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Donald Trump se bat pour revenir au niveau pré-2008 alors qu'il devrait s'occuper de la prochaine crise

Depuis quelques mois, l'Amérique de Donald Trump a déstabilisé nombre d'économies dans le monde, dans le but de rétablir sa puissance. Mais la stratégie adoptée est éminemment contestable.

Guerre économique

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Donald Trump se bat pour revenir au niveau pré-2008 alors qu'il devrait s'occuper de la prochaine crise

 Crédit Brendan Smialowski / AFP

A quoi jouent donc les États-Unis ? Ils sont en plein emploi et veulent aller plus loin, tout en déstabilisant nombre de pays. C’est le cas en zone euro, quand ils soutiennent le Brexit ou le Président hongrois par exemple, et attaquent l’Allemagne exportatrice de voitures mais qui ne dépense pas assez pour sa sécurité. Et l’euro perd 6% depuis janvier. C’est plus encore le cas avec le Venezuela (en saisissant certains de ses actifs) – en crise majeure, ou récemment la Turquie ou l’Iran – avec l’idée de les pousser dans une crise sociale.

Et les monnaies turque et iranienne (marché gris) perdent alors plus de la moitié de leur valeur depuis janvier. S’agit-il de déstabiliser le monde ?  

Mais pour quel intérêt ? Les États-Unis vont étonnamment bien, avec un taux de chômage de 3,9%, une inflation qui monte peu (2,9%), autant que les salaires. Surtout, aller plus loin est dangereux, d’abord pour eux. Les bons résultats américains actuels sont-ils en effet le miracle d’une croissance de plein emploi sans hausse du salaire réel grâce à la révolution technologique en cours, à l’expertise de la Fed et au magistère de Donald Trump, ou bien la trace profonde d’une crise qui s’est pourtant arrêtée il y a dix ans ? Bien sûr, ramener vers le marché du travail des personnes qui l’avaient quitté depuis plusieurs mois, et d’autres souffrant de problèmes de santé (en fait d’accoutumance à des opioïdes) : il faut reconnaître que cette politique donne des résultats positifs ! Sans être naïfs, elle fonctionne aussi avec la réduction des aides aux chômeurs de longue durée et des subventions médicales. Donc les États-Unis vont étonnamment bien dans un monde qu’ils secouent dangereusement. Ils n’auraient donc rien à craindre à continuer chez eux, et à secouer les autres ?

Non. Car malgré tous ces bons résultats, toutes ces pressions (sociales et internationales), malgré le creusement du déficit budgétaire et une politique monétaire qui réduit les taux à court et à longs, la croissance américaine n’est plus sur sa trajectoire de croissance d’avant crise, de 1998 à 2007. Des calculs de la Banque fédérale de San Francisco (Economic Letter du 13 août 2018) montrent au contraire que les États-Unis ont actuellement un PIB inférieur de 10% à celui qu’ils auraient eu hors crise. Ce « manque à produire » serait aussi de 12% pour la zone euro et le Royaume-Uni. La crise a donc laissé des traces, partout, et voisines dans l’OCDE.

Les théories abondent pour expliquer ces séquelles, mettant l’accent sur les crises financières, dont les conséquences sont les plus profondes de toutes, et surtout les plus durables. Avec la crise financière, des ménages et des entreprises ne peuvent plus rembourser, ce qui mène à la faillite et au chômage, et fait aussi tomber les banques les plus fragiles. La bourse fléchit, ce qui inquiète les investisseurs. Les banques font plus attention pour faire crédit. Surtout, les entreprises deviennent bien plus prudentes pour embaucher, investir et se lancer dans des programmes de recherche-développement, tandis que les startups les plus innovantes sont bridées, voire ne se lancent pas dans l’aventure.

 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 20/08/2018 - 12:24 - Signaler un abus Trump se bat, Poutine se bat

    et l'UE se soumet à tous, le pantalon, le slip baissé et 'l'entrée du trou de la sortie" lubrifié.

  • Par aristide41 - 20/08/2018 - 18:19 - Signaler un abus Il y a énormément

    d'invertis refoulés sur ce site.

  • Par assougoudrel - 20/08/2018 - 20:33 - Signaler un abus @aristide41

    On veut des noms, car c'est plus couillu, au lieu de lancer des paroles en l'air, comme dirait notre ami Kelenborn.

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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