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​10 ans après la crise, ces déséquilibres qui continuent de menacer l’économie mondiale

Le Financial Times le considère comme l'auteur de la "meilleure analyse jamais lue" de la crise de la zone euro, mais aussi comme un des plus grands experts de l'économie chinoise, l'économiste Michael Pettis répond aux questions d'Atlantico.

Nuages noirs

Publié le
​10 ans après la crise, ces déséquilibres qui continuent de menacer l’économie mondiale

Atlantico : 10 ans après le début de la grande récession, quels sont les déséquilibres macro-économiques encore en place au sein de l'économie mondiale?

Michael Pettis : Malheureusement, les déséquilibres de l’économie mondiale se sont surtout maintenus, ce qui explique que la demande mondiale soit restée faible et que celle-ci n’ait pu être soutenue que par la hausse de la dette. Au cours des dernières décennies, une distorsion significative de la répartition des revenus a laissé une part importante et croissante du revenu sous le contrôle d'un petit groupe de ménages riches. Une situation qui a été exacerbée, dans certains pays, par un processus de transferts de richesses des ménages ordinaires vers les entreprises ou vers les gouvernements locaux.

Il en résulte que les ménages ordinaires disposent désormais d’une part beaucoup plus faible du revenu national que dans le passé, ce qui les empêche de consommer une part importante de la valeur totale des biens et des services qu'ils sont pourtant capables de produire. L'une des conséquences est que les pays où la part des ménages dans le revenu national a été le plus sévèrement réprimée - notamment l'Allemagne, la Chine et le Japon - sont contraints de créer de larges excédents et d'exporter leurs excès d’épargne. Soit vers des pays disposant de marchés de capitaux ouverts, flexibles et profonds, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, ou vers des pays qui font partie de l'euro et qui n'ont, en conséquence,  pas pu répondre à ces déséquilibres en ajustant leurs devises ou leurs taux d'intérêt. Dans les deux cas, ces pays ne peuvent s'ajuster que sous la forme d'une augmentation de la dette ou du chômage, et c'est ce qu'ils ont fait. Prenez l'Espagne, par exemple. Avant la crise, elle a répondu aux énormes entrées de capitaux en provenance d'Allemagne par une augmentation de la dette. Après la crise, elle a réagi par un accroissement de son chômage.

Globalement, cette distorsion dans la répartition des revenus entraîne une croissance très lente du revenu ordinaire des ménages. Et la seule façon d’empêcher que la croissance de la consommation ne soit aussi lente, c’est d’encourager l'expansion du crédit au travers des Banques centrales. Et c'est exactement ce qu'elles ont fait. La faible croissance que nous avons actuellement dans le monde est largement dépendante d'une accumulation rapide de dettes, qui, dans certains pays - la Chine est le cas le plus significatif - semble avoir échappé à tout contrôle. Mais sans cette dette, nous aurions une hausse du chômage.

C'est un point important qui n'est pas toujours pleinement reconnu. Les ménages privés et les entreprises des pays développés ont légèrement réduit leurs emprunts, ce qui a amené certains économistes à suggérer que les déséquilibres qui ont mené à la crise se sont amoindris. Mais je pense que c'est une erreur d’interprétation, parce la dette mondiale a continué de croître rapidement. Le désendettement que nous avons observé chez les emprunteurs du secteur privé dans les économies avancées a été plus que compensé par une augmentation de la dette publique de ces même économies et par une augmentation de la dette des pays en développement, la Chine en tête.

 
Commentaires

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  • Par Piwai - 21/08/2017 - 10:13 - Signaler un abus rupture du commerce international...

    Sera la reponse car le reel l'emporte toujours sur les utopies et c'est une evidence: les economies avancés ne peuvent préserver leurs modeles sociaux-economique si ceux-ci se trouvent en concurence avec des economies en voies de developpement qui jouent la puissance nationale avant l'individu: la Chine en premier lieu, le parti communiste pour se maintenir se peut se permettre le chomage. Ce qui est etonnant c'est que d'un constat simple, nul partis ne semble en tirer les conséquences: Notre pays doit prendre position: soit l'abandon de son systeme social, soit sa protection de la concurence deloyale. Le probleme devient simple: comment érigé des barrières de protection au sein de l'Europe, alors que le cortex legislatif qu'implique l'integration a la communauté européenne ne le permet pas? Reponse: pour etre en mesure de reprendre la main sur l'economie du pays et preserver la croissance du revenu des menages sur le LT, il n'est d'autre possibilité que de quitter le modèle européen actuel pour essayer de negocier un cadre commun moins contraignant. C'est ce que vienne de faire les britannique et qui horifie la parasitocratie européenne, imcapable d'imaginer une europe "sans tête

  • Par atlante29 - 21/08/2017 - 12:36 - Signaler un abus l'Allemagne

    l'éternelle Allemagne

  • Par gerard JOURDAIN - 21/08/2017 - 13:36 - Signaler un abus AHH le plaisir de croire que....

    et oui; plus on régule, plus ça merde...!!! pour éviter le renard dans le poulailler...que ne ferions-nous pas! chacun y va de sa cavalerie; la planche à billet, l'assistanat, le dumping fiscal...etc... et pourtant; c'est simple. consommer plus que ce que l'on peut produire amène à cela..;d'autant plus vite que l'on concentre le pouvoir décisionnel. mon discours est moins long que l'article .;mais faites-moi . lisez-le.

  • Par ajm - 21/08/2017 - 18:43 - Signaler un abus Substitution largement illusoire de la demande externe

    Il y a une faille, à mon humble avis, dans le raisonnement de cet économiste, c'est que l'appareil de production de certaines économies tournées très fortement vers l'exportation, comme l'industrie Allemande justement, est structurellement configuré pour l'export, de telle sorte qu'une demande intérieure plus forte, par exemple sous l'effet de distribution de salaires et de prestations plus élevés aux ménages, ne permettrait pas d'écouler sensiblement plus de biens et/ou de services sur le marché national. Par exemple, les constructeurs automobiles comme BMV et Mercedes font l"essentiel de leurs profits sur leurs modèles les plus hauts de gamme vendus très chers. Même en augmentant de 10% le travailleur Allemand de 10%, mettons de 2000 à 2200 euros , ce dernier ne pourra pas s'offrir les modèles à 100000 euros ou même â 50000 ou 60000 euros. C'est la même chose pour les biens de production spécialisés de type machine-outils, materiels lourds de travaux publics ... La substitution pourrait se faire partiellement uniquement pour des biens de consommation hauts de gamme typiquemement Allemand mais d'un prix unitaire raisonnable plus accessibles .

  • Par ajm - 21/08/2017 - 18:51 - Signaler un abus Petits pays exportateurs.

    La substitution serait encore plus difficile voir totalement impossible pour des économies plus petites mais hautement spécialisées comme les Pays-Bas et la Suisse. Imaginons le cas de l'industrie horlogère Suisse ou de l'industrie agro-alimentaire Néerlandaise. Comment imaginer que les marchés intérieurs de ces pays puissent absorber une part plus significative de ces productions calibrées pour le marché mondial ?

  • Par toupoilu - 21/08/2017 - 18:57 - Signaler un abus Je trouve cet article lumineux.

    Entre parenthèse, si on excepte les débilités genre retraite à 60 ans, c’était à peu près l'analyse et les propositions de Le Pen.

  • Par Anouman - 21/08/2017 - 20:38 - Signaler un abus Allemagne

    Si l'on en croit cet économiste la baisse du pouvoir d'achat en Allemagne aurait augmenté les exportations, d'où la balance commerciale largement excédentaire. Sauf que pour exporter encore faut-il avoir quelque chose à exporter et qu'il y ait quelqu'un qui veuille l'acheter. C'est tout le problème de ces analyses qui veulent simplifier à l'extrême, elles se perdent en généralités et de fait n'apportent rien. A peu près aussi passionnant que Perrette et le pot au lait.

  • Par vangog - 21/08/2017 - 21:57 - Signaler un abus Oui, l'article était lumineux avant que...

    le questionneur n'évoque l'égalitarisme comme une hypothèse enviable, et avant que l'économiste doué ne lui réponde par l'option numéro un, éternelle tarte à la crème du socialo-communisme, qui croit qu'il suffit de supprimer les riches pour supprimer les inégalités, et qu'il suffit d'augmenter les salaires pour accéder au paradis socialiste de l'égalité parfaite...ces deux interlocuteurs ont tellement baigné dans le jus neo-marxiste qu'ils sont tout imprégnés d'égalitarisme...quand comprendront-ils que l'égalité n'existe pas, et l'imposer par la force (ou par la douceur) n'est pas souhaitable? cecî pervertit toute l'analyse qui débutait pourtant bien..Mais croire à une coopération des économies mondiales est une perversion qui contredit la réalité et qui n'est pas enviable comme utopie. La compétition est saine et l'inégalité est créatrice et émancipatrice. Combattre la compétition capitaliste et l'inégalité a été essayé cent fois dans les systèmes marxistes et a toujours échoué, non pas par incompétence des dirigeants, mais parceque cette idéologie veut rompre les équilibres naturels, faits de différences qui s'articulent et se compensent, harmonieusement et simultanément...

  • Par pierre de robion - 21/08/2017 - 23:03 - Signaler un abus Economiste de mes deux!

    1. On ne peut très longtemps consommer plus que ce que l'on produit. Dans une économie ouverte et emprunteuse, le 1er dindon sera le prêteur (entre nous l'emprunteur aura passé de bonnes années à crédit, tant mieux pour lui). Mais quand le robinet du crédit sera coupé, tout le monde sera dans la mouise et une prochaine crise genre "sub- primes" se terminera comme pour l'Allemagne en 1923, mais à l'échelle mondiale cette fois lorsque les gens auront compris que la monnaie qu'ils possèdent n'est faites que de "bits", 0 ou 1! 2. Pour pouvoir vivre en autarcie, encore faut-il pouvoir se suffire: vous imaginez la France ne devant vivre qu'avec ce qu'elle produit? 3. Quand on n'est pas auto suffisant, en économie fermée il faut exporter, mais exporter signifie produire bien et services répondant à des besoins, à un prix raisonnable à condition là encore d'avoir des clients solvables et complémentaires: du troc quoi: quel grand progrès! Ce fut la politique européenne d'après 1870 qui se termina comme l'on sait en 1914! Et tout le reste n'est que théories fumeuses: vive l'étalon OR!

  • Par Lucus - 22/08/2017 - 14:50 - Signaler un abus Meconnaissance de l'Allemagne et de l'Entreprise

    Cette analyse est à mon avis fausse pour 2 raisons: - L'auteur ne raisonne que de manière macro-economique et politique: Comme si il y avait un etat central en allemagne qui decide de tout ! Le succès de l'export allemand tiens avant tout à la qualité de ses produits et de sa main d'oeuvre: Qui oblige les espagnols ou les Grecs à acheter des BMW au lieu de Peugeot ? Personne que je sache... - Le défi essentiel de l'allemagne est le vieillissement de sa population, donc les retraites futures, notamment celle des fonctionnaires. L'Etat et les ménages allemands restreignent donc leur consommation pour mieux épargner pour leur retraite. Également, l'Allemagne est précurseur du modèle du "mieux consommer", donc moins de biens, mais plus cher et de meilleure qualité, donc baisse de la quantité de produits achetés (même si la valeur reste la même...), exemple que l'on devrait suivre en France

  • Par jerome69 - 22/08/2017 - 16:06 - Signaler un abus Si je comprends bien

    Point d'avenir pour l'économie de notre pays sans protectionisme sinon on va se faire dévorer tout cru , ce qui est déjà le cas depuis 20 ans ceci dit. quelque chose m'échappe pour la dette de la Chine, dette de qui ?des ménages ? pas du pays, j'entends régulièrement que le pays détient une grosse partie de la dette américaine et que la Chine à 1000 milliards($) de réserve dans ces caisses . de plus la monaie de la Chine n'est pas sur les marchés internatinaux, un coup de planche a billet ne va- t- il pas réssoudre le problème sus nommé?

  • Par Ganesha - 22/08/2017 - 17:13 - Signaler un abus François Fillon, le ''Fou de la Dette'' !

    Article passionnant ! Qui met en valeur l'élément central de l'économie mondiale mondiale, telle qu'elle fonctionne actuellement : la Dette ! Ce qu'il faut comprendre, c'est que ces milliers de milliards de dollars sont une somme totalement fictive, sans aucune existence réelle, qui ne sera jamais remboursée ! Dans la récente élection présidentielle, le programme le plus absurde, abracadabrantesque, était celui de ce sinistre imbécile de François Fillon : ce catho hypocrite proposait d'appauvrir le peuple français, si nécessaire, pendant un siècle, pour réaliser le fantasme stupide d'un jour ''honorer'' notre dette ! Il faut vraiment être un bourgeois sénile du 16ème pour confondre une ''dette privée'', dans la banque à côté de chez soi, avec la spéculation boursière dans les paradis fiscaux ! On ferme bien quelques mosquées salafistes, ne faudrait-il pas appliquer le même traitement à certaines églises intégristes de Neuilly-Auteuil-Passy ? Le Canard Enchaîné nous a heureusement débarrassé du ''nigaud de la Sarthe'' avant qu'il ne se précipite, au volant de sa camionnette présidentielle, sur l'ensemble des français, animé par la conviction du devoir divin de tous nous écraser !

  • Par cloette - 22/08/2017 - 20:33 - Signaler un abus La dette

    Ganesha , en effet cette somme fictive est l'èlément central de l'èconomie mondiale . Ce n'est pas elle qu'il faut honorer mais les interêts qu'il faut payer car l'argent qui circule , celui dont on se sert ne serait plus garanti sinon, ce serait de la monnaie de singe équivalente à de la fausse monnaie . C'est un systéme qui a été inventé quand l'argent n'a plus été garanti non seulement par l'or mais par le dollar qui a remplacé l'or . On fabrique de la monnaie , mais il faut lui donner une valeur , et les intérêts payés par de l'argent issu du vrai travail lui en donne donc .

  • Par cloette - 22/08/2017 - 20:35 - Signaler un abus Suite

    FIllon n'y est pour rien , ce n'est pas lui l'inventeur de ce système !

  • Par Ganesha - 22/08/2017 - 21:05 - Signaler un abus Cloette

    Cloette, ce que je reproche à François Fillon, c'est d'avoir pris comme base de son programme la croyance, ou du moins l'affirmation, que la dette était de ''l'argent réel'' ! Cette idée était tellement aberrante et nuisible, que l'oligarchie a décidé de l'éliminer par tous les moyens. Vous parlez des intérêts, mais les banques centrales rachètent dans tous les pays les ''créances pourries'' avec l'argent de l'Assouplissement Quantitatif, à ''taux zéro'', ou même négatif. En 1917, les ''Emprunts Russes'' gardaient une minuscule valeur sentimentale, parce qu'ils s'agissait de papiers richement décorés. Les dettes modernes s'effaceront d'un simple clic sur une souris d'ordinateur !

  • Par cloette - 22/08/2017 - 21:27 - Signaler un abus Mais oui

    Des banques rachètent des créances pourries , et il y a spéculations sur les dettes , effacer les dettes serait sans doute possible , mais il faudra repartir comme en quarante et se remettre à les payer , ou changer de systeme mais comment ?

  • Par Ganesha - 23/08/2017 - 09:09 - Signaler un abus Cloette

    Dans la dernière phrase de son avant-dernier paragraphe, cet ''expert'' écrit : ''le monde a été effectivement engagé dans de telles politiques, et celles-ci ne pourront pas continuer beaucoup plus longtemps sans que cela ne bénéficie à des candidats comme Marine Le Pen ou Donald Trump''. Trump est au pouvoir et il n'est même pas certain que Marine devra attendre cinq ans pour y arriver !

  • Par cloette - 23/08/2017 - 09:56 - Signaler un abus l'article parle de l'économie mondiale

    et je parlais simplement du système monétaire .Si les taux d'intérêt sont baissés , c'est pour que les gens empruntent plus, sachant que c'est par l'emprunt seul que les billets sont fabriqués. Ils veulent davantage de billets en circulation, mais à un moment s'il y en a trop c'est l'inflation ,il faut donc relever les taux, . Avec un Etat qui fabriquerait lui même sa monnaie, ce serait pareil il passerait sont temps à mettre des billets en circulation puis à fermer le robinet . Quant à l'économie mondiale, je vais lire l'article , mais je suppose que les pays ne vendent que si leur argent est garanti et fort et non monnaie de singe . Ceci dit je suis une béotienne en la matière, mais le sujet est intéressant et ça n'a pas l'air facile .

  • Par jerome69 - 23/08/2017 - 10:13 - Signaler un abus @ Cloette

    Je ne suis pas totalement convaincu de ce que vous annoncez. Certes la banque européenne fait marcher la planche a billets € et rachette de la dette, mais cela ne veut pas dire que la dite dette n'est pas remboursée par les pays concernées à la banque Europénenne. Le cas est peut-être différent aux USA car c 'est la Banque Centrale USA qui rachette de la Dette USA, c est plus facile c'est le même état.

  • Par cloette - 23/08/2017 - 10:42 - Signaler un abus @jerome69

    Je suis un peu perdue, il faut que je reprenne tout !

  • Par Michèle Plahiers - 23/08/2017 - 21:04 - Signaler un abus L'argent réel

    concerne aux alentours de 2 % de l'économie. Le reste est fictif.

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Michael Pettis

Michael Pettis est économiste et stratégiste financier. Il est professeur de finance à la Guanghua School of Management de l'Université de Pekin. Associé sénior du Carnegie Endowment for International Peace, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont "The Great Rebalancing: Trade, Conflict, and the Perilous Road Ahead for the World Economy".

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