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Le RSA est perçu chaque mois par 1,8 million de Français.
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Assistanat : les vrais chiffres d'un fléau français
Publié le 27 avril 2013
L'auteur Eric Brunet explique pourquoi des millions de Français ne se sentent plus aimés par leur pays et partent. Extrait de "Sauve qui peut !" (1/2).
Eric Brunet est l'auteur de l'Obsession gaulliste aux éditions Albin Michel (2017). Il présente Radio Brunet tous les jours sur RMC de 13 heures à 15 heuresIl a par ailleurs publié Etre de droite, un tabou français (Albin Michel, 2006) et Dans...
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L'auteur Eric Brunet explique pourquoi des millions de Français ne se sentent plus aimés par leur pays et partent. Extrait de "Sauve qui peut !" (1/2).

Un couple sans enfants bénéficiaire du RSA perçoit environ 700 euros, alors que le SMIC confère un salaire mensuel d’un peu plus de 1 000 euros. Le smicard gagne donc plus. Cependant, grâce à leur statut, les bénéficiaires des minima sociaux ont droit à de nombreux avantages que n’ont pas forcément les smicards : gratuité ou réduction sur les transports en commun, les cantines, les crèches ou les centres aérés, services de garde, tarifs sociaux du téléphone ou de l’électricité. À Paris, certains peuvent même prétendre à la coiffure à domicile. Ces nombreuses aides (seize en moyenne, selon un rapport sénatorial) sont accordées par les municipalités et les conseils généraux. Les dépenses sociales accaparent aujourd’hui les deux tiers des budgets des conseils généraux et la dérive continue à s’accélérer.

D’après le professeur d’économie Yannick L’Horty, toutes ces aides locales peuvent représenter jusqu’à 20 % du revenu d’un foyer au RSA. Elles réduisent donc l’écart de revenu entre RSA et SMIC. Résultat, de nombreux Français se désintéressent des emplois industriels ou pénibles : faire les trois huit pour gagner 100 ou 200 euros supplémentaires est un choix que de nombreux attributaires des minima sociaux se refusent à faire. On comprend mieux dès lors que, trois ans après son lancement, le RSA ne soit pas parvenu à son objectif qui était de favoriser la reprise du travail. Il est aujourd’hui perçu chaque mois par 1,8 million de Français. Les deux tiers n’ont aucune activité et bénéficient du « RSA socle » qui correspond à l’ancien RMI et s’élève à 475 euros pour un célibataire sans enfant. Le tiers qui reste (600 000 personnes) a déjà un travail à temps partiel et reçoit le « RSA activité », en guise de complément, en moyenne 170 euros.

Le coût du RSA pour les finances publiques est loin d’être négligeable : 10 milliards d’euros, soit 4 milliards de plus que ce qui avait été annoncé à son lancement. Et encore, si les statistiques indiquent que 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (moins de 954 euros par mois), un bref calcul montre que près de deux bénéficiaires potentiels sur trois ne touchent pas le RSA. Si ceux-ci devaient soudain se manifester et faire valoir leurs droits, le coût de cette mesure pour les finances publiques serait multiplié par trois. Sans parler des fraudes, que la Cour des comptes évalue à 1,5 milliard d’euros (0,8 milliard d’allocations chômage indûment perçues, le 0,7 milliard restant pour la CAF).

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, cette politique d’assistanat n’est en rien une fatalité imposée par la crise actuelle, mais résulte d’un choix opéré par notre pays au moins depuis 1988, date de l’instauration du RMI. Son coût et ses échecs en matière de retour à l’emploi importent peu à nos politiques : l’assistanat subsistera toujours dans notre pays car il est idéologique.

Dernière preuve en date, après seulement six mois de présidence, François Hollande annonçait une hausse du RSA de 10 %, étalée sur cinq ans, hausse qui s’ajoutait elle-même à une revalorisation automatique liée à l’inflation. Le président annonça en mars 2013 une diminution des indemnités versées aux familles moyennes, remettant ainsi en cause le principe d’universalité des allocations familiales, qui prévalait depuis l’après-guerre. Notons que la Caisse des allocations familiales verse, chaque année, aux Français, la somme de 77 milliards d’euros en allocations diverses, soit de dix fois le budget de la justice dans notre pays. Le degré de générosité de cette politique publique ne connait aucun équivalent dans le monde.

"À côté de ça, la défiscalisation des heures supplémentaires, instaurée par Nicolas Sarkozy et qui bénéficiait aux smicards et aux revenus modestes, a été supprimée, et l’impôt sur les sociétés augmente. En France, le combat contre la pauvreté ne consiste pas à favoriser la création d’emplois mais simplement à augmenter les minima sociaux, à l’instar des dames patronnesses du siècle dernier. Outre le fait d’acheter à court terme la paix sociale, l’assistanat nous permet de nous donner bonne conscience, comme si, pour les Français, la satisfaction de se rendre indispensable à la survie des démunis était supérieure au désir que ceux-ci acquièrent définitivement l’autonomie.

On attribue aux Anglais (ou aux Chinois) ce merveilleux proverbe : « Donne un poisson à un homme, il aura à manger pour un jour ; apprends-lui à pêcher, il aura à manger pour tous les jours de sa vie. » Ce dicton (l’une des formules emblématiques de la Fondation abbé Pierre) est devenu l’illustration de ce que l’assistanat en France n’est pas. La générosité publique française, la plus importante du monde, donne mais n’apprend pas. L’efficience des dispositifs est secondaire, l’évaluation des méthodes n’est suivie d’aucune réorientation véritable. Loin du principe de réalité, la France célèbre la générosité de ses principes et de ses symboles, moquant au passage la pingrerie des politiques publiques de ses voisins européens et des pays anglo-saxons. Cette obsession de l’autocélébration du dogme de l’assistanat est le cœur de l’idéologie française. Elle évoque davantage la mécanique de redistribution systématique du Venezuela que les grandes démocraties responsables de l’argent que leurs contribuables leur confient.

Héritière des heures glorieuses de la Révolution, cette vision de la réduction de la pauvreté n’a jamais su s’affranchir de la doxarobespierriste. Un comportement qui, en 2013, entretient une distance inquiétante avec le monde réel. Alors que les grandes fondations américaines qui se sont donné comme objet le combat de la pauvreté en Afrique font évaluer l’efficacité de leurs process chaque année dans le but de les faire évoluer vers plus de vertu et plus d’efficacité, la France, avec un mépris souverain pour les milliards d’euros qui lui sont confiés par ses contribuables, poursuit sa politique aveuglément : distribuer davantage de minima sociaux, d’aides, d’exonérations d’impôts pour les millions de citoyens les plus modestes, sans souci d’efficience.

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 Extrait de "Sauve qui peut !" (©Editions Albin Michel), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

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Richard006
- 29/04/2013 - 22:25
@ Nathalie m
Il me semble que vous n’avez pas compris le sens de mon intervention. Vous me reprochez de prendre le parti des fraudeurs alors que, dans aucune de mes phrases, je ne trouve les mots qui ont pu vous laisser penser que :
- le but dans la vie n'était pas d'avoir un travail
- ne pas travailler était sain
Je voulais simplement replacer le phénomène de la fraude aux prestations sociales dans un contexte plus général pour relativiser la portée du terme "Fléau" utilisé par l'auteur de cet article. Il se trouve que, dans le dictionnaire, ce mot désigne une grande calamité ( désastre ) : par exemple, on peut considérer qu'une guerre est un Fléau .. En ce qui concerne l'assistanat, je ne pense pas que ce terme soit approprié, de la même manière que le mot "cancer", eu égard au montant dérisoire de la fraude au rsa comparé à ceux de la fraude aux cotisations sociales ou de la fraude fiscale : 60 millions d'euros ( selon la CAF ) contre 3179 millions d'euros !
Concernant la mention "combattre la pauvreté c'est d'abord combattre nos préjugés", il s'agit du slogan de la campagne de ATD Quart Monde qui dénonce la stigmatisation permanente qui touche les personnes en situation de pauvreté.
Nathalie m
- 28/04/2013 - 23:42
@richard006
Quels préjuges?
Ça fraude ? Oui...car quand l'argent est bien utilisé, il n'y a aucune raison de frauder...
Depuis quand entretenir quelqu'un qui ne travaille pas est SAIN ?
Le but de la vie est d'avoir un travail!!!! On traite les choses a l'envers?
Ou est la dignité de l'être humain ?
Ah, c'est sur, cela fait des années que l'on verse le rsa(1988), que c'est devenu normal et un du pour beaucoup de personne.
Ou est la promotion de la valeur travail, effort, valorisation de l'être humain????
On tire le niveau par le bas depuis les années 80 (chercher l'erreur historique)+ les 35 h...
Je ne vais pas quand même vous raconter l'histoire du "socialisme expliqué aux enfants"...c'est pourtant simple et d'une logique imparable...
Et, il faudrait que nous nous affranchissions de nos préjugés? On rêve!!!!
Au secours, la connerie nous envahi....
Richard006
- 28/04/2013 - 13:54
Combattre la pauvreté c'est d'abord combattre nos préjugés !
les pauvres sont des pros de la fraude aux aides sociales .. le cancer de l'assistanat ...

- Fraude au RSA = 60 millions d'euros

- Travail non-déclaré par les entreprises = 190 millions d'euros

- Fraude Fiscale = 2989 millionss d'euros

la fraude au RSA est dérisoire, comparée à la fraude aux cotisations sociales ou à la fraude fiscale .. mais quand on souhaite détourner la colère d'un peuple, on doit trouver des boucs émissaires et pendant que la masse crache sur les "fainéants qui profitent du système", les gens ne comprennent pas la vraie cause de leurs malheurs ..