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Un tiers des Français voudraient travailler plus pour gagner plus
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Un tiers des Français voudraient travailler plus pour gagner plus

Alors que le télétravail semble s’installer de façon pérenne et que beaucoup voudraient s’orienter vers une semaine de 4 jours, un tiers des salariés souhaiterait travailler plus pour gagner plus...

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Alors que l’arrivée probable d’une vague de licenciements massifs  dans les semaines qui viennent, compte tenu de la crise économique liée au covid-19, l’idée de  mieux partager le travail pour sauver des emplois refait surface dans beaucoup de syndicats et même parfois dans certaines grandes entreprises. Certains proposent de généraliser le télétravail qui offrirait alors plus de souplesse et surtout moins de frais généraux notamment en locaux. D’autres cherchent à s’orienter vers une semaine de 4 jours, idée qui  refait  surface comme remède miracle pour maintenir les emplois.

Cette hypothèse a quelques succès dans les syndicats, d’autant qu’elle pourrait être couplée au télétravail justement. Ce sujet est très controversé du côté des entreprises, mais les salariés sont finalement assez ouverts au débat.

Selon l'étude « Workforce View 2020 », menée par le spécialiste de la gestion du capital humain ADP – Automatic Data Processing, et qui a interrogé plus de 32 400 salariés dont 1 916 Français, si un tel choix était possible, un salarié sur cinq (21 %) préfèrerait travailler une semaine réduite tout en conservant la même rémunération, mais avec des journées de travail plus longues.

Seuls 6 % seraient prêts à travailler moins pour un salaire réduit. A l’inverse, plus d’un tiers des collaborateurs français (34 %) opteraient pour plus d'heures ou de jours de travail par semaine pour un salaire plus élevé.

C’est le taux le plus élevé parmi les 8 pays européens, et le deuxième au niveau mondial (juste derrière la Chine à 35 %). A noter que 4 salariés sur 10 souhaiteraient conserver leurs horaires et paie habituels.

Les Français de 25 à 34 ans seraient les plus enclins à travailler plus pour un meilleur salaire, contrairement aux seniors de plus de 55 ans qui sont largement favorables au statu quo en termes d’horaires et de rémunération (51 %). 

Chez nos voisins allemands, 12 % des salariés seraient prêts à travailler moins de jours par semaine en gagnant moins. Le taux le plus élevé en Europe (deux fois plus de répondants favorables qu’en France – 6%). C’est peut-être pourquoi outre-Rhin le président du syndicat IG-Metall, le premier syndicat d’Europe qui représente 2,3 millions de salariés, a proposé fin août, de réduire le temps de travail pour éviter les licenciements liés à la crise de la Covid-19.

Mais pour vouloir travailler plus, les salariés veulent évidemment être rémunérés pour ces heures supplémentaires.

Les résultats de l’étude mettent également en lumière la problématique des heures supplémentaires non rémunérées.

Cette pratique est particulièrement répandue aux Pays-Bas (64 %), en Espagne (62 %) et au Royaume-Uni (61 %), par rapport à la Pologne (45 %).

Près d'un quart des salariés néerlandais (23%) disent d’ailleurs travailler gratuitement au moins 10 heures supplémentaires par semaine, soit plus du double que dans les autres pays européens.

En France, plus de la moitié des salariés accomplit des heures supplémentaires non rémunérées. En effet, ils sont 56 % à effectuer en moyenne près de 5 heures (4h39) par semaine sans être payés. Un répondant sur dix dit même travailler plus de 10 heures par semaine gratuitement. 

Par leurs déclarations, ce sont les salariés du secteur de l’immobilier (56 %) et des médias (55 %) qui se distinguent en travaillant plus de 6 heures supplémentaires par semaine non payées. Aucune distinction n’est observée au niveau macro par catégorie de taille d’entreprise (TPE, PME, ETI, grands groupes) :  en moyenne un tiers des salariés totalise plus de 6 heures supplémentaires non payées.

« Suite au confinement et à la crise sanitaire, explique Carlos Fontelas De Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse, on a beaucoup entendu parler de la semaine de 4 jours, qui pourrait être une solution pour limiter les suppressions d’emplois et relancer l’économie. Mais plus largement, c’est toute la question de l’organisation et du temps de travail qui doit être repensée : cette période a en effet apporté des réflexions nouvelles pour les employeurs et les salariés quant à la gestion du stress, à l’équilibre entre le travail et la vie privée ou encore à l’importance du lien social.». 

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