En direct
Best of
Best of du 5 au 11 janvier
En direct
L'Édito de Jean-Marc Sylvestre
Les déboires chinois de Pierre Moscovici
Publié le 27 novembre 2013
La journée d’hier a été désastreuse pour le commerce extérieur et la place de la France dans la mondialisation. La France ne profite pas de la mondialisation et paie le fait de ne pas en assumer clairement les modalités de fonctionnement et les contraintes.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La journée d’hier a été désastreuse pour le commerce extérieur et la place de la France dans la mondialisation. La France ne profite pas de la mondialisation et paie le fait de ne pas en assumer clairement les modalités de fonctionnement et les contraintes.

Le plus déçu du Conseil des ministres ce matin sera sans doute Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie. Non pas parce qu'il a été écarté de ce chantier de la réforme fiscale, il est évidemment déçu parce qu’il est rentré de Chine les mains vides. Son seul souvenir, celui, amer, d’avoir reçu des leçons d’économie de marché comme savent si bien le faire les Chinois.

[LES AUTRES ARTICLES DE VOTRE ÉDITION ATLANTICO BUSINESS]
   Suivre @atlanticobiz

Le ministre de l’Économie était à Pékin pour assurer le service après-vente du voyage officiel de  François Hollande. Théoriquement, il allait moissonner les contrats commerciaux qui avaient été semés et allait signer avec des investisseurs pour qu'ils s’engagent en France. Et bien, la France n’a pas récolté grand-chose.  

Les deux pays se sont fendus de communiqués polis et positifs pour indiquer qu’ils s’engageaient à "renforcer leurs échanges commerciaux et leurs relations d’investissement". La Chine a promis de regarder de près l’impact de sa monnaie ajoutant que la réponse à la crise ne devait pas être défensive et protectionniste. La France a approuvé bien sûr, accompagnant cela d’un bla-bla diplomatique. Mais au-delà de ces relations épistolaires franco-chinoises, les caddies sont restés vides.

L’invitation de Pierre Moscovici auprès des investisseurs chinois a été assez tièdement accueillie. "Les négociations pour faire rentrer les Chinois au capital de PSA sont, selon le ministre français, bien engagées". Même si désormais, on ne sait plus avec quelle direction pourront parler les Chinois. Le départ de Philippe Varin ne donne pas de garantie sur l’issue de cette affaire surtout qu'une grande partie de la famille Peugeot est opposée à l’arrivée des Chinois et a poussé Philippe Varin dehors pour cela.

Le plus important de ces deux jours de négociation a été la leçon d’économie infligée par les autorités chinoises à la délégation française. "Nous sommes dans un univers concurrentiel mondial indiquent les Chinois, et la concurrence a cette immense vertu  que celui qui gagne un marché est celui qui est le meilleur". Sous-entendu, les Français ne sont pas les meilleurs en termes de compétitivité, de sécurité et de transparence. Pour finir, les Chinois ont dit clairement trois choses.

Que d’une part, la France est très compliquée à comprendre, sa fiscalité et ses codes changent tous les jours. D’autre part que la France ne réussit pas à faire les réformes nécessaires pour rassurer les investisseurs. Enfin, la France a un problème de stabilité fiscale et sociale incompatible avec un investissement à long terme. Bref, le discours chinois s’articulait dans la tradition d’un bon cours de politique économique libéral tel qu'on le fait à HEC ou à l’EDHEC.

Moralité, mettez de l’ordre chez vous et nous viendrons collaborer. On ne peut pas dire que la délégation française ait réussi à convaincre les Chinois de notre attractivité. Rien de tout cela n’est surprenant.  

Pendant ce temps à Paris, Arnaud Montebourg qui ne voulait pas rester trop longtemps en dehors des projecteurs, trop braqués à son goût sur Matignon et les problèmes fiscaux, a cru bon de préciser qu'il soutenait PSA au moment même où Pierre Moscovici écoutait les doutes et les inquiétudes de M. Zhu Fuzhou, le patron du constructeur chinois Dongfeng, à propos de sa relation avec PSA. On a compris que cette affaire était encore loin d’être bouclée.

Quelques minutes plus tôt, le ministre du Redressement Productif avait reçu à Bercy le PDG de Huawei venu donner des garanties à la France pour investir et apporter des fournitures à l’Europe. Il faut dire que Huawei est le leader mondial des équipements télécoms et tout le monde à Paris était aux petits soins pour lui.

Mais comment croire le ministre du Redressement quand, le même jour, il fait un sermon en faveur du "made in France" et surtout bouscule la centrale d’achat public en lui reprochant de ne pas être assez franco-française dans ses choix. Les étrangers à qui on dit de venir en France et qui entendent cela, et hallucinent.

Tous cela est sans doute très politique, n’empêche que pour un étranger c’est très étrange ! La fameuse centrale des achats publics n’a pas pour vocation de faire travailler les ateliers nationaux. On nage en pleine hypocrisie. D’une part, la centrale doit respecter une procédure d’appel d’offres. Le ministre le sait. D’autre part, elle a forcément pour vocation d’acheter le meilleur au meilleur prix. Le collègue du Budget est payé pour veiller au grain. Pourquoi pénaliser le contribuable ? On a même créé cette agence dans le but de faire quelques économies…

La vérité, c’est que dans ses propos et ses attitudes la France n’assume pas les codes et les procédures de la mondialisation. D’où les difficultés que l’on rencontre en Chine. D’où les contradictions du ministre du Redressement Productif qui se retrouve à la fois ministre des industriels français, de la protection de l’emploi, de l’aménagement du territoire et de la préservation des intérêts du contribuable. Tout cela est assez contradictoire.

Le fond du problème, c’est le déficit de compétitivité des entreprises françaises. Les produits et les services ne passent pas. On n’a pas compris que la concurrence internationale ne nous obligeait pas à être les moins chers mais à être les meilleurs.

Pour clore cette journée de la cacophonie commerciale, Cointreau, le champion français du cognac, a publié des chiffres désastreux sur le marché chinois : le titre en bourse s’est effondré. Décidément, si les Chinois arrêtent même de boire français, rien ne va plus...

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
02.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
03.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
04.
Attentat de Strasbourg : la vérité émerge sur la cas de Mehdi Chekatt
05.
Taxe à 75% : pourquoi l’échec de la seule bonne idée de François Hollande aurait dû inquiéter
06.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
07.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Le Royaume-Uni se prépare à un Brexit sans accord et ne voit plus comment arrêter cette chronique d’un chaos annoncé
04.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
05.
Littéralement explosif : le sondage exclusif qui montre que la condamnation de la violence par les Français... baisse (et que le nombre de ceux qui disent la comprendre augmente)
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
07.
Robots payeurs : mais que s’est-il vraiment passé sur la cagnotte de soutien aux policiers ?
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
03.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
04.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Marine Le Pen : vent en poupe mais… tigre de papier ?
05.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
06.
Taxe à 75% : pourquoi l’échec de la seule bonne idée de François Hollande aurait dû inquiéter
Commentaires (31)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
pemmore
- 29/11/2013 - 11:54
Et si simplement les Chinois hésitaient à investir dans un pays,
qui ne sait pas protéger leurs ressortissants.
En cause les trop nombreuses exactions par des (_____!).
La même réaction épidermique, et ils ont raison, que nous avons envers une grande partie des pays Africains.
L'insécurité mère du chômage, mettre en prison les criminels pour nous donner des emplois.
Chaque agression de Chinois doit impacter le maximum de la peine et leur monter que notre pays est sur pour eux.
la saucisse intello
- 29/11/2013 - 06:49
@ sam75..............
J'avais été envoyé par mon employeur de l'époque (Framatome) car mon anglais était d'un trés haut niveau technique, parce que j'avais le "virus de la précision" et une passion pour les civilisations chinoise et japonaise. Je confirme que nos interlocuteurs n'étaient pas des amateurs. L'ingénieur qui dirigeait notre délégation (x-mines) m'a confié dans l'avion du retour qu'à un certain moment il avait été à deux doigts de se mettre à genoux au pied du bureau de son homologue chinois et de se mettre à pleurer ! Nous étions reçus chacun séparément en fonction de notre spécialité par un expert de même niveau. Impossible de nous concerter ni de prévoir les questions. Atroce. Mais diablement professionnel. Ca m'a énormément servi dans les longues relations que j'ai pu avoir par la suite avec des industriels du nucléaire.......au Japon ! Parce que là encore les amateurs ne sont pas en odeur de sainteté. C'est pourquoi "laval" et sa bande devraient faire le détour ! L'asie n'est pas pour eux.
zouk
- 28/11/2013 - 17:13
PSA et Dong Feng
Que Moscovici ait reçu une leçon d'économie des Chinois ne peut étonner que Montebourg, et encore...
Qui peut croire encore après la belle démonstration de respect des contrats que nous ont donné PSA, l'opinion publique et les commentaires de nos politiques, que Dong Feng va être le sauveur de PSA?