Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 25 Juillet 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les mauvais résultats de l’économie allemande pourraient bien mettre fin à tous les espoirs de reprise de la croissance mondiale

Alors que tout le monde croyait l'Allemagne tirée d'affaire sur le plan économique depuis le début de la crise de 2008, les derniers indicateurs macro-économiques, ceux relatifs aux exportations et au PIB, se révèlent inquiétants. L’Allemagne constituait pourtant l'un des principaux espoirs afin de ranimer la croissance mondiale.

Locomotive en panne

Publié le
Les mauvais résultats de l’économie allemande pourraient bien mettre fin à tous les espoirs de reprise de la croissance mondiale

Le modèle économique allemand, reposant sur les exportations, semble toucher à sa fin... Crédit Reuters

La crise financière fut brutale pour l’Allemagne et la reprise bien onéreuse. Depuis 2011, date à partir de laquelle cette reprise a pointé le bout de son nez, l’Allemagne jubile de façon malveillante. On appelle cela la “recette du succès” allemand, un système considéré comme supérieur à tout autre. Il permettrait la croissance économique en dépit du marasme dans lequel sont plongés ses voisins européens. Cet optimisme vis-à-vis de l’Allemagne s’est installé dans le temps, tandis que leurs stocks de production ont atteint un nouveau record en mai. Pourtant, l’économie allemande est en train de prendre une toute autre voie.

L’un des éléments clés de cette “recette du succès” – affectant l’ensemble des voisins de l’Allemagne qui se sentent assaillis–  réside dans le dynamisme sans failles des exportations allemandes.

C’est d’ailleurs ce qui guide toute la machine politique et économique du pays. Les décisions en matière de politique étrangère sont également prises en tenant compte de cet élément clé, tout comme les décisions de politique intérieure.  En contrepartie, l’économie est bien évidemment devenue dépendante des exportations.

Mais ces dernières ont chuté de 4,8% en mai, comparativement aux chiffres de l’année dernière, pour atteindre 88,2 milliards d’euros, de loin le pire chiffre de l’année 2013. Cette tendance à la baisse des exportations est notable sur les cinq premiers mois de 2013, au regard des chiffres de 2012 sur la même période. Les exportations en direction des pays membres de l’UE mais qui ne font pas partie de la zone euro, comme le Royaume-Uni, ont augmenté de 2,4%. Quant à celles en direction  des pays de la zone euro – qui s’évertue quotidiennement à nous montrer le fiasco que constitue aujourd’hui la monnaie unique– elles enregistrent une baisse de 9,6%.

Pour le seul mois de mai, les achats par l’eurozone de produits allemands destinés à l’exportation sont estimés à 36,6%, tandis que ceux réalisés par les pays ne faisant pas partie de la zone euro atteignent les 20%. Alors que la périphérie ne cesse de devoir faire face aux difficultés, avec notamment une demande complètement atone, l’Allemagne s’inquiète pourtant davantage de la situation française. La France achète près de 10% des produits allemands destinés à l’exportation, plus qu’aucun autre pays. Or la situation économique du pays s’aggrave de jour en jour, avec un taux de chômage qui atteint des sommets, une industrie automobile – secteur clé des exportations pour l’Allemagne – plongée dans une spirale infernale, et une demande en berne. Même les exportations destinées au reste du monde ont perdu 1,6 point de pourcentage. En somme, le pire mois de mai depuis 2009.

Hélas, 2009 ravive de mauvais souvenirs. Au cours du premier trimestre, le PIB avait chuté de 4,1% comparé aux résultats de l’année 2008 sur la même période, alors qu’il avait déjà dégringolé de 2% au regard des chiffres du dernier trimestre 2008. Annualisées, ces deux périodes, additionnées à un effondrement à deux chiffres du PIB, sont les pires résultats économiques enregistrés par l’économique allemande depuis la création de la RFA. Les exportations allemandes ont alors cessé.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par DEL - 11/07/2013 - 16:04 - Signaler un abus Où l'on voit

    que l'austérité allemande ne mène pas loin: leurs infrastructures sont dans un état de délabrement prononcé, et ce n'est pas avec les 400€ de salaire mensuel de quelques millions de salariés qu'ils pourront soutenir leur demande interne.

  • Par jean fume - 11/07/2013 - 18:55 - Signaler un abus Locomotive en panne ? Possible.

    Mais des locomotives en panne comme ça, qui continuent d'exporter, il y a bien des pays qui s'en contenteraient. Pour ne prendre exemple que sur la France, la locomotive n'est plus en panne, elle a été remisée ça la casse pour être désossée, tellement on ne se souvient plus si elle a été performante un jour ! """En contrepartie, l’économie est bien évidemment devenue dépendante des exportations.""" Oui, et il y en a bien d'autres qui s'en contenteraient. L'Allemagne exporte moins, la belle affaire ! la France ne se rappelle plus si ça lui est jamais arrivé !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Wolf Richter

Wolf Richter a dirigé pendant une décennie un grand concessionnaire Ford et ses filiales, expérience qui lui a inspiré son roman Testosterone Pit, une fiction humoristique sur le monde des commerciaux et de leurs managers. Après 20 ans d'expérience dans la finance à des postes de direction, il a tout quitté pour faire le tour du monde. Il tient le blog Testosterone Pit.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€