En direct
Best of
Best of du 16 au 23 mars 2019
En direct
Atlantico Business
Assurance chômage : pour les partenaires sociaux, la réforme proposée par le gouvernement, c’est non
Publié le 12 décembre 2017
Le gouvernement ouvre les négociations pour réformer l’assurance chômage... mais constate que les partenaires sociaux y sont tous opposés.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le gouvernement ouvre les négociations pour réformer l’assurance chômage... mais constate que les partenaires sociaux y sont tous opposés.

Pour la première fois depuis le début du quinquennat, le gouvernement se retrouve face à un mur qui va l'empêcher de réformer l’assurance chômage conformément au projet d’Emmanuel Macron.

Le phénomène est assez rarissime, mais tous les syndicats de salariés et d’entreprises se sont retrouvés sur la même ligne pour refuser de modifier le système actuel. En gros,tous les acteurs du paritarisme, modèle qui est à la base du modèle social français, considèrent que la réforme prévue reviendrait à remplacer le système d’assurance géré par les partenaires sociaux et financé par des cotisations, par un organisme d’Etat qui, lui, serait géré selon des principes d‘universalité et financé par la CSG, qui est en réalité un impôt.

Le projet du gouvernement vise à prendre en compte des promesses électorales formulées par Emmanuel Macron pendant sa campagne : le candidat Macron avait en effet annoncé son intention d’élargir le droit à l‘assurance chômage à tous les indépendants et même à toutes les professions libérales et les autoentrepreneurs. Il s’agissait d’apporter à toutes les nouvelles activités liées à l’ubérisation et qui sont souvent exercées sous statut d’indépendant des protections sociales contre les aléas de la conjoncture, dont principalement un droit à l'allocation chômage.

Par ailleurs, le projet du candidat prévoyait aussi de permettre à tous les salariés de démissionner de leur entreprise et de se mettre au chômage, ceci de façonà pouvoir développer un projet personnel. Initialement, les salariés auraient pu ainsi prendre une année sabbatique tous les 5 ans.

Ces projets n’avaient pas été chiffrés précisément mais le projet prévoyait une prise en charge par l’Etat, donc une forme de nationalisation de l’assurance chômage.

Aujourd’hui, tous les experts et tous les partenaires sociaux se sont aperçus que le coût de cette réforme serait exorbitant. Le chômage pour tous les indépendants ajouté au chômage pour les salariés démissionnaires ferait sauter les compteurs à un moment où on ne peut ni augmenter les cotisations sur salaires (pour des raisons de compétitivité) ni augmenter les dépenses publiques au niveau du budget.

A priori, le ministère du Travail a bien mis quelques bémols à l'intention initiale, quelques réserves et conditions au droit du salarié à démissionner sans risque, mais ces réserves ne suffiront pas.

Ce qui gèneprofondément les partenaires sociaux, c’est qu’on changerait de logique.

La logique actuelle est fondée sur le principe de l’assurance.Les salariés sont des assurés sociaux qui paient sous forme de cotisations sociales une prime dont le produit est utilisé à payer les allocations.Alors, en période de conjoncture compliquée, le régime de l'Unedic est déficitaire mais les partenaires sociaux s’arrangent en manipulant les taux de cotisations et les versements.

Ils sont prêtsà modifier le mode de gestion et les procédures, ils reconnaissent que Pole emploi ne fonctionne pas de façon optimale, mais tous sont profondément attachés au principe de l’assurancegérée par l’organisme paritaire.

Ouvrir le chômage à tous, y compris aux non-salariés, reviendrait à entrer dans un système universel géré et financé par l'Etat (c’est à dire par l’impôt). Dans un tel système, les syndicats salariés et patronaux perdent la main.

Cette négociation sur l’assurance chômage peut mettre le gouvernement en difficulté puisqu’elle ne lui permettra pas de respecter une promesse de campagne. Cela dit, elle oblige les partenaires sociaux à travailler sur des modalités techniques sur lesquelles ils ne souhaitaient pas forcément entrer.

D’abord, sur le système de protection sociale des travailleurs indépendants et notamment de tous ceux qui participent à l’économiedigitale.

Ensuite, sur le fonctionnement interne à Pole emploi qui a beaucoup de mal à organiser la rencontre entre l’offre et la demande de travail.

Enfin, si les partenaires sociaux réussissent à protéger le régime d’assurance chômage tel qu’il fonctionne actuellement, ils ne pourront pas échapper à une réforme radicale de la politique de formation dont ils sont aussi les gérants mais dont le bilan est très médiocre en termes de résultat.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Ce gouffre spectaculaire qui sépare le vocabulaire de la France du front anti-Macron de celle qui le soutient
02.
Vladimir Poutine est censé quitter le pouvoir en 2024. Certains au Kremlin envisageraient un autre scénario
03.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
04.
Retraites : ça coince. Santé : ça bloque. Protection sociale : ça n’avance pas. Macron n’aura aucun résultat durable s’il n’a pas le courage d’inviter le privé dans le jeu.
05.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
06.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
07.
Manifestante blessée : les phrases méprisantes et odieuses de Macron. Mais ce n'est pas vraiment de sa faute. Car il ne peut pas faire autrement.
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
03.
“La révolte du public” : interview exclusive avec Martin Gurri, l'analyste de la CIA qui annonçait la crise des Gilets jaunes dès 2014
04.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Henri Guaino : « L’Union Européenne attise désormais les violences et les pulsions mauvaises qu’elle prétendait guérir à jamais »
01.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
02.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
03.
Recours à l’armée face aux Gilets jaunes : la dangereuse fuite en avant du gouvernement
04.
Violence inexcusable MAIS aspiration à la justice sociale : la double nature de la contestation des Gilets jaunes dont aucun parti ne parvient à tirer une synthèse convaincante
05.
Profondément convaincus ou en réaction épidermique à Emmanuel Macron ? L’enquête exclusive qui révèle que les Français se disent nettement plus nationalistes et favorables au protectionnisme que les autres Européens ?
06.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
Commentaires (7)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
cloette
- 13/12/2017 - 08:00
assurances !!
ils ont raison de dire non, quelle escroquerie , C'est une HONTE !
vangog
- 12/12/2017 - 22:41
Les analystes et journaleux français sont nazes!
« Aujourd’hui, tous les experts et tous les partenaires sociaux se sont aperçus que le coût de cette réforme serait exorbitant. » ah ben alors! Tu parles d’une révélation...Mais si ces « experts et partenaires sociaux » avaient daigné écouter le Front National, avant élection, celui-ci leur aurait expliqué que les trois promesses qui ont fait élire Macron-Rothschild sont irréalisables. Mais contre le FN, toute raison s’est tue...trop tard pour pleurnicher, aujourd’hui!
artesan
- 12/12/2017 - 22:04
@patrick Louvet
Vous arrive t-il de penser que, parmi les lecteurs d'atlantico, nombreux sont ceux qui peuvent ne pas penser comme vous?