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-25% pour le CAC 40 en 12 mois : combien de temps avant que l’économie réelle en subisse les conséquences ?

Alors que la bourse française a perdu près d'un quart de sa valeur depuis environ un an, les perspectives de propagation de cette crise financière sur l'économie réelle ne sont pas forcément aussi noires que ce que certains affirment. Encore faut-il que la baisse des marchés ne soit pas trop vite interprétée comme un signe de récession.

Pas de panique

Publié le
-25% pour le CAC 40 en 12 mois : combien de temps avant que l’économie réelle en subisse les conséquences ?

Atlantico : Depuis avril 2015, on observe que le CAC 40 a perdu près de 25%. Cette crise financière, si on peut l'appeler comme cela, est-elle de nature à avoir un impact sur l'économie réelle ? Avec quelle ampleur et dans quels délais ?

Jean-Paul Betbeze : La situation boursière française est effectivement sérieuse, mais plus comme un reflet de ce qui se passe ailleurs que de questions proprement françaises. De fait, les questions qui sont partout présentes concernent la chute des prix du pétrole et ses effets, le "ralentissement chinois", ses causes et sa gestion, plus une reprise américaine qui faiblit et une situation européenne qui n’arrête pas de se complexifier. Devant cette accumulation de problèmes, qui peuvent avoir des effets positifs (par exemple la baisse du prix du pétrole ou celle des taux d’intérêt), les marchés boursiers mettent plutôt l’accent sur l’accumulation elle-même.

A force, se disent-ils, les entrepreneurs vont freiner pour investir et les consommateurs pour consommer.

Cependant, pour le moment, les consommateurs français résistent plutôt et la dernière enquête de l’Insee montre, en janvier, des entrepreneurs qui veulent investir davantage. La bourse n’a donc pas encore infléchi les intentions, mais elle reste omniprésente dans les esprits. Le plus vraisemblable, alors, est qu’elle conduira à des pauses de réflexion, avant de consommer ou d’investir, autrement dit à un ralentissement.

Quels sont les secteurs de l'économie les plus exposés à cette baisse des valeurs boursières ? Doit-on également s'attendre à un effet sur l'emploi ?

La baisse boursière affecte le secteur pétrolier et parapétrolier, mais avec des écarts notables (Total par exemple), ainsi que le secteur bancaire et financier. Pour le pétrole, il s’agit de compagnies très endettées, mais ceci est vrai surtout aux Etats-Unis. Ici, ce sont plutôt les sociétés qui aident à explorer ou qui fournissent des équipements. Les interrogations bancaires ne viennent pas ici des interrogations sur le financement du secteur, qui se fait surtout par obligation, mais des effets du ralentissement et de la désinflation. L’Italie a inquiété les marchés sur ses crédits supposés peu provisionnés, et cette question devra être traitée. La Deutsche Bank inquiète sur ses changements de direction et de management, avec chaque fois des provisions (des pertes) à la clé. Mais quand la Société Générale annonce de bons résultats, mais baisse parce qu’elle ne peut s’engager sur les résultats de l’année en cours, nous sommes dans l’excès de nervosité ! Il y a donc des excès, et ils pèseront sur la reprise et sur l’emploi.

 
Commentaires

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  • Par Labarthe - 12/02/2016 - 12:39 - Signaler un abus Une analyse biscornue.

    Mondialisation et interdépendance oblige, il n’y a plus vraiment de différence entre ce qui se passe dans le monde et ce qui se passe en France. Par ailleurs avant de parler d’impact de la crise boursière il faut préciser que ce que l’on voit c’est la bourse qui se met au niveau de la mauvaise situation économique dans le monde. Situation qui a été dissimulée par les QE et autres des banques centrales. Une politique à bout de souffle qui ne peut plus cacher la réalité. Elle a noyé les économies, empêchant en même temps de prendre les mesures permettant peut être d’éviter une crise majeure. Notamment une remise en cause des modèles de production, de consommation, de crédit et de circulation de l’argent et je ne parle pas ici de l’ »Uberisation » qui n’est qu’un modèle profitant de la paupérisation de la population, tout en risquant de l’appauvrir encore plus.

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il vient de publier La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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