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ISF : pourquoi le vrai problème de la loi de finances n’est pas de faire des cadeaux aux riches mais de privilégier une vision de financier à une vision d’entrepreneur

Adopté en première lecture ce vendredi à l'Assemblée nationale, la réforme de l'ISF le remplace par l'IFI qui a pour assiette les biens immobiliers mais aussi les actifs liés à l'immobilier telle que la pierre-papier, les parts de SCI et les actions – même cotées en Bourse – des foncières.

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ISF : pourquoi le vrai problème de la loi de finances n’est pas de faire des cadeaux aux riches mais de privilégier une vision de financier à une vision d’entrepreneur

Atlantico : En quoi la suppression de l'ISF peut-elle être vue comme une approche "financière" de l'économie plutôt qu'une vision d'entrepreneurs ? Que révèle cette approche ? 

Jean-Yves Archer : Le mécanisme d'ensemble a été adopté vendredi, en première lecture, à l'Assemblée Nationale.

L'ISF est remplacé par l'IFI qui a pour assiette les biens immobiliers mais aussi les actifs liés à l'immobilier telle que la pierre-papier (parts de SCPI), les parts de SCI tout autant que les actions – même cotées en Bourse – des foncières. Le reste du patrimoine n'est plus taxé (à l'ex-ISF) et le gouvernement escompte, en vertu de la pseudo-théorie du ruissellement, que les liquidités ainsi dégagées vont aller s'investir dans l'économie réelle.

Autrement dit, selon une approche financière, l'Etat table sur un regain d'investissements des riches particuliers vers les PME, les grands groupes ou bien évidemment les start-up. 

Première limite à ce raisonnement, certains contribuables ne manqueront pas de s'orienter vers des placements reflets de leur aversion au risque tels que l'assurance-vie ou des comptes à terme.

Deuxième limite au raisonnement public, il faut distinguer les contribuables très aisés qui iront se porter acquéreurs d'actions Saint-Gobain ou L'Oréal de ceux – à mon avis plus rares – qui chercheront des placements risqués. Tout le monde n'est pas Xavier Niel ou le groupe Publicis qui investissent dans des start-up et espèrent trouver le yearling de la décennie voire la licorne.

Investir chez Wendel ou Axa, c'est prendre un risque globalement contenu sauf théorie du cygne noir et coup de Trafalgar digne de l'histoire de la valeur Alcatel et de sa trop célèbre descente aux enfers. Investir dans une PME en très forte croissance, c'est jouer le panneau de sortie : autrement dit, être en attente d'une valorisation conséquente pour réaliser sa plus-value et dire au revoir à ce projet.

C'est un capitalisme sinon de spéculation du moins de marchandisation de l'entreprise. On investit moins dans le projet, dans le succès des hommes et des produits que dans un gain de sortie.

Karl Marx avait indiqué, il y a plus d'un siècle, que le temps viendrait où la reproduction capitaliste se ferait autour de l'argent-roi. Ainsi, il a écrit que le schéma usuel est M-A-M' : où M est la production d'un agent économique qu'il vend (d'où perception d'argent : A) en vue de produire davantage de marchandise : M prime.

Selon lui, le but ultime du système capitaliste est de tout monétiser : A – M – A' : ainsi l'argent A est placé dans une opération quelconque M pour tirer un profit le plus puissant et le plus immédiat possible : A prime. Convenons que cette explication fait parfaitement sens dans le cas des gestionnaires de LBO par opposition au schéma vertueux et valablement patrimonial de l'honorable famille Michelin.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 21/10/2017 - 13:49 - Signaler un abus L'IFI est une invention socialo-Macroniste...

    et francaise! La plus grande part de la créativité française d'autrefois, s'est concentrée dans le domaine fiscal et financier. Voilà le problème! Le système scolaire Français, dominé par les femmes (Wouah! Wouah!) et les gauchistes a perdu le sens du troisième processus décisionnel indispensable à toute société: l'intuition créative! Dans la "nouvelle" école gauchiste, seul le processus décisionnel rationnel gauchiste est privilégié...c'est beaucoup trop peu pour relancer la créativité française et lui rendre sa pluri-disciplinarié...sous régime gauchiste et ultra féministe (voire Schiavalpa...), la France devient une société en fin de cycle, vouée à s'auto-détruire comme la Rome antique...voire à être remplacée...

  • Par Yves3531 - 21/10/2017 - 13:59 - Signaler un abus Réduire les dépenses parasites et inutiles...

    http://www.contribuables.org/petition/plus-un-euro-dargent-public-pour-hollande-signez-la-petition/ Et vu quand et comment cela a été décidé, cela mériterait au grand minimum une enquête de déontologie !!!

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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