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Confusion

Un sioniste se jette sauvagement sur le poignard d'un adolescent palestinien

La couverture du feuilleton israélo-palestinien est plus moutonnière et enfermée dans son modèle narratif que réellement biaisée. Ça peut être agaçant.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Je n'aime pas beaucoup accuser « les médias » d'être collectivement biaisés. Je trouve que c'est intellectuellement paresseux. Quoi qu'en dise Reporters Sans Frontières, qui situe parfois la France entre le Ghana et la Mongolie extérieure en termes de liberté de la presse, nous sommes tout de même le pays où le Monde Diplo et Valeurs Actuelles font gentiment présentoir commun au kiosque et sont également arrosés de subventions prélevées sur nos impôts.

 

Ça n'empêche pas les auditeurs de RTL d'être convaincus que tous les journalistes sont de gauche, ni les auditeurs de France Inter d'être persuadés qu'une poignée de patrons de droite contrôle tout ce qui s'imprime, mais qu'y peut-on...

 

Pour ne pas déroger à mes propres principes, je dirais donc, après deux semaines d' « intifada des couteaux », que « les médias », sinon biaisés, sont surtout moutonniers et peu prompts à sortir d'un modèle narratif fatigué. Qu'une série d'attaques terroristes incontestables soit commise par des Palestiniens sur des civils israéliens —des hommes, des femmes des femmes, des enfants qui se baladent dans la rue— et que les assaillants soient abattus par la police et le réflexe est généralement de s'apitoyer sur les premiers : ils ne faisaient apparemment que poignarder quelqu'un au moment où ils ont été violemment stoppés par d'affreux types en uniforme !

 

Bien sûr, il y a du contexte : l'occupation scandaleuse d'une partie de la Cisjordanie, ce processus de paix qui n'en finit pas de ne pas en finir... Mais la confusion entre contexte et terrorisme aveugle est une pente malsaine ; la même qui finit par réincarner les frères Kouachi en victimes dont l'enfance fut bien malheureuse.

 

Pour autant, deux semaines de coups de poignards, c'est long et la narration est subtilement en train de changer parce qu'il ne faut pas déconner tout de même. Hum, d'ici à ce que d'aucuns en déduisent que les médias sont contrôlés par les juifs...

 

Démocratie électronique

 

L'idée m'était passée par la tête de tester le vote en ligne au référendum PS sur l'unité entre la gauche et les écologistes, mais je me suis ravisé parce que plein de gens l'avaient eue avant moi. Cette histoire de scrutin virtuel improvisé en deux coups de cuillères à pot par Jean-Christophe Cambadélis, ça me paraissait fumeux et je me m'étais demandé si c'était techniquement sérieux.

 

Après tout, ce genre de bidule techno un peu démago censé prouver n'importe quoi n'importe comment, maître Eolas l'a démontré sur un autre sujet, est à peu près aussi démocratique qu'un débat contradictoire à la télé nord-coréenne et on imagine que même le webmaster de la rue de Solferino est au courant. Mais non en fait. Et n'importe quel péquin peut s'amuser à voter 14 fois sur le site et influencer le résultat dans un sens ou dans un autre, voire voter à la place de quelqu'un d'autre en utilisant son adresse email. Hi hi hi.

 

L'opération se terminant ce soir dimanche, on voit déjà Cambadélis se féliciter publiquement de l'excellent taux de participation et, surtout, du résultat obtenu, soit un plébiscite pour son initiative de rapprochement des forces de progrès (laquelle est surtout moquée par les forces de progrès en question). Hum, dommage qu'aucune primaire PS ne soit prévue pour 2017 (du moins à ce stade), on aurait été ravi de voir le bonhomme se charger de l'organiser.

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