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Journée internationale du chat : comment il a conquis Internet (et plus encore)

Chaque 8 août, le félin est mis à l’honneur comme il se doit. Star des salons et envahisseur des chambres à coucher, il a aussi civilisé Internet à son bon vouloir. Une histoire qui a commencé… en 1870 !

Chat alors

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Journée internationale du chat : comment il a conquis Internet (et plus encore)

En ce 8 août, vous avez une raison supplémentaire (pour ne pas dire une obligation) de câliner votre chat...

Vous qui naviguez sur Internet depuis des années, vous n'avez pas pu échapper à ce genre de vidéos : 

Ou encore cet autre type pas si éloigné :

... et encore moins le 8 août, puisque tout le monde les rediffuse à l'occasion de la Journée internationale du chat.

Les animaux mènent une lutte féroce, avec la complicité des humains, pour savoir lesquels seront les plus populaires sur le Net : et même si les chiens, pandas et autres koalas sont de sérieux concurrents pour les chats, ces derniers ont durablement marqué le visage même du réseau. Pourtant, les signes précurseurs de cette domination - contestée - remontent bien avant Internet : à vrai dire, ils remontent même...

à 1870 !

Le photographe Harry Pointer avait réalisé à l'époque une série de clichés sur des chats domestiques dans des positions... qui rappellent déjà le LOL de notre siècle : le LOLcat était né (et la "mignoncité" par la même occasion), même si ces deux termes ne seront créés qu'au 21e siècle.

Eadweard Muybridge avait poussé la logique un peu plus loin en 1887, prenant des photos de chats à l'aide de plusieurs caméras ce qui, plan par plan, donnait lieu à la première animation de chats :

Thomas Edison franchit un ultime cap en 1894 en tournant la première véritable vidéo de chats, "Boxing Cats" :

Chevrolet, en 1937, se sert pour la première fois des chats dans une publicité, reprenant le thème des "Boxing Cats" arbitrés par... des chiens.

Le terme de "LOLcat", de son côté, n'apparaît véritablement qu'avec Internet. On estime sa génèse à 2005 sur le site 4Chan, où est aussi apparue la notion de "Caturdays" (NDLR : poster des vidéos et photos de chats le samedi) tandis que caturday.com a été déposé le 30 avril 2005 et lolcats.com le 14 juin 2006. Dernier pan de la prise de contrôle des chats sur le Net : ICanHasCheezburger, site de référence des "memes", fait exploser le phénomène et attire même l'attention de TIME Magazine.

 

2013. L'Internet a quelque peu évolué depuis les prémices de 4Chan et ICanHasCheezburger, mais les chats sont toujours là. Plus présents que jamais, même : retour sur ceux qui commencent, tranquillement, à mettre le Net à leurs pieds - ou plutôt à leurs pattes.

Grumpy Cat, de son vrai nom Tardar Sauce, est un phénomène à elle toute seule. Née le 4 avril 2012, elle a rapidement intrigué le Net en raison de sa moue... boudeuse, causée par un nanisme félin et à la malocclusion dentaire qui en découle (dont souffre aussi son frère Pokey) : en moins d'un an, elle a tout renversé sur son passage.

La première photo de Tardar Sauce a été postée sur le site de partage social Reddit par le frère de la propriétaire du chat : très rapidement, elle défraie la chronique et gagne en popularité. Plus d'un million de fans sur Facebook, plus de 100 000 followers sur Twitter, plus de 80 000 abonnés sur Instagram plus une ancienne chaîne vidéo sur Youtube avec 133 000 suiveurs : Tardar Sauce affole les chiffres. Et pas que les chiffres sociaux : ce chat est devenu une attraction et un prétexte commercial particulièrement poussé. Attraction, parce qu'elle a - entre autres - été la cible préférée des photographes de l'aussi célèbre que "hype" salon South By Southwest, invitée par le site Mashable :

Attraction et donc, prétexte commercial de rêve. Le site http://www.grumpycats.com/ est rempli de produits dérivés à gogo, allant des traditionnels T-shirts et autres mugs jusqu'à... la boisson au café. Ce prochain concurrent de Starbucks, nommé "Grumppuccino", fait parler de lui depuis plusieurs semaines et serait sur le point de voir le jour :

 

Dans un tout autre registre, Henri le Chat Noir a également gagné une folle popularité en seulement quelques mois. Pourtant, la carrière de ce chat "philosophe et dépressif" avait commencé timidement, dès 2007, avec le premier épisode d'une série de vidéos de deux minutes centrées, donc, sur Henri. Mais l'énorme succès du deuxième épisode a tout changé :

35 000 abonnés sur Youtube, 23 000 sur Twitter mais déjà plus de 120 000 fans sur Facebook : Henri Le Chat Noir a également eu le droit à son propre livre. A son grand désespoir, bien entendu.  

 

Henri le Chat Noir est d'ailleurs - et restera pour toujours - le premier vainqueur du concours de... la meilleure vidéo de chats, lancé en 2012 à Minneapolis. Le vainqueur de la seconde édition sera annoncé à la fin du mois d'août, et Grumpy Cat est bien parti pour lui succéder. A moins que ce chaton qui rencontre un hérisson ou, plus absurde, celui déguisé en requin sur un aspirateur qui poursuit un canard et un chien (oui, tout cela à la fois) ne vienne lui contester la palme :

Parmi d'autres noms que nous pourrions développer, citons les cas de Colonel Meow (175 000 fans sur Facebook), Maru (86 000 fans), Lil Bub (171 000 fans), sans compter Oskar "The Blind Cat" qui a lui aussi remporté un concours de vidéo de chats, organisé ce coup-ci par Friskies :

 

Maintenant qu'Internet est (à peu près) sous leur croupe, les chats peuvent viser plus loin : le monde, par exemple.

C'est ainsi que des chats se sont lancés en politique. Signalons ainsi la longévité du mandat électoral de Stubbs, brillamment élu maire de la ville de Talkeetna (Alaska) et reconduit sans discontinuer depuis 1997. Il a failli être rejoint dans ce club (pour l'instant) très select par Morris, candidat à la mairie de Xalapa au Mexique : malgré ses 159 000 fans sur Facebook et son sens de la formule ("Marre de voter pour des rats ? Votez le chat du peuple"), il n'a pu remporter cette municipalité de quelque 400 000 habitants. Principale mesure de son programme qui pourrait inspirer d'autres futurs chats-candidats : nettoyer "d'un coup de patte" la classe politique locale de la corruption, endémique dans ce pays.

Crédits photo -- Juan Carlos Vazquez | juancarlosvazquez.com

La population s'est prise au "jeu" alors même que rien ne facilitait son élection : considéré comme candidat "non enregistré", le nom de Morris ne figurait pas sur les bulletins de vote. Ce qui ne l'a pas empêché de remporter plus de 12 000 voix et de finir en 4e position du scrutin !

Autre tentative d'incursion dans le monde politique : Hank, un maine coon né en 2002, a tout simplement candidaté aux élections sénatoriales dans l'Etat de Virginie. Doté de près de 30 000 solides fans sur Facebook et d'une ambition démesurée, il a réussi à se glisser en troisième position de l'élection avec 7 000 votes, derrière le Démocrate Tim Kaine (finalement élu) et le Républicain George Allen. A noter qu'un habitant de Chicago a par la suite proposé de faire de Hank un membre "honoraire" du Sénat et est passé pour cela par le site de pétitions gouvernemental We The People : malheureusement, alors qu'elle avait besoin de 25 000 signatures pour être étudiée par la Maison Blanche, elle a été enlevée du site pour avoir été "en violation avec les règles de participation". Ci-dessous, le premier clip de campagne de Hank :

Mais les chats commencent à rentrer dans la sphère politique d'une autre manière : en brisant des carrières - humaines, donc. Stéphane Gendron ne dira pas le contraire : le maire d'Huntingdon, cité de 2 500 habitants dans le Haut-Saint-Laurent (Québec), a provoqué un tollé mémorable avec des déclarations qui ont franchi l'Atlantique :

Après s'être ainsi publiquement réjoui d'écraser des chats avec sa voiture ('L'autre jour, chu reculé sur un, il venait de venir au monde. Chu sûr qu'y a rien senti. Le pick-up est passé dessus comme si de rien était. J'étais assez content, yes! Un de moins"), il a dû présenter des excuses publiques alors que la SPCA (Société pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux) avait annoncé ouvrir une enquête sur son compte.

A décharge du politicien - également animateur de radio et télévision - il est un habitué des déclarations polémiques sur des sujets aussi divers qu'Israël ou les grèves étudiantes de Montréal. Stéphane Gendron, dont la démission avait été demandée suite à ces propos, a annoncé qu'il ne se représenterait pas à la mairie en novembre prochain - tandis que le site satirique "L'Axe du Mad", un équivalent de notre célèbre Gorafi au Québec, relatait l'histoire de ce chat qui admettait publiquement vouloir écraser Stéphane Gendron avec son pick-up.

Et pour voir les prochaines stars félines (françaises) de la politique, vous pourrez bientôt les rencontrer dans le "Café des Chats" qui va ouvrir ses portes courant septembre dans le 3e arrondissement de Paris. Ce projet, initié par la jeune entrepreneuse Margaux Gandelon, a notamment trouvé ses financements grâce à la générosité des internautes, qui ont apporté plus de 30 000 euros de capitaux via des plateformes comme Indiegogo.

Le concept ? Venant du Japon, le "Café des Chats" est, comme son nom l'indique, un café avec des chats. Plein de chats : les "Neko Cafés" n'ouvrent toutefois pas leur porte aux animaux des clients, car cela créerait plus de conflits territoriaux entre félins qu'autre chose. Ce type de concept commence à se disséminer en Europe : Vienne et, depuis peu, Londres, ont droit à leur "bar à chats". Des pépinières de talents politiques... ou, plus sûrement, de centaines de milliers de vues sur Youtube. 

Gwendal PERRIN

 
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