Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 08 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Leçons d'une élection américaine : voilà comment la Russie s'invite à la présidentielle française 2017

L'intervention des Russes dans la politique et la vie médiatique occidentale est de plus en plus dénoncée par les médias et pouvoirs politiques occidentaux. Après les États-Unis, la France ne devrait pas être épargnée en cette année électorale.

Alarme !

Publié le - Mis à jour le 2 Décembre 2016
Leçons d'une élection américaine : voilà comment la Russie s'invite à la présidentielle française 2017

Atlantico : La CIA a déclaré qu'il était très probable que la Russie ait été partie prenante dans la récente élection présidentielle en participant à la diffusion de "fausses nouvelles" ("fake news") visant Hillary Clinton. Alors que la France va connaître une élection présidentielle dans quelques mois, doit-on craindre un scénario similaire ? Quelle est la vulnérabilité de la France sur ce terrain aujourd'hui ?

Franck Decloquement : Tout cela en définitive, nous fait entrer de plain-pied dans l’univers des stratégies d’influence à l’ère des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication).

Autrement dit, des méthodes de conditionnement menées par des tiers à l’échelle des individus, d’une population ou d’une nation. Ce que les Anglo-saxons nomment aussi dans un jargon actualisé, le « perception management ». Autre mot pour désigner des actions propagande noire « nouvelle manière ». Les soupçons à cet égard ne cessent de s’exprimer et de se déverser en continu dans la presse d’actualité et à travers les réseaux sociaux, agissant comme autant de relais de diffusion et de caisse de résonance. 

L’affaire ne date pas d’hier puisque le 4 aout dernier, Europe 1 rapportait déjà dans les colonnes de son site web que « la CIA ne faisait pas confiance à Donald Trump », et « refusait de l'informer, comme elle le fait habituellement avec les candidats à la présidentielle, sur les dossiers sensibles du moment ». Arguant de ses liens étroits avec la Russie de Poutine, l’agence américaine ne faisait visiblement pas confiance à l'impétueux Donald Trump alors en campagne. La centrale avait-elle alors à cette époque et à sa disposition, des preuves manifestes de compromissions effectives ? Pour l'ancien chef de l'agence, Léon Panetta, donner des informations classées secret-défense au milliardaire était beaucoup trop risqué : « Il dépasse les bornes. Je m’inquiète. Je me pose des questions sur sa capacité - ou plutôt son incapacité - à être un leader », avait-il alors déclaré. En cause, les appels du pied très réguliers de Donald Trump à la Russie : « ses dernières déclarations prouvent simplement qu’il n’est pas du tout qualifié pour être président des États-Unis », tranchait Léon Panetta. Une pétition, qui rassemblait à cette époque plus de 200.000 signatures, circulait pour que la CIA ne divulgue aucun secret à Donald Trump… Les spécialistes du renseignement américain, envisageaient eux de retransmettre au candidat républicain en lice pour la présidence, une version édulcorée, afin de limiter au maximum les risques de fuite... 
 
Mi-novembre, le Monde.fr constatait dans ses colonnes qu’après l’onde choc provoquée par le Brexit en Angleterre, et l’arrivée inattendue de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, nous étions tous entré dans « l’ère de la politique post-vérité », dans laquelle le vrai et le faux s’équivalent ou se confondent dangereusement, quand ils se côtoient et s’entrechoquent, dans les fameuses « timelines » des réseaux sociaux. Cela faisant sans doute référence à la très fameuse remarque informelle ; et teinté de « constructiviste radical » ; attribué à Karl Rove – considéré par certains comme « le cerveau de Bush Jr »  – à l’expression de « communauté réalité » (the reality-based community). La source du terme provient en droite ligne d’une citation datant du 17 Octobre 2004, rapportée dans un étonnant article du journaliste-éditorialiste Ron Suskind, qui fit sensation dans le New York Times Magazine, quelques jours avant l’élection présidentielle de 2004 justement : « Faith, Certainty and the Presidency of George W. Bush ». Rove semble s’être à l’époque lancé dans une forme de diatribe personnelle contre « ces gens appartenant à des communautés fondées sur la réalité ». Suskind rapporte alors : « Il m’a dit [Karl ROVE ndlr] que les gens comme moi faisaient partie de ces types “appartenant à ce que nous appelons la communauté réalité” [the reality-based community] : “Vous croyez que les solutions émergent de votre judicieuse analyse de la réalité observable.” J’ai acquiescé et murmuré quelque chose sur les principes des Lumières et l’empirisme. Il me coupa : “Ce n’est plus de cette manière que le monde marche réellement. Nous sommes un empire maintenant, poursuivit-il, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, comme vous le souhaitez, nous agissons à nouveau et nous créons d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également, et c’est ainsi que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l’histoire. (...) Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous faisons”». Le sociologue Christian Salmon a longuement investigué cette forme de posture intellectuelle dans son livre emblématique « Storytelling ». N’écrivait-il pas déjà dans un édito en 2007, ces quelques phrases très éclairantes dans le contexte actuel ? : « Raconter des histoires fabuleuses pour faire oublier une politique condamnée, telle serait la « stratégie de Schéhérazade » du président des Etats-Unis. Ce dernier a grand besoin de fables tant son impopularité est prononcée... Mais ailleurs, quand un chef de l’Etat nouvellement élu part récupérer des prisonniers français détenus au Tchad, puis, toujours devant les caméras, s’emploie à obtenir la libération d’une otage en Colombie, l’interprétation du héros n’est-elle pas un petit peu surjouée ? »
 
De son côté, la rédactrice en chef de « The Guardian » est revenu sur la campagne du « Brexit », où « dire la vérité » selon elle est devenu un véritable « handicap », puisque les médias traditionnels ont été noyés dans le bruit assourdissant des réseaux sociaux : « Un monde où l’idéologie l’emporte sur la réalité » en somme… La messe est dite ! Nuls doutes qu’à l’occasion des prochaines élections pour la présidentielle française de mai 2017, de semblables actions puisse être menées afin de conditionner les esprits dans le but d’influencer dans une certaine mesure, le choix des électeurs et des électrices. Et ceci, à des fins d’anticipation de leurs comportements individuels et collectifs en matière de votes. Mais le contexte français n’est pas le même qu’aux Etats-Unis, la législation et les règles diffèrent très sensiblement. L’ambiance sociale aussi. 
 

Il y a un peu plus de deux semaines, à quelques jours du premier tour de la primaire de la droite et du centre, Mediapart se procurait et publiait de nombreux documents privés (et probablement subtilisés) visant Nicolas Sarkozy. Si la protection des sources ne les oblige en rien à révéler la façon dont ils ont eu accès à cette information, peut-on penser qu'il s'agisse d'une intervention politique extérieure ? Y a-t-il d'autres révélations médiatiques du même genre qui vous semblent aujourd'hui suspectes et dont il est difficile de démêler le vrai du faux ?

« Même les paranoïaques ont de vrais ennemis », avait écrit le génie de l’humour noir et de l’impertinence, Rolant Topor. « C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus » lui répliquait comme en écho, Hervé Le Tellier et Xavier Gorce dans leur ouvrage « Guerre et plaies » en mai 2003. Les révélations opportunes dans la presse – aux bénéfices des uns et des autres – faisant la part belle à la poursuite des objectifs politiques de certains candidats n’est pas chose nouvelle. La France cultive tout de même une longue tradition de journaux de presse très engagés, et même si cela n’est plus qu’une posture d’apparat dans de nombreux cas. « Seuls les paranoïaques survivent » répétait à l’envi Andrew S. Grove, l’ancien patron d’Intel… On peut donc tout imaginer dans ce contexte délétère, et les spéculations vont bon train dans le landerneau des spécialistes. Ce ne serait pas la première fois que la presse partisane manœuvre, enjolive, mente ou se trompe lourdement, compte tenu des enjeux de conquête électorale à venir. Mais « spéculer » n’est pas expliquer et encore moins « prouver ».

Le débat démocratique à de plus en plus tendance à se passer de faits vérifiés, attestés. « Business model » oblige ! Les partis-pris idéologiques propre à certains supports médias sont notables, connus et finissent à la longue par ne plus choquer personne puisque les lecteurs sont quant à eux avides de révélations toujours plus croustillantes. De celles dont on parle aisément autour de la machine à café, le matin, entre deux collègues de bureau... Ils n’ont de cesse à travers les réseaux sociaux de relayer certaines affaires, mais aussi certaines rumeurs dont est aussi pourvoyeuse la presse d’opinion française, au même titre que la presse anglaise par exemple. Mais avec les codes de langage et d’expression associés de notre pays. Nicolas Sarkozy n’en a pas été la seule victime. Alain Juppé, François fillion et dans une moindre mesure les petits candidats de la primaire de la droite et du centre ont été également impactés par le poids des stéréotypes et de la vindicte publique et médiatique. D’une extrême violence parfois, et par le truchement de biais culturels toujours spécifiques, d’un pays à l’autre. La débâcle des sondeurs et de leurs prévisions, mais aussi le rôle qu’ont eu les médias dans la diffusion et le décryptage d’informations hasardeuses pendant la campagne électorale, a eu tendance à dessiner un monde où l’idéologie dominante, l’interprétation usitée et l’expression des émotions l’emportent le plus souvent sur l’effectivité des faits. L’exactitude des situations. La restitution pondérée. 

 
La révolution numérique et la pression qu’elle impose désormais en terme d’instantanéité fait qu’il est le plus souvent impossible d’expliquer les tenants et les aboutissements d’un monde complexe, avec des phrases simples d’accès, courtes, et composées des termes univoques adéquats. Des termes qui seront finalement toujours teintés - in fine - de subjectivité. La Vérité, avec un grand « V » est un leurre. Elle n’existe tout simplement pas et laisse une grande part à la lecture et l’interprétation des faits par chacun. Mais il existe quand même une série de faits démontrables, à partir desquels un débat contradictoire peut se constituer. Le rôle et l’intérêt des médias dans cette situation complexe sont d’illustrer, de pouvoir contextualiser, de rendre lisible et déchiffrable les induits qui échappent le plus souvent à la sagacité de leurs lecteurs. Mais la confiance des audiences devenue très volatile est en chute libre et rend très difficile ; voir parfaitement impossible ; l’explication mesurée puisque les formes actuelles du politique se gagne essentiellement par l’émotion et non plus par la démonstration. De plus, ce qui passe pour des faits n’est le plus souvent qu’un point de vue, l’interprétation d’une tierce personne qui pense que ceci ou cela « est vrai ». Et la technologie a permis à ces « faits » de tourner plus facilement en boucle. C’est le spin permanent... 
 

Quelles sont les principales cibles en France de ces "fakes news" créées par la Russie ?

Il nous est ainsi possible de faire un parallèle opportun avec l’Allemagne, qui nous permettra de mieux comprendre à quoi nous devons nous attendre en la matière. Quelques jours après avoir annoncé son intention de demander un quatrième mandat de chancelier, Angela Merkel à fermement averti cette semaine que les fausses nouvelles – et des « botnets » – pourraient grandement influencer et perturber les prochaines élections nationales en Allemagne. Comme en France, celle-ci se dérouleront l’année prochaine. Soit en 2017. En appelant les législateurs à faire face à ce phénomène – et si nécessaire à réglementer sévèrement en conséquence – l’actuelle chancelière constate que quelque chose a en effet changé dans le débat politique. Celui-ci se déroule désormais dans le cadre d’un tout « nouvel environnement médiatique », car les opinions publiques ne sont plus formées comme elles l'étaient il y a 25 ans. L’action des faux sites web propagandistes et diffuseurs de news frelatés, des trolls parties prenantes agissant en intelligence avec les positions Russes et l’aide de « botnets » peuvent facilement orienter les choix et renforcer certaines opinions publiques, via l’usage subversif des algorithmes associés. Et comme la chancelière allemande l’envisage elle-même, nous devons tous nous attendre à composer avec eux désormais, nous aussi…

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Carl Van Eduine - 30/11/2016 - 08:43 - Signaler un abus Les réseaux de la haine

    Intéressant et à creuser cette réflexion sur la pollution induite par les réseaux sociaux. Regardez Valérie Boyer qui entre deux interviews enlève sa croix à cause d'un tollé virtuel qui l'accusait de combattre la laïcité. Certes ce n'étaient que des laïcistes avec leur hargne obsolète, réactionnaire, à bouffer du curé. Mais sur le fond, porter une croix, une kippa, un voile de son plein gré où est le mal ? Surtout si l'on se souvient que chez les chrétiens, ces monothéistes en fait très libertaires car peu accrochés "au monde", le port d'un bijou en forme de croix est un choix esthétique et spirituel personnel, ni scripturaire, ni non plus dicté par les ... Frères ... (lesquels, je vous laisse libre) ? On retrouve en somme dans les réseaux sociaux l'esprit des tabloïds, boostée par la techno : "haine du réseau" = "haine de chacun" exponentielle "connerie de chacun" exponentielle "nombre de cons". Ceci dit, ça marche aussi avec bons. Quant à ces laïcards, ils vont imposer le port du voile aux cathos allant à la messe, pour qu'ils masquent ainsi toute identité religieuse, même dans la rue ??? En tout cas, vrai débat que la puissance haineuse du réseau. Au delà du faux.

  • Par vangog - 30/11/2016 - 09:34 - Signaler un abus La CIA ne fait pas confiance au futur Président????

    Ces ronds-de-cuir vont valser, et vite, car le mépris du vote populaire ( Oooooooh, populiste!) a vécu. Les medias bilderberg, qui ont fait campagne contre Trump suivront...vae victis!

  • Par vangog - 30/11/2016 - 09:45 - Signaler un abus Valérie Boyer retirant sa croix me rappelle...

    le petit Poisson retirant son "lobby juif". Ces nains politiques sont influençables, manipulables-à-merci...ils sont responsables directement de la montée des lobbies communautaristes, dont le lobby médiatique, qui enfume les Français, remplace les journalistes expérimentés par des petits garçons mal-rases pour se donner l'illusion d'être des hommes, et des petites filles pleurnichardes, et impose aux Français ses candidats-pantins, depuis trente ans. Et, depuis trente ans, ces candidats le lui rendent bien...

  • Par Texas - 30/11/2016 - 11:01 - Signaler un abus Double Standards

    Avec un recul de 15 jours , se repasser les videos de la campagne électorale Américaine traitée par CNN , NBC , ABC offre quelques vertus pédagogiques en matière de " Fake News " , Mr Decloquement . Et le manque de confiance d' une Agence célèbre à l' égard de Mr Trump , est largement compensé par un excès de confiance , d' informations sensibles sur un serveur privé . Pour mémoire , le New York Times , le matin du 8 Novembre créditait les Démocrates de 85% de voix , Fake News ? ; Pour parodier un personnage célèbre : " At this point , what difference it makes " ? . Les Démocrates ont été pris à leur propre jeu et ce sont de très très mauvais perdants .

  • Par ikaris - 30/11/2016 - 13:00 - Signaler un abus Fake News russe ? Et les médias de l'oligarchie ?

    Il est curieux ce billet car les problèmes théoriques qui sont posés sont intéressant dans l'absolu ... sauf que à chaque fois qu'il est illustré il s'agirait de fausses nouvelles russes qui combattent les vraies nouvelles des médias classiques. Les médias classiques français nient systématiquement les problèmes migratoires au moyen des mises en scène les plus grossières (filmer des enclaves européennes à Paris ou à Molenbeek, montrer des habitants content d'accueillir des migrants-envahisseurs) ou de la diabolisation (si vous ne pensez pas ça vous êtes fachos / nazis / petainiste rayer la mention inutile) ... donc on ne peut pas blamer ceux qui ne les croiraient pas. Une étude sur les grands médias américains avaient montré que sur 130 seules 2 avaient appelé à voter Trump, plus de 60 Clinton et que sur le reste une bonne cinquantaine était particulièrement partiale ... dans ce contexte voir la main des russes derrière Trump est particulièrement révélateur d'une tentative désespérée du système qui invoque les mânes du patriotisme pour se sauver lui même. Citons les mises en scène célèbres : les bébés tués au Koweit, le gamin noyé en Turquie ...

  • Par Jean-Benoist - 01/12/2016 - 08:04 - Signaler un abus russie bashing de la part?

    De nombreux medias français qui eux se sont autorisés a s'immiscer dans la campagne americaine, ont craché sur Trump, ont choisi Juppé et qui ne se remettent pas en cause..?...dans quel pays vivons nous? Lamentable

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Franck Decloquement

Franck DeCloquement est expert en intelligence stratégique (IES) pour le groupe Ker-Meur, et ancien de l’Ecole de guerre économique de Paris (EGE). Membre fondateur de la Ffpc (French Federation of Psycho-Forensics), il est en outre professeur à l'Iris (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique", et enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi conférencier sur les menaces émergentes liées aux actions d'espionnage et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la Scia (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la Fncds (Fédération nationale des cadres dirigeants et supérieurs), et au colloque inaugural de la Ffpc au Sénat, en octobre 2016, sur "La perception du fait religieux".

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€