

    Bien entendu Rocard avait la bénédiction de l'équipe Hollande.
    Je ferais deux commentaires :
    - le premier concerne Rocard. Ce vieux monsieur(cela m'arrivera aussi) devrait par philosophie s'occuper de son jardin et de ses petits-enfants. Le pauvre homme débordé par les voyages que lui confie l'organisation onusienne passe de la protection de la banquise artique à une discussion avec les Iraniens, alors que depuis 5 ans les négociations avec l'AEIA et les Etats-Unis n'aboutissent à rien malgré les promesses de l'Iran de coopérer. Rocard s'imagine fin négociateur et être dotér d'un grand sens de la géopolitique et de la palabre enfarinante.
    - Les Iranien soutenus par deux états anti démocratiques -je parle ici de la Chine et de la Russie - n'auront de cesse à vouloir la bombe car le régime inique des Mollahs ne peut survivre qu'en appliquant une politique nationaliste et belliqueuse pour maintenir son influence dans la région et raviver les tensions au proche-Orient pour masquer sa faillite économique et sociale . L'Iran est un état fasciste avec lequel peu de choses est négociable.
    Pauvre Rocard ! Cultive ton jardin et relis Voltaire.

  • Par Le Hollandais - 15/05/2012 - 15:37 - Signaler un abus "à titre personnel"...

    lol... qui peut croire qu'il n'a pas l'aval de FH pour cette visite ?.. :')

Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

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