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Comment le commerce extérieur est devenu le boulet de l'économie française

Depuis des décennies la France est en délicatesse avec son commerce extérieur. Mais depuis les dernières années de l'ère Hollande, la situation est critique et même crépusculaire.

Situation grave

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Comment le commerce extérieur est devenu le boulet de l'économie française

Pour l'année 2017, la France va afficher un solde déficitaire de 63 milliards pour son commerce extérieur. Du jamais vu et objectivement un chiffre plus que préoccupant. Dans l'absolu ou en comparaison avec les – 47 mds de 2016.

Le commerce extérieur est devenu le boulet de nos grands agrégats économiques dans une certaine indifférence politique. Qui ne se souvient des discours lénifiants de la ministre Nicole Bricq ?

Qui ne se souvient des affirmations péremptoires d'un certain Louis Gallois que les faits ont, une fois de plus, démentis ?

Le commerce extérieur dynamique suppose de vendre et si possible à des clients solvables. Or, la France est en mal de compétitivité hors-prix et d'effet de gamme.  

Comme l'a dit un analyste lucide : " on fabrique au mieux de la qualité espagnole pour tenter de la vendre à des prix allemands ". Cela ne peut fonctionner longtemps. Et cela pèse lourd dans la balance car il faudra des années pour redresser une situation où notre rapport qualité/prix n'est pas dans la course sauf dans le luxe et l'aéronautique (aviation d'affaire, aviation commerciale ).

De surcroît, il ne faut pas nier que notre score d'impayés partiels est un handicap que la Coface et BpiFrance ont à supporter.

La France de l'agro-alimentaire, celle de l'industrie manufacturière, etc est en souffrance quasi-chronique.

Ainsi, il est important de noter que malgré l'embellie conjoncturelle que connait l'Europe – et la France dans une moindre mesure : voir les taux de croissance comparés -, notre propension à importer ne cesse de s'accroître. En clair, pour fabriquer en France, on importe de plus en plus d'intrants ou de composants incontournables.

Concrètement, cela signifie qu'en phase de reprise un effet de ciseaux apparait : alors que nous devrions proportionnellement vendre plus, c'est une demande accrue de produits importés qui vient accompagner notre consommation nationale.

Incise fiscale non négligeable : cela veut dire que la TVA sociale qui aurait concerné " aussi " les biens et services importés aurait été un instrument plus pertinent qu'une hausse de la CSG…

Sur 63 milliards de déficit, il faut acter un déficit de 31 milliards avec la Chine ce qui est un défi majeur que l'Etat a désormais bien compris. Parallèlement, il faut prendre acte d'un déficit de près de 15 milliards avec l'Allemagne qui sera fort ardu à juguler même de quelques milliards.

La France du temps des accords du GATT résistait encore : celle de l'ère dominante de l'OMC chère à Pascal Lamy (qui a manifestement omis la volatilité des facteurs de production dans ses raisonnements ) ne nous est pas favorable. Les chiffres en attestent hors toute polémique.

En conséquence, l'orientation de l'appareil de production vers des marchés solvables et la préservation de nos capacités productives ( voir le nombre croissant de fusions-acquisitions concernant des entités françaises ) forment un tandem offensif qu'il faut activer.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 11/01/2018 - 10:35 - Signaler un abus Le résultat de quarante années de gauchisme!

    Quarante ans que les Français choisissent les mêmes médiocres, consanguins et incapables d’avoir une vision futuriste pour la France! Quarante ans que les Français choisissent des loosers, formatés par l’ENA, Science pipo, ou HEC, écoles infiltrées par le gauchisme le plus réactionnaire, le plus consanguin...le résultat était attendu, non? Vous espériez quoi?...ah, un pronostic: le chômage macroniste va s’aggraver, lui-aussi! Ça paraît logique, non?...

  • Par Alain Proviste - 11/01/2018 - 11:13 - Signaler un abus Les mauvais résultats de mauvaises politiques

    Le mal est profond : hostilité sous-jacente à l'entreprise, haine des "patrons", complaisance inépuisable envers tous ceux qui vivent sur la bête, fiscalité punitive, peut-être aussi absence de vraie vision de certains dirigeants. On n'est pas un peuple très commerçant, il suffit de voir comme on a souvent l'impression de déranger quand on se rend dans un restaurant ou un commerce à Paris ou la difficulté à se faire servir à déjeuner à 14H30 au mois d'août en province même en zone touristique. Ça commence à faire beaucoup et il est bien difficile de maintenir une industrie compétitive à part dans quelques secteurs d'excellence. Il est difficile de faire passer des mesures pro-business dans ce contexte, alors quand en plus on a des politiques incompétents et nocifs...

  • Par wwmat - 11/01/2018 - 11:33 - Signaler un abus Que dire de plus...

    On entend plus "l'audacieux" vanter son quinquennat" minable et lamentable. Le dogme de "la justice sociale" vu par les socialos aura mis le coup de grâce à notre industrie. La TVA était la seule et unique voie à suivre. Quand est-ce que c'est bon à rien qui nous ont dirigé seront ils présenté à un tribunal populaire pour haute trahison.

  • Par vangog - 11/01/2018 - 13:18 - Signaler un abus @Alain Proviste Si, les Français sont un « peuple Commercant »!

    Si ce peuple (Ooooooh, populiste!) n’avait pas été jugulé par une technostructure, des syndicats et des associations neo-marxistes (chacun pour ses intérêts propres), nous serions parmi les meilleurs plutôt que de nous traîner au milieu des derniers...plutôt que se polariser sur les lois societalistes, qui n’ont satisfait que le petit orgueil de quelques minorités archéo-féministes ou LGBT, il fallait se battre sur le front du patriotisme économique, offrir aux entreprises françaises un cadre libéré des contraintes europeistes et des taxes socialistes afin de favoriser leur épanouissement de PME à moyennes entreprises. Les gauchistes ont fait l’inverse, préférant favoriser la grande finance internationale et les grands groupes multi-nationaux, les regroupements et les fusacqs. Pour récompenser les gauchistes de leur fiasco, les Français ont d’ailleurs élu un spécialiste de fusacqs, histoire d’aller plus loin encore dans le classement...un peuple « commerçant et masochiste »!

  • Par ajm - 11/01/2018 - 15:02 - Signaler un abus Pas si simple.

    Avant de faire des commentaires dans tous les sens, il conviendrait de faire un très, très bref rappel de la situation du commerce international sous l'angle de l'article, à savoir les équilibres des balances commerciales et , accessoirement, ceux des balances des paiements courants qui ajoute les soldes de services, du négoce et d'autres facteurs comme les transferts des travailleurs .

  • Par ajm - 11/01/2018 - 15:17 - Signaler un abus Les deux extrêmes.

    En gros, il y a dans le monde les pays qui tirent la consommation du monde en acceptant des déficits importants dans leurs échanges de biens et, à l'opposé, les économies "mercantiles" dont la structure et l'organisation sont construites vers l'export et l' autosuffisance. Dans la première catégorie on trouve les pays anglo-saxons, USA en premier, dans une moindre mesure la France, dans la deuxième principalement la Chine et l'Allemagne. Entre les deux on trouve des pays comme l'Italie par exemple.. S'agissant des USA, son déficit de balance commerciale est d'environ 4% du PIB ( 800 milliards de USD à peu près ) . D'une certaine façon les USA sont un peu le pays consommateur en dernier ressort qui pousse la croissance mondiale et qui est en même temps le payeur en dernier ressort car émetteur de la principale monnaie de règlement des échanges internationaux.

  • Par Deudeuche - 11/01/2018 - 15:20 - Signaler un abus @ajm

    Yep!

  • Par ajm - 11/01/2018 - 15:28 - Signaler un abus Exemple des USA.

    Du coup, ramener tout à une question de compétitivité ou de facteurs monétaires est très simpliste. On ne peut pas dire que les USA ou la GB soient des nations de gaucho branleurs. Les USA, pays des fameux GAFA , des nouvelles technologies, des start-up et des universités pourvoyeuses de la plupart des prix Nobel ne peuvent être considérés comme des "has been" en déclin ou alors il faut revoir tous nos schémas d'analyse et de pensée.

  • Par ajm - 11/01/2018 - 15:39 - Signaler un abus Rôle des facteurs monétaires

    S'agissant du rôle des monnaies sur l'évolution des balances de commerce extérieur, sujet par exemple de l'Euro, il faut avoir à l'esprit que les pays "consommateurs " comme les USA ont leurs propres monnaies et que l'Allemagne avant l'Euro avec son DM, en réévaluation permanente, accumulait déjà des excédents commerciaux considérables.

  • Par 2bout - 11/01/2018 - 16:14 - Signaler un abus OK ajm, sauf que …

    face à l'ampleur du déficit du commerce extérieur, on doit rappeler l'évidente corrélation qui existe entre emploi et production de biens. Moi-même qui fabrique du composant électronique, j'arrive à exporter depuis 15 ans 80% de ma production malheureusement justement parce qu'il n'y a plus d'acheteurs en France susceptibles de faire l'acquisition de mes produits (sinon, cela réduirait d'autant la part de production à l'export). Alors OK ajm, le déficit commercial n'est pas en soi le plus important, mais il sert de thermomètre.

  • Par moneo - 11/01/2018 - 18:00 - Signaler un abus on prend aussi les consommateurs pour des cons

    Dans toutes les activités ou presque on a vu rechercher une sortie par le haut ;En soi c'est bien..mais quand cette sortie par le haut n'est que du marketing habillé de narcissisme national , on a des produits trop chers pour ce qu'ils sont et peu importe si les produits sont qualifié du terroir , ou Zone protégées ou de toute autre appellation qualificative n'apportant finalement rien aux consommateurs sauf à les diriger vers des produits t importés les français sont inventifs ,débrouillards mais avec un Etat qui se mêle de tout et complique encore tout quand il déclare simplifier ( Macron et sa reforme fiscale) ,plus un socialisme forcené allant toujours plus dans l'égalitarisme et du refus de la responsabilité individuelle comment voulez vous vendre plus et importer moins. les biens de base ne peuvent se permettre les lois sociales françaises et les biens technologique nouveaux ,face au code du travail, et ses obligations foisonnantes et changeantes préfèrent s'exiler ou se v vendre. Tant que l'expression sera qu'est ce que l'Etat fait pour nous et que nous aurons les syndicats représentatifs de 45 inutile d'attendre des changements

  • Par patafanari - 11/01/2018 - 18:17 - Signaler un abus Exportons nos fonctionnaires

    Et les canapés qui vont avec.

  • Par kelenborn - 11/01/2018 - 20:17 - Signaler un abus Tout à fait AJM

    Vous avez raison: l'excédent allemand de 250 MM (3 millions d'emplois: 250MM divisé par 90 000 qui est le coût salarial moyen augmenté des profits ) génère un euro fort qui masque la baisse du niveau de vie ! Mais 3 millions d'emplois en ...Allemagne auxquels ils faut ajouter les rares pays européens ayant un excédent avec l'Allemagne: Pologne, Tchéquie, Hongrie , Slovaquie) Cela ne va pas durer car les salaires augmentent dans le Lebensraum allemand en même temps que l'avantage structurel de l'Allemagne ( die deutsche qualität) va progressivement disparaitre face à l'Inde et la Chine! Et pendant ce temps les écolos et le principe de précaution massacrent ce qui reste de l'économie!

  • Par ajm - 11/01/2018 - 22:40 - Signaler un abus Sujet enorme

    C'est un sujet énorme et j'ai du mal sur mon smartphone à ecrire correctement suffisamment longtemps avant que mon message soit effacé.

  • Par lima59 - 11/01/2018 - 23:25 - Signaler un abus Industrie

    Des millions d'emplois ont été détruit en France, dans l'industrie. L'Europe assure une compétition extrême au niveaux fiscal,impôt etc. entre pays. Le FMI a déclaré que la monnaie euro donnait un avantage de 21% à l'allemagne par apport la France.

  • Par ajm - 12/01/2018 - 00:01 - Signaler un abus L'Euro.

    Même sans l'Euro l'Allemagne aurait des excédents commerciaux comme elle en avait avant 2000.

  • Par Ganesha - 12/01/2018 - 10:11 - Signaler un abus Très impressionné

    Très impressionné par l'énergie investie par l'intervenant qui a publié six commentaires, pour nous dire : ''le capitalisme libéral est une putain de saloperie, mais il présente tout de même des aspects positifs !''. Un exemple ? Le revenu des retraités aisés d'Atlantico a pas mal baissé ces dernières années, mais pour l'instant, cela reste encore ''supportable'' !

  • Par vangog - 12/01/2018 - 18:44 - Signaler un abus Diplomatie économique, oui!

    Ça va avec l’offre de patriotisme économique du Front National. On se demande comment cela n’a pas encore été réalisé en quarante ans!!!!! Ils attendent quoi, ces brêles?...

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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