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Investir aux Etats-Unis : une fausse bonne idée

On érige souvent les Etats-Unis en modèle d'efficacité pour leur réaction à la crise... mais a-t-on vraiment raison de le faire ?

Decod'Eco

Publié le

Les marchés financiers internationaux qui tentent de prévoir la tendance des actions, des obligations et des devises mettent très souvent l’accent sur les différences entre la zone euro et les États-Unis.

La plupart des commentateurs accordent un avantage aux États-Unis ce qui a mis, par exemple, la parité euro/dollar sous pression pendant un temps. Les arguments le plus souvent entendus sont, notamment, une plus forte croissance américaine, la crise de la dette dans la zone euro, un resserrement de la politique monétaire qui se fera plus tôt aux États-Unis qu’en Europe, des flux monétaires qui vont de l’euro vers le dollar.

Des arguments qui ne résistent pas à une analyse approfondie. En effet, il n’y a aucun signe de croissance autonome aussi bien dans la zone euro qu’aux Etats-Unis. L’état du marché du travail est désastreux des deux côtés de l’Atlantique. La dette totale en pourcentage du PIB est encore plus élevée aux Etats-Unis (106%) que dans la zone euro (90%).

La marche arrière de Ben Bernanke au sujet d’un possible ralentissement du QE3 n’incite pas à penser que les taux d’intérêt américains pourraient bientôt augmenter ou que la masse monétaire va diminuer.

La dette publique américaine est tellement élevée, à 16 000 milliards de dollars, que l’augmentation des rendements d’1% au cours des quatre dernières semaines a déjà stoppé net la croissance.

L’afflux de fonds vers le dollar provient, en réalité, du rapatriement des fonds spéculatifs des marchés émergents et non de l’euro – un phénomène qui pourrait en outre bientôt s’inverser.

Comme le note la Banque des règlements internationaux (BRI), il y a de fortes raisons, autant scientifiques qu’empiriques, de croire qu’une dette publique élevée réduit la future croissance économique. L’influence est forte et commence à se faire sentir dès que la dette atteint environ 80% du PIB.

Si on compare les revenus et les dépenses du gouvernement américain, la seule conclusion est que le déficit va se creuser dans l’avenir. Les dépenses montent beaucoup plus vite que les recettes ; qui va combler le trou ? Les étrangers n’achètent plus et les ménages américains n’épargnent plus. La charge de la dette du gouvernement américain atteindra 220 milliards de dollars cette année et 823 milliards en 2030 (source : CBO). Où est l’amélioration tant vantée ?

En conclusion, les arguments en faveur d’investissements dans les actifs américains (actions, obligations…) où les fondamentaux seraient prétendument meilleurs ne tiennent pas la route. Les données économiques aux États-Unis sont même encore plus mauvaises que celles de la zone euro.

[Eberhardt Unger mais aussi Cécile Chevré, Simone Wapler... retrouvez toute une équipe de spécialistes pour décrypter l'actualité économique et financière au quotidien dans La Quotidienne d'Agora : il suffit d'un clic]

 
Commentaires

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  • Par Temüdjin - 30/07/2013 - 11:20 - Signaler un abus Que reste-t-il de l'économie dans ce mot ?

    Faut-il comprendre que l'économie ne suit plus les règles d'une trésorerie basée sur les biens de production-services et leurs échanges au sein d'une économie de marché, mais qu'elle est de plein-pied dans une spirale qui avance tel un ouragan, avec des rapports de force lesquels ne s'exercerait plus qu'au sein d'un univers autant parallèle que virtuel ?

  • Par Lennart - 30/07/2013 - 11:36 - Signaler un abus Le terme "économie" est devenu obsolète

    puisque que ne compte plus que la satisfaction du marché boursier.

  • Par laïcité - 30/07/2013 - 13:46 - Signaler un abus Tout à fait d'accord avec vous

    malheureusement nous avons des pseudo économistes en odeur de sainteté auprès de nos grands médias aux ordres qui viennent sur nos plateaux télé nous dire le contraire !

  • Par jean fume - 30/07/2013 - 16:02 - Signaler un abus Certes, investir aux US n'est pas la panacée.

    Mais de tout temps (hier, aujourd'hui et demain), ça restera plus intéressant ou porteur, que de le faire en France.

  • Par sheldon - 30/07/2013 - 16:03 - Signaler un abus Manque de confiance aux méthodes Obama ?

    De la poudre aux yeux, à la socialiste, avec du sociétal et une augmentation galopante de la dette via la planche à billets (là aussi du socialisme bien vieux bon teint).

  • Par Vinas Veritas - 30/07/2013 - 17:39 - Signaler un abus Economie ?

    je le répète depuis quelques semaines ou mois mais je suis désolé de le répeter encore une fois. Notre société occidentale est passée insidieusement du capitalisme au financiarisme. ces 2 concepts économiques sont aussi diférents l'un de l'autre que le capitalisme l'est du communisme. Pour rappel, le capitalisme consiste a produire des biens ou services pour générer un profit. en observant la demande, au besoin en la suscitant. Le communisme ne chereche à produire que des biens et services qu'en liaison avec un plan prévisionnel des besoins retenus. Le financiarisme gomme tout le processus de production considérant qu'il est perte de temps et cherche le profit immédiat sur de la valeur virtuelle.

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Eberhardt Unger

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

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