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La Cour des comptes souligne les failles de la coopération européenne en matière d’armement

L’Europe peut-elle vraiment avoir une force militaire commune ? Dans son dernier rapport, la Cour des comptes semble répondre par la négative. Elle met en avant tous les projets avortés et les trop nombreuses individualités des pays membres de l’Union européenne.

Manquements

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La Cour des comptes souligne les failles de la coopération européenne en matière d’armement

 Crédit PATRICK HERTZOG / AFP

En juin 2017, la Commission Européenne annonçait le déblocage de 5,5 milliards d’euros par an pour « stimuler les capacités de défense européennes » tout en aidant les Etats membres à « dépenser plus efficacement l’argent des contribuables. » Pour cela, l’UE mise sur une meilleure coopération entre les Etats au niveau de l’armement.

Seulement, cette coopération a déjà été demandée lors de précédents projets qui se sont soit soldés par des arrêts définitifs, soit ils ont connu de très nombreux manquements. Et la situation actuelle ne semble pas plaider en faveur d’une amélioration. 

De trop nombreux manquements pour la Cour des comptes 

Le gendarme financier français a publié ce mardi 17 avril son rapport sur « La coopération européenne en matière d’armement » dans lequel il illustre tous les manquements passés.

Ainsi, s’il existe bien une volonté politique d’unir les forces européennes, les intérêts individuels des Etats membres font trop souvent capoter les projets communs.

Dans les chiffres français, cela se traduit souvent par une baisse des objectifs de production. Ainsi, initialement, la France devrait être actuellement en possession de 160 hélicoptères de transports NH90. Ils ne sont en réalité que 101. Seulement, si le partage des coûts a été effectif entre les Etats, ces derniers ont chacun demandé de multiples versions qui ont accentué les retards.

Pour les hélicoptères d’attaque Tigre, la cible initiale était de 201. Là encore, le stock est très largement inférieur puisque seulement 71 ont été produits. Cette fois, la Cour des comptes pointe les manquements de la France dans l’analyse des menaces militaires. Si nos voisins ont choisi une seule version de l’aéronef, la France en a voulait deux ce qui a conduit à une augmentation des coûts mais aussi une réduction de la production. Il faut aussi savoir que cet hélicoptère est très coûteux à entretenir et que moins de 25% sont en état de vol. 

En ce qui concerne les frégates multi-missions FREMM, 27 auraient dû déjà être livrées. Mais la France a réduit ses ambitions à 11 batiments avant d’en vendre 3. Au final, la Cour des comptes ne recense que 8 navires français. Seulement, l’Italie qui participait au projet en commandant seulement 2 navires s’est retrouvée avec un excèdent très important d’équipements français. Ces derniers ont dû être revendus ce qui montre le peu de concertation entre les deux pays. 

Le porte-avions franco-britanique, un fiasco à 214 millions d’euros !

Mais le plus gros échec français est symbolisé par l’abandon en 2008 de la production d’un porte-avions franco-britannique. Dès la conception du projet, la Cour des comptes avait émis de sérieux doute quant à la coopération entre la Franc et le Royaume-Uni. « Calendriers pas harmonisés, options techniques différente, politiques d’achats individuelles… »

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 19/04/2018 - 15:08 - Signaler un abus Quel rapport direct

    Entre les soldats de l’etat-Major du corps Européen de Strasbourg et la non coopération industrielle d’armement ?

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Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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