Zone franche
Le B de LGBT, mais c’est quoi donc ?
L’hyper-segmentation dans la lutte contre les discriminations, c’est parfois difficile à suivre. C’est peut-être même un poil contre-productif.

Une délégation de schtroumpfs à la Gay pride de Marseille : « Nous avons énormément de mal à nous intégrer à la communauté homosexuelle généraliste ». Crédit Jean-Paul Pelissier / Reuters
Passant régulièrement devant le centre « LGBT » de la rue Beaubourg, à Paris, j’ai souvent été tenté d’en franchir le seuil. Oh, pas parce que je serais moi-même un homosexuel militant pour l’égalité des droits (je milite effectivement pour l’égalité des droits, mais c’est au nom de mes seuls principes). Non : il se trouve juste que j’ai toujours été très intrigué par le « B » (pour « bisexuels ») du sigle.
Qu’il faille lutter contre les discriminations que subissent lesbiennes et gays (les « L » et les « G »), certainement. Qu’il faille également se bagarrer pour qu’on lâche un peu la grappe des transsexuels (les « T »), absolument. Mais qu’il faille défendre les bisexuels en tant que tels contre qui que ce soit, ça me la coupe (la chique, hein…).
Sans aucun doute, les gens qui seraient tentés de discriminer un type ou une nana en fonction de ses orientations sexuelles ne retiendraient pas cette versatilité comme chef d’accusation ! A la limite, ils en feraient presque une circonstance atténuante ― une sorte de preuve de ce que la rédemption est possible…
J’ai d’ailleurs fini par satisfaire ma curiosité, un jour que j’avais du temps à perdre, en entrant dire bonjour aux occupants de ce local aux couleurs de l’arc-en-ciel pour leur soumettre ma question à 64 000 euros :
― Mais qui s’en prend donc aux bisexuels et contre qui les défendez-vous ?
― Ben… Contre les gens qui se rendent responsables de discriminations dans le cadre de la vie professionnelle ou sociale, pardi…
― Oui, d’accord, mais les bisexuels sont déjà couverts par la défense des gays et lesbiennes, forcément… Existe-t-il une discrimination spécifique des bisexuels contre laquelle il faudrait lutter ?
― Euh… Non… Enfin si… C’est le même combat, mais ce n’est pas exactement la même chose…
― Comment ça ?
― Voyez-vous, les bisexuels, ils ont en plus un problème avec les gays et lesbiennes qui ne les reconnaissent pas comme faisant réellement partie de la communauté homosexuelle puisqu’ils sont aussi hétérosexuels…
― Vous voulez dire que le « B » dans « LGBT » symbolise la défense des bisexuels contre les discriminations qu’ils subissent de la part des homosexuels standards qui rejettent leur orientation sexuelle ?
― C’est une façon un peu rapide de résumer, mais c’est ça…
Oui, c’est un peu rapide, surtout lorsqu’on fouille un peu et que l’on découvre que les relations entre homosexuels et transsexuels ne sont pas au beau fixe non plus (on parle de « transphobie »). Et que si les « B » et les « T » s’entendaient mieux entre eux (c’est pas gagné), ils feraient carrément front commun contre les « L » et les « G » (lesquels sont également un peu à couteaux tirés mais c’est encore une autre histoire) !
Hum, et le mouvement des juifs gays et lesbiens (qui ne mentionne ni les « T » ni les « B » dans son intitulé) ou celui des musulmans homosexuels (qui ne distingue même pas les « G » des « L ») ? Comment se situent-ils par rapport aux « B » ? Big mystère. Au final, la seule certitude que l’on puisse avoir, c’est que ceux qui n’aiment ni les « L », ni les « G », ni les « B », ni les « T » et encore moins les « J » ou les « M » sont nettement moins discriminants... Ça fait réfléchir.
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


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Habituellement je n'ai pas de problème d’herméneutique, je dois avouer que je ne vois pas où se trouve le second degré.
Solution 1 : Il n'y a pas de second degré
Solution 2 : je n'ai rien compris
Solution 1 : il valait mieux ne rien écrire
Solution 2 : J'aurais mieux fait de fermer ma g.....
Sur Paris on a pas de belle expression pour les bouseux de province...humour :)
ta raison coco..en revanche j'ai connue des parisennes..des plus dévergondées aussi..Mais faut pas prendre tout ce que j'écris au 1er degré..et comme on dit "tout le monde y peut pas être de Lyon y'en faut ben d'un peu partout "...........
Si je comprends bien, d'un coté "la province" et de l'autre "Paris". Donc Lyon c'est la province, c'est bien j'ai appris quelque chose aujourd'hui, je me coucherai moins bête :).
Je connais un peu la "province" et je n'y ai pas que pratiqué 'le missionnaire"...par contre j'ai connu une parisienne d'une originalité consternante...comme quoi les préjugés ont la vie dure!
Arrêtez ca m'embrouille le cerveau tout ca..mon vieux chat Lyonnais qui a le même amour des chattes que moi me ronronne toujours "fais la simple gône..." Y'a qu'a paris qu'on voit des choses aussi exotiques..en province on est plan plan..le missionaire et c'est classe pour tout le monde.
question? pourquoi n'est il pas possible à 2 sœurs, 2 frères, un frère et une sœur de se PACSer? Ont ils moins de droit que d'autres?
Pourquoi ne peut on pas se PACSer avec une femme déjà PACSée? L'amour à 3 est il moins acceptable que l'amour à 2 du même sexe?
on est tous égaux dans ce pays moi je suis hétéro mais je n'ai pas le droit comme les homos de me marier avec un homme:donc.....égalité parfaite
http://misscuicui.canalblog.com/tag/schtroumpf%20coquet
Les G et L sont des gens comme tout le monde. La connerie ne leur est pas épargnée.
La discrimination à l'embauche sort de la sphère privée et donc concerne bien nos amis les politiques.
La Constitution :
"Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances." ou de son orientation sexuelle...la connerie n'épargne décidément personne
Lutter contre les ségrégations c'est le bon sens ... Mais la sexualité c'est la sphère privée et je suis assez heurté lorsque certains s'en servent pour faire de la politique et les choux de politiciens qui ont vus là une aubaine clientéliste. En faire en plus des revendications devient à mon sens indécent et très discutable !!
A quand des mouvements hétéros et des batailles rangées dans la rue ?
les schtroumpfs de la photo représentent-ils aussi un courant minoritaire?
Rafraichissant !
C'est excellent !
Vous auriez pu aussi résoudre cette équation à quatre inconnues !
Peut être par la méthode du pivot de Gauss....
"Les nuits fauves", c'est Cyril Collard (un très bon film). Mais je ne comprends ni le rapport ni le "programme".
Le B c'est pour Bisexuel. Et la figure bisexuelle emblématique au cinéma, Fabrice Collard, est mort du sida dans la vraie vie.
Tout un programme.
bravo pour cette nouvelle et géniale théorie des ensembles...j'espère qu'on pensera à vous pour la prochaine médaille Fields...
Excellent j'ai bien rigolé!
Génial,qui l'eut cru?Les bi a l'index!
Ca stigmatiserait pas aussi un peu entre eux