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Derrière les finances catastrophiques de la Justice, le scandale d’une France incapable de garantir la dignité de ses services publics alors qu’elle est la vice-championne du monde des prélèvements obligatoires

36 millions d'euros de factures impayées, 170 millions d'euros de dette : le ministère de la Justice est dans un état catastrophique, comme l'a révélé ce dimanche dans le "JDD" Jean-Jacques Urvoas. Un délabrement qui touche l'ensemble des services publics, et parmi les plus importants, alors que le niveau des dépenses publiques se situe, pour 2015, à 55,8% du PIB.

Mais où va l'argent ?

Publié le - Mis à jour le 8 Avril 2016
Derrière les finances catastrophiques de la Justice, le scandale d’une France incapable de garantir la dignité de ses services publics alors qu’elle est la vice-championne du monde des prélèvements obligatoires

En dépit d'un niveau des dépenses publiques estimé à 55,8% du PIB pour 2015, l'état des services publics français ne cesse de se détériorer, notamment l'armée, la gendarmerie, la police, les médecins dans les hôpitaux... Crédit Reuters

Atlantico : En affirmant ce matin dans le JDD que le ministère de la Justice "n'a plus les moyens de payer ses factures", Jean-Jacques Urvoas relance la question du délabrement des services publics. Comment expliquer ce phénomène de paupérisation de ces services, et notamment parmi les plus importants (on peut penser également à l'armée, la gendarmerie, la police, les médecins dans les hôpitaux, etc.), alors que le niveau des dépenses publiques représente 55,8% (2015) ? 

Jean-Luc Boeuf : Il est nécessaire au préalable de préciser que l'étonnement de l'actuel garde des Sceaux est ... étonnant. Il ne faut pas oublier qu'il occupait au préalable le poste de président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale.

Le président de la Commission des lois est, en principe, au coeur de la production legislative. Si le président de la Commission des lois s'étonne de découvrir l'état des finances publiques, il y a de quoi s'interroger sur le fonctionnement des institutions. C'est-à-dire que, concrètement , le président de la Commission des lois voit normalement passer au préalable le projet de loi de finances de l'État, puis, en cours d'année, son exécution et, après que l'exercice est clôturé, le résultat. Ensuite, le mois d'avril est préalablement la période de début de préparation de l'exercice budgétaire suivant. Dans ces conditions, la prise de parole d'un membre du gouvernement peut être assimilée à une défense et une illustration de son périmètre, face à d'autres ministres qui vont bénéficier d'engagements présidentiels forts, comme à la Défense. Enfin, les élections législatives auront lieu à la fin du printemps 2017, dans la foulée des elections présidentielles. Au regard des indications données par les instituts de sondage, quant à l'impopularité du gouvernement, une telle prise de parole pourrait viser à faire accroitre à l'étonnement du néophyte ministériel.

Quelle est la part de responsabilité du gouvernement de François Hollande dans ce phénomène de paupérisation des services publics ?

Un gouvernement dispose avant tout, avec sa majorité parlementaire, d'un outil impalpable mais absolument nécessaire qu'est celui de la confiance. 
La pauperisation des services publics s'accentue. La difficulté est le decalage flagrant entre la prodution legislative et ce que constate sur le terrain 
entrepreneurs et acteurs de toutes sortes.
Est-ce être populiste que de dire que les lois sont de plus en plus longues, de moins en moins comprehensibles et de plus en plus difficilement applicables ? Le rôle du Parlement doit s adapter. Sur le terrain, le quarteron - c'est-a-dire cet ensemble constitué de l'electeur, de l'usager, du contribuable et du citoyen - demande des mesures pragmatiques. Rénover l'action publique passe par une production législative plus rigoureuse et compréhensible sur le terrain. La révolte du monde agricole est en partie liée à ce désengagement massif de l'Etat dans les territoires alors que, dans le même temps, se multiplient les "comités " et les "annonces" suivies d'un inévitable "plan"...
Il est nécessaire enfin de réhabiliter l'impôt pour tous et d'arrêter de faire croire a la gratuité des services publics, de l'Etat, des collectivités et du service hospitalier.

 
Commentaires

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  • Par tubixray - 04/04/2016 - 08:59 - Signaler un abus c'est LA question

    Ou va notre argent ????? Ecrasés par les taxes et impôts, nos services publics frisent l'indigence, les exemples auxquels nous sommes confrontés aux quotidien sont légion ......La justice est un exemple parmi tant d'autres ...... Il va falloir comprendre que le jour ou les salariés du secteur privé et les artisans ne pourront plus faire vivre les fonctionnaires, les retraités, la sécurité sociale, les agents des "entreprises" d'état, les 1 700 000 salariés des associations; tous les assistés nationaux ou étrangers, ce jour là commencera le chaos ..... L'échéance a été repoussé par les taux d’intérêt plancher mais le moment arrivera ou il faudra payer les pots cassés; alors le "modèle" français s'effondrera comme un château de carte ..... Merci VGE, merci Mitterrand, merci Chirac, merci Hollande = les 4 fossoyeurs de la France.

  • Par saintjulien - 04/04/2016 - 09:12 - Signaler un abus Toujours des raccourcis

    Les fonctionnaires paient des impôts. C'est tout de même incroyable qu'il faille le rappeler. Les dépenses des collectivités locales sont rigides notamment enrayions du poids des dépenses de personnel il,suffit de se rapporter aux rapports des chambres régionales des comptes, peu de collectivités restent le temps de travail légal, l'absentéisme atteint des sommets, l'avancement le plus rapide possible fait partie des pratiques habituelles. Pendant ce temps on réduit les tarifs des hôpitaux publics, on verse des larmes de crocodile sur les jeunes médecins qui en veulent plus exercer à l'hopital mais quand ils le souhaitent on les maintient dans des contrats de six mois renouvelables parce que cela coûte moins cher...

  • Par Djib - 04/04/2016 - 11:10 - Signaler un abus "Plus de moyens"

    C'est le sempiternel refrain repris en choeur par les shootés à la dépense publique. Mais le manque de moyens, s'il est patent dans la justice, n'explique pas tout. Les moyens ne sont d'ailleurs pas forcément corrélés avec l'efficience. Le contre exemple est fourni par l'armée française qui avec peu de moyens et des matériels hors d'âge a pu mener des opérations tactiques et logistiques de grande envergure au Mali. Il faudrait également évoquer le management des greffiers qui ne dépendent pas hiérarchiquement des juges qui les emploient et qui n'en foutent pas lourd, ainsi que les scandaleuses "vacances judiciaires" moins connues que celles de l'éducation nationale mais encore plus aberrantes.

  • Par Yves3531 - 04/04/2016 - 13:39 - Signaler un abus Oui Djib...

    votre exemple de l'armée qui fait beaucoup avec peu de moyens est exemplaire et démonstratif... ils n'ont pas "droit" à FO CGT SUD ... Tout est dit !

  • Par tubixray - 04/04/2016 - 14:03 - Signaler un abus Rappel comptable

    En complément à la juste remarque de Saint Julien qui stipule que les fonctionnaires paient des impôts il faut établir cette réalité comptable: Un fonctionnaire, comme le salarié d'une EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) et comme la plupart des salariés associatifs (financés par des aides publiques) dépendent à 100 % du budget de l'état qui est prélevé sur l'activité des entreprises privés marchandes et des artisans ou professions indépendantes ....

  • Par lasenorita - 04/04/2016 - 17:32 - Signaler un abus Ils ne savent pas compter..

    Les gens ''qui nous gouvernent'' ne savent pas compter: ils dépensent plus qu'ils ne possèdent Certains d'entre eux ont obtenu leur ''poste'' par ''piston''... ainsi Hollande a ''favorisé'' une militante socialiste de Tulle pour l'obtention de son poste de procureur à Montluçon...

  • Par Deudeuche - 04/04/2016 - 17:59 - Signaler un abus Soyons clai,r l'argent va au

    "peuple de gauche". Ses électeurs quoi! Le modèle social(iste) français c'est cela.

  • Par essentimo - 04/04/2016 - 19:24 - Signaler un abus Et en plus

    ils font travailler des gens au noir ! Voyez la justice en particulier !

  • Par fanfoué - 04/04/2016 - 21:28 - Signaler un abus Revenir aux fondamentaux

    Le service public doit redevenir ce pour quoi il a été créé : offrir à tous les citoyens l'égalité pour la justice, l'éducation, la santé, la sécurité et les moyens de communication que sont les routes, les ports, les voies ferrées et les aéroports. Le service public n'a pas pour vocation de fournir des larbins ou des faire-valoir aux innombrables élus, ni de promouvoir les artistes de tout poil, ni de subventionner les clubs sportifs et j'en passe !!! Petit exemple : dans ma commune de 11000 hab (c'est pas immense que je saches) le maire a un directeur général, un directeur de cabinet et 3 chargés de communication; sa profession ? politicien : il est en prime président et vice président de 2 EPCI qui font doublon, conseiller général, pardon départemental (encore une "réforme" aussi onéreuse qu'inutile... la liste est sans fin. Pendant ce temps il y a 3 agents routiers pour entretenir les 85 km de routes communales, chercher l'erreur. Et c'est la même chose partout jusqu'au sommet de l’Élysée.

  • Par kaprate - 04/04/2016 - 22:48 - Signaler un abus système obèse

    Le système de gestion administrée bouffe compulsivement 70% de l'impôt pour ne laisser que des miettes aux opérationnels, ceux qui fournissent vraiment du service aux citoyens. Les hospitaliers, les flics, les militaires, les enseignants, bien que visibles, ne sont pas les mieux lotis! Chaque strate, chaque organisme d'état, chaque commission bidule, chaque chambre, chaque conseil, chaque élu dont la vocation n'est en théorie que de faciliter la bonne marche du Pays, la qualité et la fonctionnalité des services, la vie de la cité, une juste redistribution, la création de richesse... utilisent en réalité l'impôt et la richesse créée pour engraisser, comme autant de parasites adipeux. Un pachyderme administratif. Ce que vous coûte de donner votre impôt n'est qu'une injection de graisse supplémentaire avec une seule bulle d'oxygène qui arrive au cœur et plus rien au cerveau. La Sécu, L'URSSAF, le RSI, les caisses de retraite, Bercy... sont des monstres obèses et tyranniques que nous devons nourrir et nourrir encore et qui, une fois nourris, viennent encore vous faire les poches parce qu'ils n'en ont jamais assez... La société est au bord de l'asphyxie et le système de l'explosion

  • Par zouk - 05/04/2016 - 08:38 - Signaler un abus DIGNITE DE NOS SERVICES PUBLICS

    Pouvez vous citer un seul domainde dans lequel notre Etat (et/ou son Gouvernement) soit seulement respectable? Justice en une ces jours-ci, sécurité, Armées, éducation.....? Ou engagements envers nos partenaires européens?

  • Par zouk - 05/04/2016 - 08:45 - Signaler un abus Impôt pour tous

    C'est le seul moyen efficace de faire ressentir à tout un chacun son devoir de citoyen. Concentrer l'impôt sur moins de la moitié des ménages est un très sûr moyen de développer l'envie , parfois haineuse (n'est-ce pas Monsieur le pantin incapable qui siège à l'Elysée) des ménages exemptés: haro sur les riches! Ils doivent l'être puisqu'ils paient l'impôt.

  • Par Winter - 05/04/2016 - 22:55 - Signaler un abus C'est le seul problème en fait

    Les institutions de la république sont devenues des services publics. Les citoyens sont devenus des clients et la démagogie est maîtresse des lieux. Les ministères sont totalement désorganisés par des idéologues fous, qui n'en ont rien à faire de l'argent des français. Deux exemples emblématiques: la justice et l'EN. Deux ministères qui ont de ambitions folles, des dépenses extravagantes et des résultats extrêmement préoccupants pour l'avenir de notre pays.

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Jean-Luc Boeuf

Jean-Luc Bœuf est directeur général des services de la ville et de la communauté d’agglomération de Quimper. Il vient de publier Un seul lit pour deux rêves, la France et ses régions  et anime le site www.jean-luc-boeuf.fr

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