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Donald Trump, diplomatie des Jeux Olympiques, ou intervention chinoise....mais qui est à l'origine de la rencontre entre les deux Corées qui pourrait aboutir à une déclaration de paix ?

Le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un se sont retrouvés ce vendredi sur la Ligne de démarcation militaire qui divise la péninsule en vue de leur sommet.

Mystère, mystère

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Donald Trump, diplomatie des Jeux Olympiques, ou intervention chinoise....mais qui est à l'origine de la rencontre entre les deux Corées qui pourrait aboutir à une déclaration de paix ?

Atlantico : Les deux dirigeants Moon Jae-in et Kim Jong-un se réuniront ce vendredi 27 avril sur la ligne de démarcation qui divise la péninsule coréenne depuis 65 ans, en vue d'un accord entre les deux pays. Après des décennies de blocage, comment interpréter les différents événements qui ont pu amener à un tel rapprochement ? De de la diplomatie des Jeux Olympiques entre les deux pays, aux menaces de Donald Trump, à l'intervention chinoise, et jusqu'à la destruction du site de tests nucléaires nord coréen, qu'est ce qui a véritablement conduit les deux pays à se retrouver ?

Jean-Vincent Brisset : On peut ajouter un petit détail qui a son importance : la rencontre entre les deux dirigeants coréens aura lieu non pas dans le préfabriqué posée à cheval sur le tracé de la frontière et servant habituellement aux rencontres de la commission d’armistice, mais dans un bâtiment situé quelques mètres plus loin, en territoire sud-coréen. Alors que les deux précédentes rencontres entre dirigeants des deux pays avaient eu lieu en Corée du Nord. Le symbole est certes mince, mais c’est un grand pas pour Kim.

On a beaucoup parlé de la « diplomatie des Jeux Olympiques », et on l’a souvent présentée, dans certains médias, comme une grande nouveauté. C’est oublier que, dans les faits, les deux pays avaient déjà défilé ensemble à Sydney (2000), Athènes (2004) et Turin (2006). En 2018, la Corée du Nord répondait à une invitation du Sud sur le territoire duquel se déroulent les Jeux. Difficile de refuser. Mais cette invitation aura permis à des personnalités proches des pouvoirs de se rencontrer plus longuement et en l’absence de pression médiatique, préparant ainsi la suite.
Les menaces de Trump, dans leur exagération, ont sans doute eu beaucoup d’effet. C’est un langage beaucoup plus compréhensible par Kim que la valse-hésitation d’un Obama passant de la patience stratégique au pivot. Ces menaces étaient aussi, vues de Pyongyang, très crédibles. Mais ce sont surtout les interventions chinoises qui semblent avoir été décisives. La Corée du Nord n’est pas viable sans l’aide de son voisin pékinois, car elle n’a pas de ressources autonomes dans certains domaines vitaux, dont le pétrole. Pékin avait accepté et voté le principe de sanctions beaucoup plus lourdes que par le passé. Si elles étaient mises en œuvre,  la fragile reprise de l’économie du Royaume Ermite, qui est le plus grand succès de Kim, aurait été mise à mal, et, avec elle, la légitimité nationale du Grand Leader. La destruction du site de tests nucléaires nord-coréen, qui reste encore à évaluer, semble n’être qu’un épiphénomène, même si elle arrive à point. 

Si les interventions chinoises sont très largement le résultat des dialogues entre Washington et Pékin, il ne faut cependant pas minimiser la très forte volonté de Séoul. On a dit que le nouveau Président allait prendre ses distances vis-à-vis des Etats Unis, en particulier sur le plan militaire. Les faits ont prouvé que, au contraire, la Corée du Sud a accepté le déploiement de missiles anti-missiles US sur son territoire. Elle développe même des moyens de frappe préemptive spécifiquement étudiées pour éventuellement détruire les installations fortifiées d’artillerie du Nord. Mais le Président Moon veut aussi demeurer un acteur majeur de la gestion politique de l’avenir de la péninsule. Tout d’abord, parce sa volonté d’éclairer et de pacifier l’avenir est indéniable. L’unification n’est plus un  but incontournable, trop de temps a passé et la Chine s’y oppose. Par contre, la conclusion d’un vrai traité de paix permettrait aux deux parties de sortir d’une posture militaire couteuse et étouffante. Mais Moon veut aussi rester -ou revenir- au premier plan dans la gestion d’un bras de fer qui concerne au premier chef son pays, sans laisser Pékin et surtout Washington décider à sa place. Même si, quoique l’on pense du personnage, il n’est pas possible de ne pas reconnaître que celui qui a fait bouger les lignes est bien Trump.

 
Commentaires

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  • Par philippe de commynes - 28/04/2018 - 12:13 - Signaler un abus Hypothèse

    J'ai l'impression que pour les prédécesseurs de Trump, la non-résolution de la question coréenne avait du bon : justifier autant que souhaité la présence militaire américaine dans la région, pour Trump au contraire ce serait une mauvaise chose : une charge lourde pour les USA, c'est peut-être pourquoi LUI serait prêt à se passer du pourtant "utile" point de fixation Nord-coréen, et donc à se donner les moyens de résoudre ce problème, à la fois par la politique du bâton, mettre la pression comme on l'a vu, mais aussi comme on va peut-être le voir, une politique de la carotte : mettre dans la balance une désescalade de la présence militaire américaine en Corée du sud, soit pour l'establishment un abandon des intérêts impériaux Américains...

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Jean-Vincent Brisset

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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