Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 27 Mai 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les bourses chutent, les banques s'effondrent. Et tout le monde s’énerve contre les banques centrales.

Les valeurs bancaires accusent une lourde dégringolade ; susceptible d'inquiéter de nombreux acteurs économique. En France, les trois grandes banques ont perdu le tiers de leur valeur boursière... Les banques s'effondrent et la croissance ne repart pas. Atone en Europe, fragile partout ailleurs.

L'édito de Jean-Marc Sylvestre

Publié le
Les bourses chutent, les banques s'effondrent. Et tout le monde s’énerve contre les banques centrales.

La tempête a encore soufflé sur toutes les bourses mondiales et les banques ont commencé à craquer.

Depuis le début de l'année, les milieux financiers étaient inquiets. Depuis le début de la semaine, ils commencent à paniquer.

En un mois et demi, toutes les places financières sont en chute. A Paris, le CAC a perdu plus de 12%. La plupart des marchés financiers en Europe ont cédé de 10 à 20%.

Mais ce qui commence à paniquer tout le monde, c’est la dégringolade des valeurs bancaires. A Paris, les trois grandes banques, la BNP Paribas, La Société Générale, et le Crédit Agricole ont perdu près du tiers de leur valeur boursière. Entre 25% et 30%.

Si on prend l’ensemble des marchés financiers européens, on s’aperçoit que ce sont les valeurs bancaires qui entraînent l'ensemble de la cote à la baisse. En France, en Allemagne, en Italie, en Grande Bretagne.

La conjoncture globale est évidemment à nouveau très inquiétante. La croissance se tasse un peu partout dans le monde compte tenu des incertitudes énormes sur l’activité, la chute du prix du pétrole, et le ralentissement des émergents notamment la Chine.

Les banques, qui avaient pourtant amélioré leurs fondamentaux depuis 2008, qui sont l'objet d’un contrôle renforcé, qui ont des capitalisations importantes et des liquidités surabondantes, réagissent très mal à la fébrilité des marchés, les banques anticipent et craignent l'impact de la baisse d'activité.

En fait, ce qui plombe les banques aujourd'hui c’est la persistance des taux zéro ou négatifs.

Les banques gagnent leur vie sur le crédit, à condition de faire payer le crédit. Crédit aux particuliers, à l'immobilier et aux entreprises. Aujourd'hui, l'argent est gratuit et les demandeurs ne se bousculent pas au portillon.

La seule possibilité qu’elles ont de faire marcher leur commerce c’est de prêter de l’argent à long terme. Et les seuls emprunteurs à long terme, ce sont les Etats qui sont, déjà pour la plupart, surendettés. Du moins en Europe.

Ce qui est paradoxal c’est que les banques centrales n'ont jamais diffusé autant de liquidités, mais ces liquidités sont virtuelles. Elles sortent de la banque centrale en contrepartie de rachat de créances, et elles reviennent à la banque centrale en dépôt faute de circuler dans l'économie réelle. La boucle est bouclée et la banque n’a rien fait sauf à souscrire aux émissions d’emprunts d’État.

Dans ce jeu là, l'économie réelle qui ne demande rien n'a pas, non plus intérêt, à le faire. Avec des taux à zéro, il n’y a aucun risque, mais il n’y a aucun profit a espérer. Donc il n’y a pas de demande.

La crise pétrolière commence sérieusement à peser sur les anticipations d'activité. Entre Janvier 2014 et janvier 2016, le prix du pétrole est tombé de 110 dollars a 33 dollars le baril.

Pour les économies très dépendantes du pétrole, ce choc à la baisse a représenté une aubaine de compétitivité.

Seulement, le contrecoup de cette baisse de prix commence à se ressentir. Toute l’industrie pétrolière est mal en point.  Elle est obligée de fermer des puits, et de baisser les cadences de raffinage. Les banques européennes qui ont beaucoup financé les investissements pétroliers s’inquiètent d'un retour de bâton inéluctable.

Plus grave encore, la baisse des prix du pétrole a diminué les ressources des pays pétroliers. Sans ressources, les pétrodollars se sont fait plus rares. Or une partie du business des banques occidentales était alimentée par le recyclage des pétrodollars.

Enfin, c’est l'énorme déception pour le monde de la finance internationale, les banques centrales américaines, japonaise et européenne qui ont tout fait pour éviter que les économies ne retombent dans la crise, ont quasiment échoué. Elles ont déversé des tombereaux de liquidités, elles ont fait tomber les taux d'intérêt plus bas que terre.

La croissance n'est pas revenue. L’emploi est reparti, le chômage a reculé dans les économies un peu flexibles, mais la croissance est très fragile. En Europe elle est aphone.

Autre déception, l'inflation n’est pas revenue. L'ingrédient miracle pour laminer les endettements et faire repartir les machines n’a pas opéré.

Enfin, la générosité des banques centrales et la frilosité des gouvernements ont fait que la plupart des économies qui étaient mal gérées sont restées mal gérées. Pas de réformes de l'État. Des dépenses. Puisque l'argent ne coûte rien.

Avec un tel constat, les critiques contre les banques centrales s'accumulent parce qu’on sent bien qu’elles n'ont plus aucune possibilité de soutenir ou de relancer les machines.

En 2009, on a matché des politiques de relance budgétaire d’où la dette publique et des politiques monétaires d’où l'afflux de liquidités et des taux bas. Aujourd'hui on ne peut plus rien faire.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par jybro - 10/02/2016 - 10:54 - Signaler un abus multiplicateur de l'Invt. et multiplicateur du credit

    Ces deux variables sont au point mort. l'un parceque la demande solvable en biens manufacturiers,d'equipement,de consommation est atone. L'autre parceque les banques montent un scénario catastrophe pour obtenir de la BCE en MARS AVRIL des mesures renforçées par rapport à celles deja existantes. Si les marchés chutent ,LA RAISON UNIQUE SE TROUVE DANS LES VENTES MASSIVES DE TITRES DES PAYS OPAEP afin de compenser les pertes abyssales résultants de la chute du Brent et du léger. SCENARIO PEUR BANQUES= SCENARIO PEUR M.VALLS......MEME GOUVT PAR LA PEUR.

  • Par zouk - 10/02/2016 - 11:06 - Signaler un abus Peur panique sur les banques

    Le cours de Bourse ne traduit nullement la situation réelle des banques, mais seulement la peur de l'inconnu devant la chute du pétrole qui devrait être une bonne nouvelle: coûts de l'énergie réduits pour les entreprises et le ménages, mais l'Etat envisage déjà d'en confisquer le bénéfice, d'où l'aggravation probable de la confiance: fiscalité accrue et aucun bénéfice pour les consommateurs, privés et entreprises.

  • Par brennec - 10/02/2016 - 13:03 - Signaler un abus Economie potagère.

    Les opérateurs qui n'avaient rien a cirer de l'économie dite réelle et qui faisaient monter les cours a chaque mauvaise nouvelle, se feraient maintenant peur? Tout ça parceque le pétrole baisse? Les banques centrales n'ont qu'a distribuer leurs billets de monopoly pour que les banques achètent des action et des obligations, tout le monde sera content. Ceci dit avec la nouvelle économie sans cash, lorsque les banques tomberont on retrouvera la famine, plus d'échange possible... achetez un potager ça peut vous sauver la vie et rapporter gros!

  • Par vangog - 11/02/2016 - 01:02 - Signaler un abus Grâce aux QE des banques centrales..

    des fonds comme Blackrock ( Soros, Rothschild..) ont multiplié par dix leurs avoirs en quelques années, passant de 400 milliards à 4600 milliards de dollars...et, pendant que la finance internationale fait du lard, les classes moyennes et populaires sont laminées, en UE et aux USA. Rendons le pouvoir au peuples, en l'otant des mains crochues de ces banquiers avides, avant qu'il ne soit trop tard!

  • Par Gordion - 11/02/2016 - 08:51 - Signaler un abus @jybro@zouk

    Vrai au niveau mondial, vrai pour les conséquences en France. Comment refaire partir la croissance mondiale? Par la géopolitique de la guerre. Ce ne sont pas les motifs de conflits qui manquent au M-O, en Asie, en Afrique.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaine BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€