Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 19 Octobre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Mélenchon et le choc des mots : quelle est la part de stratégie politique délibérée et celle de la “simple” hargne personnelle

Jean-Luc Mélenchon ne mâche pas ses mots. La violence verbale du candidat dans la quatrième circonscription de Marseille ne devrait pourtant plus étonner et fait partie intégrante de sa stratégie politique.

Roue libre

Publié le - Mis à jour le 16 Juin 2017
Mélenchon et le choc des mots : quelle est  la part de stratégie politique délibérée et celle de la “simple” hargne personnelle

Atlantico : Dans une interview donnée au magazine Society, Jean Luc Mélenchon a traité François Hollande de "pauvre type". A Marseille, il conseille aux jeunes de "taper dans le tas". Dans quelle mesure cette agressivité est-elle le fruit de la personnalité du leader de la France Insoumise, ou d'une réelle stratégie politique ?  

Raul Magni-Berton : Mélenchon n'a pas toujours été aussi agressif. Je ne dirais donc pas que sa personnalité est décisive. En revanche il y a d'excellentes raisons d'ordre stratégiques. Les politiciens ont de plus en plus mauvaise presse, et de manière générale, la crise a accentué la méfiance des gens vis-à-vis des élites en général. Ces dernières se retrouvent dans une situation économiquement confortable, tout en faisant la morale aux autres. Taper sur les élites, si possible avec des mots crus ou grossiers, produit une sensation de vengeance chez beaucoup de gens. 

En outre, cela fait parler la presse, comme le montre votre article.

Pour obtenir des voix, il est plus utile qu'on parle beaucoup de nous, peu importe si c'est en bien ou en mal. 

Trump, aux Etats-Unis a été l'exemple le plus connu de cette stratégie. Plus il arrivait à choquer les élites, plus il obtenait de votes populaires. Et c'est avec ces votes qu'il a gagné, contrairement à ses prédécesseurs républicains. Dans d'autres pays européens, je pense à l'Italie ou la Pologne, ce style s'est imposé depuis de nombreux années maintenant, avec un succès certain. 

En France, Le Front National a capitalisé sur ce type de style, et c'est au moment où il a décidé de se donner un visage plus lisse que Mélenchon reprend le flambeau. 

Est-ce également un moyen pour Jean Luc Mélenchon, outre l'échéance électorale de dimanche, de s'affirmer lui et son parti comme la seule force d'opposition ?

Il est clair que le discours qui dit que les autres sont tous pareils vise à se poser comme seule opposition. Jusqu'ici, l'identité de Mélenchon a été surtout à gauche, en identifiant le parti socialiste comme un moindre mal. La spécificité de la nouvelle stratégie est de se débarrasser du label de "gauche" - les "insoumis" reste plus tentant pour ceux qui ne se voient pas de gauche - comme l'ont fait avec succès les mouvements émergents et anti-élites en Europe du sud. Cela passe également par une prise de distance vis à vis de la gauche de pouvoir qui est d'autant plus visible qu'elle s'exprime de façon colorée. 

Quelles peuvent être les précédents historiques d'une telle violence verbale, notamment dans la filiation politique dans laquelle Jean Luc Mélenchon cherche à se positionner ? 

A vrai dire, le niveau de violence verbale de Mélenchon reste assez faible s'il est comparé à des exemples du passé. Les campagnes électorales de la première moitié du vingtième siècle étaient autrement plus virulentes. Et même par rapport à ce qu'on pu dire Trump ou Berlusconi, cela reste gentil. Plus récemment et en France, Sarkozy avait un peu investi dans cette filière, en traitant Hollande de "ridicule" et Fillon de "loser". 

Mais, encore une fois, ce n'est pas tant le niveau de violence verbale qui caractérise le propos de Mélenchon - qui est en elle même assez courante en politique - mais plutôt sa volonté de se distinguer des partis traditionnels. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par gerint - 11/06/2017 - 14:41 - Signaler un abus Je n'aime pas le programme communiste

    De Mèlenchon mais il me paraît vrai qu'il constitue actuellement la seule opposition

  • Par Stargate53 - 11/06/2017 - 15:37 - Signaler un abus Cet individu ne connait que l'outrance !

    C'est son rôle préféré la violence verbale pour faire le buzz ! sa démarche est pleine de vengeance, de mépris pour les autres car il se prend pour ce qu'il n'est pas d'où une frustration immense ! Si on y ajoute la vente de propositions illusoires et sans chance d'être appliquées, c'est un chef de secte communiste parfait !

  • Par BOUDDHISTE SARKOZYSTE - 11/06/2017 - 15:42 - Signaler un abus La France dans la mouise avec Le che Guevara du "cas soce " !!!

    Ce pauvre type n'est qu'un petit communiste d'obédience trotskiste attardée !!! Après avoir fait ces classes avec des mongoloïdes comme Filoche et Cambadelis et d'autres dégénérés du même genre voilà que notre bon sénateur isfable donne des leçons de morale à tout va!!! Mais pour qui se prend t'il ce petit prof de français ringard !! Jetez le dans le port de Marseille avant qu'il ne contamine d'autres jeunes cerveaux naïfs pré formatés par l'éducation nationale... Il est plus qu'urgent d'en finir avec des idées aussi rances.... 100 ans de retard ... l'alliance bolivarienne ben voyons ...on a vu ce que ces grandes idées ont produit .... de la merde et des morts par millions... que de temps perdu... et ce pauvre mec est payé avec nos impôts....et les médias relayent ces conneries .... une Lobotomocratie ubuesque voilà ce que nous sommes devenus grâce à nos irresponsables politiques ....à gerber !!!!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Raul Magni-Berton

Raul Magni-Berton est actuellement professeur de science politique à Sciences Po Grenoble.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€