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Environnement et santé
Villes, campagnes, étage etc... : tout ce que votre adresse peut avoir comme impact sur votre santé
Publié le 07 juin 2018
Que vous soyez préoccupés par la pollution ou le stress, vous vous demandez peut-être si quitter la ville pour vous installer à la campagne peut non seulement stimuler votre bonheur, mais aussi être bénéfique à votre santé. Alors que les scientifiques commencent à tisser des liens entre bien-être et environnement, ils constatent que de nombreux éléments à prendre en compte nuisent aux avantages offerts par un certain environnement, qu’il s’agisse d’une métropole de plusieurs millions ou d’une plage déserte.
Le Dr Pierre Souvet, cardiologue, est le président de l'Association santé environnement France (ASEF). Il travaille en collaboration avec l'observatoire atmosphérique du Ballon de Paris.
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Que vous soyez préoccupés par la pollution ou le stress, vous vous demandez peut-être si quitter la ville pour vous installer à la campagne peut non seulement stimuler votre bonheur, mais aussi être bénéfique à votre santé. Alors que les scientifiques commencent à tisser des liens entre bien-être et environnement, ils constatent que de nombreux éléments à prendre en compte nuisent aux avantages offerts par un certain environnement, qu’il s’agisse d’une métropole de plusieurs millions ou d’une plage déserte.
De manière générale, la pensée commune a tendance à croire que les espaces verts sont bons pour ceux qui vivent dans les zones urbaines, comme le cite, Amber Pearson, géographe de la santé à la Michigan State University : “d’un point de vue évolutionniste, nous associons aussi les choses naturelles en tant que ressources clés pour la survie, donc nous les favorisons.” Si les espaces verts sont utiles à notre santé, existe-t-il également une myriade d’avantages à vivre dans des milieux ruraux et verdoyants ? 
 
Il y a bien entendu, de nombreuses conditions réunies pour que les milieux ruraux soient dits "sains" pour notre santé et notre bien-être. Le calme de ces milieux est extrêmement reposant. De plus, selon une étude réalisé par la cohorte AGRICAN, agriculteurs et cancers relayée par la mutuelle sociale des agriculteurs (MSA), les éleveurs ont globalement moins de cancers qu’en ville car ils sont nettement moins exposés à la pollution de l'air. Il y a en effet des particules fines dans la campagne mais minimes comparées à celles qui surplombent l'air urbain, souvent liées au trafic notamment au diesel qui génère des particules fines. Les habitants de milieux ruraux sont donc nettement moins exposés à la pollution mais aussi au stress. Une étude avait en effet comparé des personnes se promenant dans un centre commercial et d’autres dans un espace vert. On s’apercevait alors que cette dernière activité générait plus de bien-être. Ils se sentaient mieux et avaient une meilleure estime d'eux-mêmes. A priori, aller dans les espaces verts est bon pour notre santé mentale. Dans la fameuse étude d'Harvard qui s'est penchée sur les moeurs des infirmières américaines, il a été prouvé que vivre à proximité des espaces verts diminue de 12% le risque de mortalité. Ce qui est considérable.
 
Pour ce qui est de ces espaces aménagés dans des milieux urbains, un espace vert de grande superficie serait extrêmement bénéfique sur le plan émotionnel. Il en est de même pour la biodiversité. Davantage de diversités végétales combinées à une grande superficie contribuent à la réduction du stress. Attention cependant aux espaces verts agencés en ville sans avoir pris connaissance des espèces potentiellement allergènes ! Car ces zones aérées réduisent l'exposition à la pollution atmosphérique mais augmentent celle aux allergènes. Cet aspect fondamental est à prendre en compte par les urbanistes qui organisent les parcs. Il faut promouvoir la nature en ville, les grands espaces à la biodiversité verdoyante de manière réfléchie et ciblée, car certaines plantes peuvent se révéler néfastes pour notre santé, comme les cyprés ou l'ambroisie? Actuellement à 30% d'allergiques au niveau national, on va passer au seuil de 50%.
 
Mais d'autres risques sont davantage développés en campagne comme le taux élevé de tumeurs cutanés par exemple ou le sur taux de cancers spécifiques liés à l'utilisation de produits phytosanitaires.
 
De récentes études publiées dans le World Happiness Report de 2017, relayées par la BBC, prouvent que les résidents citadins ont plus de risques de souffrir d’asthme, d’allergies et de dépression et ont également tendance à être moins obèses avec entre autres, un risque de suicide plus faible. Ils mènent une vie plus heureuse en tant que retraités et vivent plus longtemps en général selon ce même rapport. Comment expliquez-vous qu’il y ai donc autant tant d’avantages à vivre dans des milieux urbains ? En outre, la situation socio-économique des ménages et le contexte du lieu de résidence ne seraient-ils pas des facteurs primordiaux à prendre également en compte ? 
 
Le lien social accompagné de la sensation d'être intégré dans la société est extrêmement important, c’est un des facteur qui diminue la mortalité ! Les activités culturelles apportent aussi beaucoup à l'esprit et à son bien être. Les milieux urbains comprennent donc de multiples facteurs favorables à l'épanouissement physique et mental. 
 
Les villes ont l'écrasant avantage de l'accès au soin. Si une personne fait un infarctus il est plus aisé d’être en ville avec un hôpital à côté qu'en campagne à 200km des urgences. Cet élément peut et doit aussi entrer en compte. Beaucoup de patients âgés et malades hésitent à s'installer dans de petits villages de province et préfèrent rester dans une commune plus conséquente tout en sachant que l'air y est plus pollué.
 
Evidemment, la situation socio-économique est à prendre en compte. Les inégalités sociales se confondent avec les inégalités environnementales et sanitaires. Un revenu modeste peut engendrer de l'isolement pour les personnes âgées. Ces dernières ne pourront se loger dans des établissements d'accueil adaptés. Et un appartement au troisième étage exposé plein Sud et mal isolé sans ascenseur leur imposera de rester cloîtrer tout en étant mal à l'aise. Une famille nombreuse sera soumise aux tensions si elle ne peut se loger dans un espace décemment grand pour que chaque membre de la famille ait son initimité. Sauf cas particulier, la catégorie socio-professionnel d'un ménage va de paire avec la capacité à accéder à un environnement sain même si quelques quartiers riches sont aussi exposés. Pour habiter par exemple, Rue Rivoli à Paris, il faut avoir un budget immobilier conséquent alors que le taux de pollution y est très élevé. 
 
En juin 1999, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré lors de la Conférence ministérielle Santé et environnement : « L’environnement est la clé d’une meilleure santé”, incluant dans ce terme des paramètres liés à la qualité des milieux (pollution de l’atmosphère, de l’eau, des sols, déchets mais aussi nuisances sonores, insalubrité, etc) et à l’ensemble des activités humaines (air ambiant, accidents domestiques, violences urbaines, etc). En somme, quelles sont les conditions idéales réunies pour espérer ne recevoir de son environnement que des conditions bénéfiques à sa santé ?
 
En santé publique, l’environnement est aujourd’hui considéré comme l’ensemble des facteurs pathogènes "externes" ayant un impact sur la santé. Dans l’idéal, afin de lier confort, santé physique et mentale, il faudrait bâtir des environnement urbains organisés pour que toutes les infrastructures, accès au soin, mise en place des transports, aménagement d’espaces verts et ombragés, soient organisés par le prisme de la santé. Par exemple la construction d’un lotissement sans aménagement de transports en commun serait une piêtre idée car cela créerait de la pollution. Ces zones conserveraient un lien social fort et tout seraient accessibles facilement afin de favoriser la bonne santé des citoyens. Cela nécessite de privilégier les déplacements à pied ou les transports “propres", en permettant l'accès aux commerces de proximité.
 
Nous passons 80 à 90 % de notre temps dans des espaces clos, et l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur selon une étude de l'OQAI de 2004. Le logement neuf ne fait malheureusement pas exception à ce constat, notamment en raison d’une insuffisance de ventilation dont la réglementation n’a pas été modifiée depuis 1983. tout le monde est donc concerné par le sujet de la qualité de l’air intérieur. Un label "intAIRieur" a d'ailleurs été créé à Toulouse en partenariat avec, entre autres, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), qui repense l'orientation des immeubles, étudie les bonnes espèces de végétaux à semer dans les espaces verts. Les architectes et urbanistes prennent en compte l’aspect santé. 
 
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Dorine
- 07/06/2018 - 08:21
Faux
Je ne suis pas sûre que l'accès aux soins soit plus galère en campagne, vu le nombre de parisiens qui viennent s'y faire soigner pour payer moins cher et avoir un accueil humain et compétent.L'ennui, c'est que ce sont des enfants gâtés qui veulent être pris tout de suite avant les autochtones. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.