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Question (cruciale) qui fâche

Covid-19 : combien sommes-nous prêts à payer pour sauver une vie ?

Publié le 15 octobre 2020
Le président de la République a dévoilé de nouvelles mesures mercredi pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Ces dispositifs vont alourdir l'impact économique de la crise sanitaire. Combien sommes-nous prêts à payer pour sauver une vie ?
Jean-Paul Betbeze
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Le président de la République a dévoilé de nouvelles mesures mercredi pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Ces dispositifs vont alourdir l'impact économique de la crise sanitaire. Combien sommes-nous prêts à payer pour sauver une vie ?

COVID-19 : combien sommes-nous prêts à payer pour sauver une vie ? Les éléments objectifs pour répondre existent…

Mais on n’en parle pas, surtout pas. On préfère dire « une vie n’a pas de prix », et se draper ainsi dans la bienséance morale, en attendant qu’un économiste (sans cœur) réponde : « certes, mais elle a un coût ».

Barèmes judiciaires, en France, ou pourcentages d’avocats, aux États-Unis : questions taboues. De fait, la vie a un coût, chercher à la sauver à un coût, une mort a donc un coût, mais il faut  faire attention à ne pas trop faire monter le prix de la vie, car il est mortel pour l’économie, et donc pour les vivants ! Ainsi, les coûts d’une vie existent devant les tribunaux qui ont des ordres de grandeur objectifs, des barèmes en fonction du salaire de la personne, indicateur de sa valeur, auxquels ils ajoutent un « prix de la douleur » (pretium doloris) subjectif, mais lui aussi étalonné et limité – en France. C’est bien pourquoi nous ne comprenons pas les millions de dollars gagnés devant certains tribunaux américains, où le jury (populaire) sympathise avec la veuve (notamment). L’assurance payera, donc les assurés. Les actions de groupe (class actions), entrées en droit français, permettent ainsi à des avocats de collecter les plaintes pour peser plus au tribunal, surtout dans les cas de produits médicaux, et d’obtenir plus. Il est clair que, dans le cas américain, le pourcentage perçu par les avocats en sera plus élevé. Pas trop de surprise, donc, si les médicaments, les honoraires et les frais de soin en hôpital sont si élevés aux États-Unis, d’où le débat sur l’Obamacare : on y retrouve un prix très élevé de la vie, donc des assurances particulièrement chères. C’est donc bien pourquoi tant d’Américains n’ont pas d’assurance santé : elle est trop chère, ou sont si exposés quand ils sont licenciés : leur  assurance santé était liée à leur contrat de travail.

Entre 2,5 et 5 millions d’euros : valeur de la vie, pour décider d’investir pour éviter la mort ? C’est souvent en ces termes généraux que les ingénieurs décident de réparer une route, quand « elle tue trop », ou pour décider de dépister le cancer du col de l’utérus. Ainsi, en 2011, le prix moyen d’une vie était calculé à 2,5 millions d’euros dans la santé et à 5 pour les infrastructures routières, ceci ne signifie pas qu’une vie médicale vaut deux fois moins qu’une vie routière, mais qu’elle légitime des investissements différents, plus élevés en matière de sécurité routière. Et quand, en France, le dépistage gratuit du cancer du colon n’est plus envoyé à partir de 75 ans, on peut se demander si le test n’est plus valide à partir de cet âge, ou que l’évolution lente de la maladie ne « vaut pas le coût » du dépistage. Mais on ne dit rien, et pourtant toutes les politiques écologiques dépendent d’un prix de la vie, pour savoir si elles sont rationnelles, compte tenu de leurs effets pervers : réduction des rendements agricoles par exemple, effets sur le revenu des paysans, importations de produits moins surveillés ailleurs. C’est pourtant bien ce que nous faisons : importer du travail moins cher, c’est bénéficier d’une vie qui l’est moins ! Mais c’est aussi le seul moyen pour elle de s’apprécier avec la montée des salaires. Mais nous n’en parlons jamais : pudeur ou refus de la réalité ?

Valeur de sa vie ou valeur de ma vie ? Quelles réactions à la conférence d’Emmanuel Macron ? Nous politisons, autour d’une personne, un risque global de dépression si nous reconfinons le pays. Nous payons une longue absence de pensée stratégique. Ce qui se passe avec cette pandémie est révélateur de notre égoïsme si l’on veut, un égoïsme qui nous revient en boomerang. Oublions les changements d’opinions et les erreurs des « spécialistes », de tel Professeur marseillais qui annonce qu’il n’y aura pas de deuxième vague, puis qu’une autre arrive, plus sévère. Politiser hors de propos est un biais français qui n’est pas nécessairement positif dans la phase que nous vivons. On peut aimer, ou pas, Emmanuel Macron, mais il est difficile d’aimer ce virus qui a officiellement touché 770 000 Français, plaçant notre pays au dixième rang dans le monde en termes  absolus, soit 12 000 cas et 506 décès par million d’habitants, contre 106 morts en Allemagne par million de personnes et 635 au Royaume-Uni. Il faudra discuter de ces résultats, au-delà des premiers constats de la Mission indépendante (rapport remis le 13 octobre), par ailleurs mitigés, « qui mettent en évidence des défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion ». La Mission souligne ainsi « le déclin progressif du degré de priorité accordé à la prévention des pandémies au cours de la dernière décennie, concourant à une moindre préparation et vigilance au risque. » Nous payons le passé, autrement dit une sous-estimation de la vie et des politiques de prévention, dans un monde plus instable, plus ouvert, donc aussi plus risqué.

Inutile de chercher des coupables ou de dire que les masques sont liberticides ! Soyons sérieux : ce couvre-feu est en grande part la conséquence de nos comportements. A partir de samedi, il commence de 21 heures à 6 heures du matin pour six semaines au moins en Ile de France et dans huit métropoles (Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse), soit pour un tiers de la population française, plus l’annonce que nous devons nous préparer à vivre avec le COVID-19 jusqu’en juin-juillet prochains : c’est le tout début des changements à venir. En même temps, le chômage partiel à taux plein, c'est à dire payé 100% pour l'employeur, va être réactivé pour les secteurs directement impactés par le virus et le couvre-feu : hôtellerie, cafés, restaurants, tourisme, événementiel, culture, sports et le RSA et les APL recevront une aide exceptionnelle de 150 euros, et 100 euros par enfant, cache une vérité : nombre de bars, petits restaurants et commerces ne vont pas rouvrir. Tous les patrons ne vont pas tenir, les prix des fonds de commerce vont s’effondrer. Le chômage prolongé n’a aucun sens si on n’aide pas à changer d’activité pour nombre de métiers.

La pandémie est doublement mortelle : c’est un drame pour ceux qui ont succombé, c’est un drame au décuple pour l’emploi. Cessons de rêver à un après-Covid : nous sommes avec lui physiquement pour de longs mois, financièrement et psychologiquement pour des années. Et ce n’est pas un mal, si nous apprenons à mieux vivre ensemble.

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