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Comment la gauche libérale a inventé la "post-vérité"

Le 16 novembre 2016, le dictionnaire de l’université d’Oxford annonçait que "post-vérité" était le mot qui, plus que tout autre, reflète "l’année qui vient de s’écouler". Selon la définition du dictionnaire, on parle de "post-vérité" quand "les faits objectifs ont moins d’influence que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles pour modeler l’opinion publique".

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Comment la gauche libérale a inventé la "post-vérité"

« Post-vérité » : c’est le néologisme que le dictionnaire de l’Université d’Oxford a choisi de nommer mot international de l’année. Cette notion est généralement associée aux affirmations fantaisistes et mensongères de Donald Trump et à ceux qui ont voté pour lui, issus des classes populaires de la société américaine.

Mais, en réalité, la responsabilité de l’ère post-vérité revient aux professionnels des classes moyennes qui ont préparé le terrain à son récent triomphe. Universitaires, journalistes, « créatifs » et traders : tous ont contribué à l’avènement de la « post-vérité » ; même les politiciens de centre-gauche, pourtant durement touchés par le succès du courant anti-factuel.

Le 16 novembre 2016, le dictionnaire de l’université d’Oxford annonçait donc que « post-vérité » était le mot qui, plus que tout autre, reflète « l’année qui vient de s’écouler ». Selon la définition du dictionnaire, on parle de « post-vérité » quand « les faits objectifs ont moins d’influence que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles pour modeler l’opinion publique ».

Les premières occurrences du mot apparaissent dès 1992, mais son utilisation documentée a fait un bond de 2 000 % en 2016 par rapport à 2015. Comme l’explique Casper Grathwohl du dictionnaire de l’université d’Oxford :

« La fréquence d’utilisation du mot a vraiment augmenté en juin 2016 avec le Brexit et puis à nouveau en juillet, quand Donald Trump a obtenu l’investiture présidentielle du Parti républicain. L’utilisation du terme n’ayant montré aucun signe de ralentissement depuis ces événements, je ne serais pas surpris si la post-vérité devenait l’un des mots définissant le mieux notre époque. »

Toute expertise de « l’ère post-vérité » est accompagnée d’une image de Donald Trump (voir par exemple, sur BBC News Online ou dans le Guardian) ou encore d’une photo de ses partisans (The Spectator). Les commentaires sur la notion de post-vérité vont souvent dans le même sens : ce serait un pur produit du populisme, le fruit de l’union entre des charlatans bas étage et une populace prête à s’enflammer. Enfin, la « post-vérité » est coupable de mépriser l’actualité.

La vérité sur la post-vérité

Mais cette interprétation est coupable de mépriser les véritables origines de la « post-vérité », qui ne vient ni de ceux que les médias jugent sous-éduqués ni de leurs nouveaux champions. Au contraire, le renversement des valeurs qui a abouti à fustiger l’objectivité est le fait des universitaires, aidés par une foule de professionnels des classes moyennes. Libéraux avoués, le cœur à gauche, ils ont cherché à se libérer de la vérité professée par l’État. À la place, ils ont construit une nouvelle forme de fermeture d’esprit – « la post-vérité ».

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 08/12/2016 - 15:01 - Signaler un abus Cette notion a aussi une base scientifique

    La théorie du chaos en est la réelle créatrice. Cette théorie, illustrée brillamment pas le fameux battement d’aile d’un papillon qui va provoquer un ouragan à des milliers de kilomètres. Il s’agit en fait de systèmes où un petit changement « insignifiant » peut aboutir à des conséquences dont l’amplitude peut être dramatique. On le voit par exemple dans les urgences médicales où un petit paramètre ignoré ou trop amplifié dans l’analyse précipitée peut entrainer une issue dramatiquement différente. Tout dépend du temps disponible car la théorie du chaos n’est qu’apparence. Sur une longue période d’étude le chaos est bien moindre. L’orbite de la planète Mercure autour du soleil est chaotique sur quelques années d’observation mais sur une longue période elle l’est beaucoup moins. J’ai eu une urgence medicale un jour où l’incident entrainait la mort du patient s’il n’était pas résolu en quelques minutes. J’ai demandé en même temps 2 plateaux d’intervention. Celui qui me plaisait le moins s’est présenté en premier et je l’ai donc utilisé plutôt que d’attendre. Et le patient se porte bien.

  • Par adroitetoutemaintenant - 08/12/2016 - 15:02 - Signaler un abus suite

    Le problème en politique est l’introduction de pseudo-urgences pour justifier de mauvaises décisions. Clinton était un violeur et donc un manipulateur né. Obama a pu mentir sur lui-même et s’en sortir donc il continue. La gauche criminelle fait la même chose ainsi que l’islam qui se justifient après coup par le fait d’être justement punis.

  • Par Anouman - 08/12/2016 - 16:45 - Signaler un abus Post-vérité

    Intéressant article. Mais je crois que la prochaine étape va être de se pencher sur la post-mystification qui me parait prendre le pas sur tout le reste, en politique ou dans les médias. Je laisse les chercheurs y réfléchir, moi ça me fatigue et il me suffit de savoir qu'on nous prend vraiment pour des billes.

  • Par Lafayette 68 - 08/12/2016 - 16:50 - Signaler un abus ça suffit

    comme le dit Anouman on nous prend pour des buses et le décalage entre ces pseudo- intellectuels et les réalistes va s'accentuer

  • Par tubixray - 08/12/2016 - 17:16 - Signaler un abus J'avais cru que ....

    ... cet article concernait le traitement de l'information par nos médias aux ordres de la gauche sociétale .....

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 08/12/2016 - 19:28 - Signaler un abus Création d'un nouveau mot pour nommer un vieux concept........

    Quel interêt d'appeler "post vérité" ce que l'on a toujours appelé une interprétation subjective...des faits...Que de temps perdu en bavardage stérile !

  • Par vangog - 08/12/2016 - 21:55 - Signaler un abus Manipulation de masse? Pervers narcissiques...

    à la Clinton, Blair, Obama, Flamby? Cela a toujours existé, et de tout temps! Déjà les premiers empereurs romains voyaient la religion chrétienne comme un concurrent direct de leur pouvoir sans partage, et tentaient de les diaboliser ( tiens, tiens!...) en manipulant le peuple, grâce. Leur seul moyen de communication de l'époque: les jeux du cirque, dont les chrétiens devenaient victimes expiatoires de la crainte provoquée. Les idéologues socialistes et nationo-socialistes ont été les plus grand manipulateurs du siècle dernier... Trotsky a théorisé la manipulation de masse par l'entrisme, et la justification de cette manipulation de masse par un idéologique "la fin justifie les moyens!". La théorie trotskyste trouve son prolongement dans l'école francaise actuelle, moyen le plus facile pour les gauchistes de trafiquer l'histoire et la pensée...et ceux qui croient que "la mondialisation justifie tous les moyens, tous les mensonges, toutes les manipulations..." doivent craindre la colère des peuples, qui n'a jamais laissé une oligarchie la manipuler bien longtemps...après la manipulation vient toujours la révolte, prémice à la Liberté!

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Andrew Calcutt

Andrew Calcutt est principal Lecturer in Journalism, Humanities and Creative Industries, University of East London

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