Libéralisme ! Il est convenu que le monde vit depuis trente ans – disons depuis le tournant des années 1980 – sous le règne du libéralisme (néo ou ultra, qu’importe) sans que l’on se soucie vraiment de le définir.
Pour s’en tenir à l’économie, le libéralisme recouvre au moins le libre-échange, qui n’a cessé de progresser depuis que la Conférence de la Havane (1947-1948), une des grandes réunions de l’après-guerre l’ayant posé comme l’idéal à atteindre dans le monde entier. II a fait de considérables progrès sous l’impulsion du GATT [1], créé à cette occasion, devenu OMC [2] qui, de cycle en cycle [3], s’est efforcé avec un succès croissant d’effacer un peu partout les protections douanières.
La liberté de circulation des capitaux, tout aussi importante, a connu un développement plus tardif, à partir de 1985. Elle est aussi devenue un dogme de l’économie mondialisée.
Le contrôle des prix a à peu près partout disparu. D’autres dimensions du libéralisme comme la liberté du marché du travail rencontrent plus d’obstacles, notamment en Europe. La privatisation des services publics, et a fortiori du reste de l’économie, a aussi beaucoup progressé.
Augmentation générale des prélèvements publics
Mais si un peu partout le patrimoine public s’est rétréci, les flux économiques, transitant par les entités publique (État, collectivités locales, Sécurité sociale), qu’on les mesure en termes de prélèvements obligatoires ou de dépenses publiques rapportés au PIB, n’ont cessé de croître dans la plupart des pays industriels. Jamais ils n’ont, en France, été aussi élevés qu’en 2011 : dépenses publiques et transferts représentent aujourd’hui, après trente ans de politique supposée libérale, plus de 56 % du PIB. Compte tenu des déficits et des recettes non fiscales de l’État, les prélèvements publics sont à un niveau inférieur mais tout de même très élevé 46 % du PIB.
Même si d’autres pays ont connu une certaine orientation à la baisse depuis 1995, ils sont très au-dessus du point où ils étaient au milieu du XXe siècle. Si les prélèvements publics n’augmentent plus depuis environ 15 ans dans la plupart des pays industriels, ils n’ont cependant diminué que peu, en dépit des gesticulations néo-libérales des Reagan, Thatcher et autres [4]. Pensons qu’en 1960, ils se situaient en moyenne à environ 15 points de PIB plus bas qu’aujourd’hui : en France, 30 % en 1960, 45 % en 2010.
Or quoi de plus significatif en regard de la vie quotidienne des citoyens que le curseur qui sépare l’économie publique de l’économie privée, soit le taux de dépenses publiques et des transferts ? Comment ne pas voir dans le fait que celles-ci représentent plus de la moitié de la production nationale le signe d’une ingérence toujours plus grande de la puissance publique dans la sphère privée ? Un indice autrement significatif dans la vie quotidienne des citoyens que le niveau des droits de douanes ou des contingents !
Quel singulier paradoxe donc que les 30 dernières années que l’on place sous le signe du libéralisme économique aient vu, en termes de flux, l’économie publique prendre une part sans précédent dans la vie de la plupart des États !
Certains se féliciteront de cette socialisation croissante de l’économie. Pourtant, au-delà d’un certain seuil, les effets pervers se multiplient ; fraudes de toutes sortes (évasion fiscale, travail au noir), pouvoirs disproportionnés entre les mains de la puissance publique - dans certaines villes moyennes, les citoyens n’osent pas s’opposer à la mairie qui est la fois le premier employeur et le premier client de la ville -, et donc menace sur la démocratie, découragement des initiatives, mauvaise régulation et gaspillages. Trop lourds, les prélèvements perdent leur légitimité et minent la démocratie.
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Après les 30 glorieuses Keynésiennes il y a eu les 36 piteuses monétaristes, à cause des dogmes des banksters libéraux de Chicago, qui nous mentent pour s'enrichir sur le dos de ceux qui les croient...
Vous ne comprenez pas que tous les prix Nobel d'économie sont des menteurs, et que tous leurs dogmes sont des mensonges?
Pragmatiquement, il se passe toujours le contraire: inflater les frais financiers à 21% en 1980 a évidemment fait monter les prix à la consommation, multiplier par 5 les frais financiers de 2004 à 2006 a évidemment fait monter les prix, et Alan Greenspan a ainsi volontairement créé la crise 2007-2012, selon une recette éprouvée!
et nous en connaissons l'issue: Elle sera bonne pour les libéraux qui ont su anticiper, et mauvaise pour les passéistes socio-démagogues qui y croient encore, mais de moins en moins ...
Pour la France avant 1960 ,i empire colonial donnant la possibilité d économie fermée. + des emplois administratifs + et +,face à 1 tiers monde tout nu.Ce tiers monde se transforme en BRIC.Gare.Nous sommes entrés dans 1 club de défense.,plus ou moins solide,grace à F Mitterrand. Mais il fallait uniformiser social et fiscal.Et pour la France,cela voulait dire une politique beaucoup plus à droite et une réduction forte du secteur public.Chirac et Sarko n ont pas osé.Jospin a oublié.Alors,toutes vos théories??? F Hollande osera t il détruire le socialisme à la française? Sarko reviendra t il? De toutes façons,si le sauvetage de PSA consiste en 1 nouvelle jupette on va dans le mur.Bonne chance quand même à mon pays,simple région de notre Europe
C'est quand ..qu'on fait tout péter..?
Le libéralisme n'est en aucun cas la loi de la jungle, c'est le règne du droit. Dans la loi de la jungle, vous avez le droit d'employer la force pour aller prendre l'argent des autres. Or il n'y a que le gouvernement qui fasse cela aujourd'hui.
Et il le fait en effet au profit des grands groupes dirigés par les mêmes élites endogènes que celles qui peuplent la haute fonction publique. C'est là du "capitalisme" de connivence ; le terme capitalisme étant d'ailleurs impropre, et l'expression un oxymore, puisque le capitalisme implique la responsabilité individuelle, ce que la connivence abroge.
Le seul vrai rôle de l'Etat devrait être de faire respecter le droit et de garantir la possibilité de concurrence, pas de chercher à se substituer à cette concurrence ou de carrément la supprimer en créant des monopoles et des oligopoles.
Dans la jungle, les animaux ne décident pas ce que c'est d'être fort, et ne mettent pas en place des lois et des morales qui disqualifient les forces qui ne sont pas les leurs. Le libéralisme, c'est profiter d'un avantage comparatif, l'ériger en modèle, et évincer les avantages comparatifs des concurrents pourtant tout aussi légitimes.
mais qui ne peut pas être compris des intégrismes du libéralisme pour qui seule la loi de la jungle prévaut. Adam Smith, que l'on range comme "libéral", voyait beaucoup d'exceptions au libre échange. Et Keynes, au fond, est à 90% libéral, il ne préconise l'intervention de l'Etat qu'en cas de crise.
Sarkozy, élevé dans le moule libéral bon teint, n'est-il pas intervenu directement dans des dossiers industriels, n'a-t-il pas lancé un grand emprunt pour soutenir l'activité ? Le tout sans le moindre "effet d'éviction" (enfin, à ce que l'on peut en savoir aujourd'hui) redouté par les libéraux.
Le vrai libéralisme, c'est celui qui laisse la liberté d'entreprendre, de créer. Pas celui qui laisse la constitution d'oligopoles, de partages du marché, qui favorise le capitalisme financier, la récompense de la rente et non celle du risque. Et la régulation passe par l'Etat, non par la "main invisible". Le reste n'est que dogmatisme.
Ma réaction précédente est mal formulée. Elle traduit l'interrogation que l'on a à la fin de la lecture de l'article. L'auteur nous explique que l'on a une mauvaise perception de la situation. On croit qu'on est en situation d'ultra-lbéralisme alors qu'en fait la sphère publique n'a jamais été aussi importante.
Dans son titre il évoque la destruction d'emplois industriels. Il ne fait pas le lien avec le libéralisme ou le socialisme.
"Certains se féliciteront de cette socialisation croissante de l’économie. Pourtant, au-delà d’un certain seuil, les effets pervers se multiplient ; fraudes de toutes sortes (évasion fiscale, travail au noir)"
L'évasion fiscale n'a rien à voir avec la socialisation de l'économie, puisqu'elle découle directement de la libre-circulation des capitaux.
Et la fraude n'épargnent pas le libéralisme. Le LIBOR, vous connaissez?
Je partage la réaction de "Darley". On reste sur notre faim au bout de l'article.
Le titre est trompeur. Il dit "et si le libéralisme
était le seul moyen d'en finir avec
le libre-échange ?". On a envie d'avoir la réponse de l'auteur. Il serai intéressant, s'il lit ces commentaires qu'il aille plus loin. Sinon cet article est inutile.
lire cet article ne fera de mal à personne
http://www.contrepoints.org/2011/07/16/34643-diagnostic-pauvrete-4-la-liberalisation-de-la-nouvelle-zelande
le sénat a aussi dans ses archives une remarquable étude sur le libéralisme en nelle zélande
enfin je recommande ce lien à tout le monde http://bastiat.org/fr/
J'ai essayé d'être moins virulent qu'hier, mais au final je ne peux que vous suivre.
Le lien de cause à effet suggéré entre ouverture de l'économie et croissance de la dépense publique est tout à fait discutable. On pourrait prendre comme contre-exemple certains des pays ex-communistes où la progression du libre-échange s'est accompagnée d'un recul de la dépense publique. L'épisode Thatcher est un autre contre-exemple significatif. La lâcheté qui consiste à compenser la dureté de la compétition économique par des emplois protégés et souvent inutiles n'est donc pas une fatalité. Par ailleurs, il faudrait que l'auteur précise ce qu'il préconise : une économie plus protégée (droits de douane, réglementations, ...) accompagnée d'un retrait de l'Etat ? Cela semble contradictoire. La vertu du libre-échange est qu'il montre en pratique ce que l'on pouvait savoir en théorie, à savoir que l'intervention de l'Etat est inefficace et injuste dès lors qu'on est dans un univers complexe (= pas une micro-société avec un nombre limité d'individus). La solution est donc moins d'Etat, pas moins d'échanges.
Une remarquable augmentation de densité.
Au hasard : "la tendance naturelle des populations, dont le pouvoir politique se fait l’écho conscient ou inconscient, est de préserver voire de développer une sphère publique échappant aux lois du marché".
Non, ce n'est pas la tendance des populations, c'est la tendance des hommes politiques qui cherchent, comme tout agent économique, à maximiser leur profit. Le problème est que, contrairement aux entrepreneurs, ils le font avec l'argent des autres (théorie du choix public).
Et encore : "La seule relance keynésienne qui tienne encore". Non, M. Hureaux, la relance keynésienne, ça ne tient JAMAIS. Ce n'est jamais que du gaspillage. Comme disait Bastiat, c'est arroser le sol avec l'eau que l'on a récupérée en l'asséchant.