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"L’auberge espagnole" des candidatures La République en Marche pourrait-elle conduire à une législature agitée ?

Il parait que les Espagnols, pour souligner le caractère hétérogène de la composition du gouvernement Macron-Philippe le qualifient de « gouvernement paëlla ». S’agissant des candidatures de La République En Marche, on devrait plutôt parler « d’auberge espagnole », chacun y étant entré avec sa propre sensibilité politique. Le risque est alors de voir la composition et la structure du futur groupe à l’Assemblée Nationale affecter le vote des textes, accroissant ainsi l’incertitude pour l’exécutif et conduire - et c’est là la plus grande menace- à une législature agitée.

Paëlla

Publié le
"L’auberge espagnole" des candidatures La République en Marche pourrait-elle conduire à une législature agitée ?

Le positionnement idéologique du mouvement La République en Marche (LREM) « ni à droite, ni à gauche » et « à gauche et à droite », a abouti au rassemblement d’une mosaïque de candidats aux législatives dont beaucoup d’entre eux n’ont vraisemblablement pas renié leur sensibilité politique profonde

Dès la liste définitive des candidatures LREM connue, et alors qu’on nous annonçait sans plus de détails que 52% des candidatures étaient issues de la société civile, deux types de recensions ont tenté d’y voir plus clair quant à la structure des disparités des candidatures. 

Le premier type d’inventaire a insisté sur l’origine civile et professionnelle des candidats (Etude Libération du 19 mai 20171).

Le second s’est focalisé sur l’origine politique des candidats, selon leurs mandats électifs présents ou passés, locaux ou nationaux, voire leurs fonctions éventuelles (passées ou non) de directeurs de cabinet ou de conseillers (Etude de Laurent De Boissieu).

Etude de la « sensibilité politique » de 506 candidats LREM métropolitains

Pour notre part, nous avons choisi de nous pencher sur la caractéristique plus transversale de « sensibilité politique ». Elle a pour avantage de recouper l’obédience affichée par les élus (ou ex-élus) et par les purs « politiques », mais aussi de chercher à percer, le cas échéant, le positionnement des personnalités plus ou moins connues du contingent « société civile ».

Pour établir une telle radiographie des 506 candidats LREM de la métropole, nous avons d’abord recensé ceux qui avaient déjà exercé un mandat électif (local ou national) ou ceux qui avaient assisté ou conseillé des élus au sein d’un cabinet ou d’une équipe. S’agissant des profils « société civile », souvent présentés comme étant plutôt « apolitiques », nous avons passé au « peigne fin » les interviews ou les commentaires publiés dans les médias locaux ou nationaux, mais aussi tout document permettant de révéler une sensibilité politique réelle et assumée.

A priori 53% de purs « politiques » contre 47% de candidats issus de la société civile

Ainsi, nous avons pu ainsi établir que les purs « politiques » représentaient a priori 53% des candidats (268 sur 506)2 LREM en métropole, contre 47% (238 candidats) issus pour la plupart de la société civile (voir Graphique 1).

En réalité, seulement 33,2% sont issus de la société civile « apolitique » contre 66,8% de politiques « au sens large »

Cependant, lorsque l’on regarde au plus près des profils on s’aperçoit que la société civile ne renferme pas que de « purs apolitiques » car il y a aussi des candidats qui ont révélé avoir une « sensibilité politique ». On a ainsi recensé 13,8% (70 candidats) qui ont avoué une sensibilité politique marquée3, il faut donc les compter parmi les politiques « au sens large». Ce rattachement modifie la vision globale, pour donner un rapport en faveur des politiques « au sens large » qui représentent finalement 66,8% (338 candidats) contre 33,2% pour les candidats issus de la société civile « apolitique » (voir Graphique 2), ce qui est assez éloigné des 52% annoncés de candidats présumés « détachés » de considérations partisanes. 

 
Commentaires

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  • Par Deneziere - 01/06/2017 - 08:37 - Signaler un abus En marche ? Un parti godillot !

    Humour facile mis à part,je ne crois pas trop au carte les contres. Les enmarcheurs ont signé un document dans lequel ils prêtent allégeance au télé-évangéliste qui leur sert de président. Et là, on voit mal les 47% issus de la vie civile, se mettre à ruer dans les brancards et faire les frondeurs. Ils ne connaissent rien à l'assemblée nationale, et vont obéir bien gentiment, comme le font toujours les nouveaux députés. Quant aux 53% de politiciens, un bon nombre d'entre eux est là pour la soupe et aura la reconnaissance du ventre.

  • Par Ex abrupto - 01/06/2017 - 16:21 - Signaler un abus Il faudra faire la même étude

    dans 3 semaines , sur ceux qui auront été effectivement élus; Et à partir de là on pourra envisager une politique systématique de débauchage..:-)

  • Par jurgio - 01/06/2017 - 17:04 - Signaler un abus Pour le moment, qu'a-t-on au menu (sans jeu de mots) ?

    Rien, sinon la macédoine de Philippe (jeu de mots facile)

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Véronique Jérôme

Véronique Jérôme est maître de conférences en sciences de gestion à l'Université de Paris-Sud Saclay, Docteur HDR en sciences économiques de l'Université Paris-I, lauréate de la Bourse Louis Forest de la chancellerie des Universités de Paris et chercheuse associée au Largepa de Paris II. 

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Bruno Jérôme

Bruno Jérôme est économiste, maître de conférences à Paris II Panthéon-Assas.

Il est le co-fondateur du site de prévisions et d'analyses politico-économiques Electionscope.

Son dernier ouvrage, La victoire électorale ne se décrète pas!, est paru en janvier 2017 chez Economica. 

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