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Andrew Jackson, le président américain dont l'histoire indique comment pourrait finir la présidence Trump

Dans son bureau de la Maison Blanche, Donald Trump s'est placé sous le regard d'Andrew Jackson, atypique président populiste dont il espère s'inspirer. Mais c'est peut être un héritage impossible pour le nouveau président des Etats-Unis...

Déjà vu

Publié le - Mis à jour le 17 Février 2017
Andrew Jackson, le président américain dont l'histoire indique comment pourrait finir la présidence Trump

En Histoire des idées politiques il convient de ne pas confondre l'héritage, la succession et la tradition avec ce qui s'avère trop souvent relever de la récupération opportuniste, de la référence obligée, voire de la reconstitution tantôt sincèrement paranoïaque, tantôt franchement déloyale. Mais il est aussi des filiations politiques qui savent s'imposer assez immédiatement à l'esprit, en particulier quand celles-ci sont explicitement revendiquées alors mêmes qu'elles seraient loin de participer d'un consensus mythologique national.

Elles s'incarnent dans des gestes, des discours mais plus volontiers encore dans des images. Ici il est question d'une double image ou plutôt d'une mise en abîme d'une image : celle du Président Jackson et celle du Président Trump devant celle du président Jackson.

La décision de Donald Trump, nouvellement investi à la magistrature présidentielle, d'honorer le célèbre Bureau ovale de l'effigie d'Andrew Jackson, alors même que celle-ci disparaissait précisément des billets de vingt dollars l'année même de son élection au profit d'Harriet Tubman (surnommée la Moïse noire), héroïne de la cause anti-esclavagiste, ne pouvait que valider l'image que le candidat devenu président s'était efforcé de donner de lui même ces derniers mois : le champion de dérapages politiquement incorrects savamment exécutés en direction d'une Amérique blanche tout à la fois inquiète, humiliée et revancharde. Lors d'un discours tenu en l'honneur du Vice-président Pence, le président s’enorgueillit de ce que ses supporters lui confiaient : "there hasn't been anything like this since Andrew Jackson" ; il semblerait par ailleurs que le quarante-cinquième président des États-Unis ait plusieurs fois exprimé – dans des cercles plus ou moins larges – sa grande admiration pour son prédécesseur.
On attendra tout de même un peu, pour un homme qui fut essentiellement versé dans les affaires immobilières, la télé-réalité et l'utilisation intempestives des réseaux sociaux, l'expression d'une véritable doctrine politique et constitutionnelle, dût-elle demeurer à l'état de pratique ; mais sa volonté – ou la volonté de ceux qui le conseillent – d'inscrire son mandat sous le regard d'Andrew Jackson est évidente.
 

Andrew Jackson au Bureau ovale

Le septième président des États-Unis passe pour une figure essentielle – en tout cas fondatrice - du populisme américain ; une sensibilité politique, sinon un courant de pensée, assez marginale dans une culture politique et juridique profondément libérale qui vénère sa propre constitution, qui n'appréhende pas les inégalités sociales comme illégitimes a priori et dans laquelle l'essentiel du marché des idées est absorbé - et en quelque sorte digéré - par les deux grands partis, eux-mêmes contrôlés par une élite économique et culturelle formée dans les grandes universités de l'Ivy League. Le People's Party, issu des ligues agrariennes de la fin du XIXe siècle, et plus proche de nous le Tea Party, marquèrent sans doute la vie politique américaine ; mais enfin ils sont restés, en dépit de leurs succès, des mouvements de protestation. Andrew Jackson, lui, exerça le pouvoir, le temps de deux mandats, entre 1829 et 1837.

 
Commentaires

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  • Par Olivier K. - 14/02/2017 - 09:48 - Signaler un abus Super

    Article!

  • Par Mkutch - 14/02/2017 - 10:20 - Signaler un abus Assez!

    Assez d'analyses, prévisions, pendules et autres tarots de "spécialistes" qui n'intéressent qu'eux-mêmes. Cela finit par ressembler à de la masturbation et, il parait, que cela rend sourd et, plus probablement...aveugle.

  • Par arcole 34 - 14/02/2017 - 10:42 - Signaler un abus UN ISOLATIONNISME AMERICAIN

    Qui avait date jusqu'à l'arrivée de Richard Nixon, cet isolationnisme était inspiré par la doctrine de Monroe. En fait Trump ne fait que reprendre ce qui se faisait aux USA dans les années 50/60 , rien de ben neuf dans le Nouveau Monde si ce n'est que nous verrons bien si les entreprise qui se trouvent à Salt Lake City resteront aux States sachant qu'ils investissent beaucoup dans le recherche et le développement des industries high tech. D'autant plus que si leurs produits sont axés à l'exportation sachant que Trump veut élever des barrières douanières , les produits américains seront à leurs tours taxés dans les autres zones économiques. ils risquent de se faire passer devant et de perdre des marchés internationaux au profit des BRIC et la Chine avec laquelle les USA vont être aux prises dans le Pacifique , se frotte déjà les mains et fait des appels du pied à l'UE par exemple. Après ce sont des choix géopolitiques et économiques et nous ne tarderons pas à en voir les effets sur l'économie américaine et sa zone d'influence . Pour ceux qui ne supportent pas les analyses , tarots et autres choses , il reste le choix de ne pas lire et commenter ( cela ne manquera à personne ).

  • Par adroitetoutemaintenant - 14/02/2017 - 11:32 - Signaler un abus Abominable

    Un beau sujet détruit par un texte alambiqué et accusateur sans preuve. Ça me rappelle un professeur d’histoire qui était Prix Goncourt. Il tuait son enseignement de l’histoire avec des phrases tordues. Accusateur : que viennent foutre la dedans excentrique, raciste et misogyne ? Ou alors annoncez la couleur et dites nous que vous faites partie des islamo-gauchistes genocidaires. Vu aussi dans un commentaire la confusion entre le sel et le silicone. Le cri de guerre ici c’est Let’s make connerie great again.

  • Par A M A - 14/02/2017 - 18:46 - Signaler un abus La coalition généralisée des détracteurs de Trump

    La coalition généralisée des détracteurs de Trump est quand même étonnante. Elle est le fait, hors des USA, de gens qui ne sont pas concernés par la politique intérieure américaine, mais qui sont prêts à y soutenir n'importe quelle sédition. S'il y a rupture du système avec Trump, c'est que la situation l'éxigeait. L'exploitation, maladroite et abusive parfois, par tous les présidents successifs, et surtout du dernier, des effets de la guerre froide est arrivée à son terme. La Russie est sortie depuis presque 30 ans du cauchemar soviétique. Il était temps que les Etats Unis en fassent autant. Et ce misogyne de Trump qui, à voir la première dame sait faire des exceptions dans sa détestation des femmes, et qui réservait ses sarcasmes antiféministe à une rivale un peu moins "séduisante", ce Trump apporte le changement sécuritaire imposé par la nouvelle situation internationale. Les embourgeoisés de la guerre froide n'y trouvent plus leur compte. Alors ils s'aigrissent de voir Donald reconstruire sur les fondamentaux américains, ce vrai "ricain" qui, lui, selon tout apparence, n'aurait pas détoné en son temps sur les plages d'Omaha Beach.

  • Par hmrmon - 14/02/2017 - 22:52 - Signaler un abus Trump

    Décidément la gauche caviar, des 2 côtés de l'Atlantique, n'arrive pas à avaler, encore moins à digérer, l'élection de Trump. Faute d'oser critiquer ouvertement le choix électoral du bon peuple, la "bien-pensance" boboïste des 2 côtés de l'Atlantique, accable de flèches son représentant qui fort heureusement semble s'en préoccuper comme de l'an 40!

  • Par Citoyen Ordinaire - 15/02/2017 - 11:56 - Signaler un abus Ah ces caricatures...

    Populisme veut dire: "Qui s'intéresse à la vie des gens..." Alors vive le populisme ! Qui devrait être la raison d'être de tous ces politiques, et non les intérêts de Goldman Sachs, Wall Street, Rotschild, Apple, Microsoft et tous ces eugénistes que Trump vient troubler dans leur irrésistible marche vers un nouvel ordre planétaire...(Cf discours de Sarkozy 2009).

  • Par Deneziere - 15/02/2017 - 14:05 - Signaler un abus Trump vs Jackson, la comparaison tient debout...

    ... tant qu'on reste au niveau des concepts et des idées. Ce qui ruine la comparaison, ce sont les conditions d'exercice de la présidence qui n'ont plus rien à voir. A l'époque de Jackson, les USA comptaient 12 M d'habitants, quasiment 3 fois moins que le France de l'époque. L'exercice du pouvoir dans les grands pays démocratiques s'est extrêmement complexifié. Le populisme n'est pas honteux, mais le simplisme qui va avec est pathétique.

  • Par Texas - 16/02/2017 - 09:35 - Signaler un abus Oh my....

    On en viendrait à croire que l' abolition de l' esclavage est le fait des Démocrates . Pas un seul Américain ne nie l' évidence que le KKK était le bras vengeur des Démocrates , Quand aux executive orders si " critiquables , ils s' inspirent du 8 U.S Code 1182 , et du H.R Bill 158 voté sous administration Obama en Juillet 2015 .

  • Par Texas - 16/02/2017 - 10:37 - Signaler un abus En conséquence

    La décision de la 9e Cour d' appel ( les contre-pouvoirs de Mr Souvignet ) de bloquer les Executive Orders de Mr Trump peut être considérée comme outrepassant ses prérogatives sur des questions de politique extérieure . Peu de chances que cette décision résiste à l' examen de la Cour Suprême .

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Xavier Souvignet

Professeur agrégé de droit public
Université Grenoble-Alpes

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