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Face à la menace qui pèse sur le territoire national, le gouvernement va s'efforcer de débloquer ce mercredi entre 400 et 500 millions d'euros supplémentaires.
Face à la menace qui pèse sur le territoire national, le gouvernement va s'efforcer de débloquer ce mercredi entre 400 et 500 millions d'euros supplémentaires.
©Reuters

Sacrifice

Recherche millions désespérément pour faire face à la menace terroriste ou l’incroyable préférence française pour les transferts sociaux au détriment des missions régaliennes de l’État

Après avoir contribué au délitement du budget de la défense française, François Hollande se retrouve à chercher à débloquer des fonds ce mercredi pour renforcer la sécurité, dernier exemple en date de cette fâcheuse tendance française à s'attaquer aux conséquences des problèmes plutôt qu'à leurs causes.

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Thibault de Montbrial

Thibault de Montbrial

Thibault de Montbrial est avocat au barreau de Paris. Il a fondé son cabinet en 1998 et traite notamment de dossier d'ordre pénal. Il a été l'avocat de nombreuses personnalités telles que  Bruno Roussel, directeur sportif de l'équipe cycliste Festina, Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS, Sylvie Uderzo ou Nafissatou Diallo dont il représentait les intérêts en France.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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  • 22.300 postes de militaires étaient censés disparaître en 2015, 2016, 2017. Face à la montée de la menace terroriste, François Hollande doit débloquer des fonds pour ralentir le rythme de réduction.
  • Les prestations sociales vont bénéficier en 2015 d'une enveloppe de 670 milliards d'euros, alors que les fonctions régaliennes comme la police, l'armée, la justice et les prisons manquent cruellement de moyens.
  • Le gouvernement n'en est pas à son coup d'essai : dans l'enseignement, l'augmentation voulue par Hollande joue elle aussi ce rôle de pansement qui ne s'attaque pas aux racines du problème.
  • Cette tendance française à investir de manière inefficace là où ce n'est pas utile se retrouve dans bien des domaines, allant de la santé à la fonction publique, en passant par le logement.
  • Tel un insatiable joueur de poker qui pense pouvoir se refaire, la France ne s'est jamais vraiment remise en question, pensant toujours pouvoir revenir à la "table de jeu".

 

Atlantico : Face à la menace qui pèse sur le territoire national, le gouvernement s'efforce de débloquer des fonds supplémentaires, ce notamment afin de ralentir le rythme de réduction des effectifs de l'armée. Parallèlement, les transferts sociaux s'élèvent cette année à 670 milliards d'euros… Dans quels domaines la France a-t-elle la mauvaise habitude de traiter les conséquences plutôt que les causes des problèmes ?

Lire également : 670 milliards de transferts sociaux en France : la part qu’on aurait tout intérêt à réinvestir sur le régalien

Effectifs  de l'armée

Eric Verhaeghe : la baisse des crédits dans l'armée a toujours été un choix de facilité. Les militaires sont globalement obéissants, même quand on leur coupe les vivres, et les saignées massives dans leur budget (bien supérieures aux misérables 500 millions d'euros annoncés) se sont appuyées sur cette espèce d'angélisme bêlant selon lequel la guerre était finie pour toujours en Europe, ce qui rendait inutile l'entretien de notre armement. On mesure aujourd'hui la folie de ce raisonnement digne des années 30, et qui justifie que nous parlions d'une nouvelle trahison des clercs. Combien sont les hauts fonctionnaires, notamment à Bercy, qui n'ont pas préconisé, avant le 7 janvier, de brader nos régiments, nos casernes, notre arsenal nucléaire, pour combler le déficit d'un Etat sur le dos duquel ils se régalent sans complexe ? On mesure désormais dans quel péril nous nous sommes mis par ce choix d'état-major consistant à sacrifier les troupes sur le front pour continuer à s'injecter des perfusions de Champagne dans les salons parisiens.

Augmentation des effectifs dans l'enseignement

Eric Verhaeghe : Là encore, le sujet tient à l'incompétence, à la paresse et aux collusions qui pourrissent les états-majors par la racine. Prenons l'exemple de l'enseignement du français du cours préparatoire jusqu'au baccalauréat, qui est un problème névralgique pour l'intégration des enfants issus de l'immigration. Qui s'en préoccupe aujourd'hui? Tout les enseignants savent que l'enseignement de notre langue est un naufrage organisé: plus personne ne comprend les programmes, ne savent à quoi ils servent, et les inspecteurs eux-mêmes qui les conçoivent en sont consternés. Qu'attend-on d'un bachelier en matière de maîtrise de la langue? une bonne orthographe? une maîtrise de la grammaire? une capacité d'analyse? une faculté à argumenter? une culture littéraire? Interrogez cent enseignants de français, et vous aurez cent réponses différentes. Vous pouvez vous leurrer en imaginant que vous allez régler le problème en recrutant cent enseignants de plus. En réalité, tant que les inspecteurs ne feront pas leur boulot, c'est-à-dire définir des objectifs clairs que les salariés appelés enseignants doivent atteindre dans le cadre de la subordination à leur employeur qui justifient leurs émoluments, l'éducation nationale sera un vaste un chaos.

Pour en sortir, il faut que chacun fasse le boulot pour lequel il est payé, et qu'un ministre s'en assure sans complaisance, au lieu de ne valoriser que les cire-pompes incompétents qui lui disent ce qu'il a envie d'entendre. Ne cherchez pas plus loin.

Radicalisation islamiste en prison

Thibault de Montbrial : Manuel Valls veut mettre à l'isolement les personnes dites rédicalisées, pour éviter les effets de contagion. Mais la surpopulation carcérale ne pourra être traitée que par la construction de nouvelles places de prison. Indépendamment des questions relatives à l'islamisme, cela relève de l'évidence. La France est l'un des pays d'Europe qui a le moins de places de prison par habitant, alors qu'un certain nombre de délinquants méritent d'être emprisonnés. Les conditions de détention ne sont pas humainement décentes : il faudrait beaucoup plus de places et d'espace pour que les détenus soient mieux traités, ce qui par conséquent serait de nature à limiter le risque d'une radicalisation par la haine que peuvent causer certaines des conditions de détention.

Pour faire face à la radicalisation, nous avons le choix entre deux solutions imparfaites. La première est de continuer à mélanger les islamistes radicaux avec la population générale pour éviter qu'ils ne se renforcent entre eux, cependant cela ne règle pas le risque du prosélytisme. La deuxième solution consiste à les isoler, ce qui revient à placer un cordon sanitaire évitant la propagation de l'islamisme radical par des prêches à des gens potentiellement sensibles. L'inconvéniant en les regroupant entre eux est qu'ils puissent préparer des attentats pour la suite.

Entre ces deux solutions imparfaites, ma préférence va à la seconde. Le plus important est de lutter contre la propagation, et pour cela il faut regrouper les islamistes entre eux pour les isoler du reste de la population carcérale, et également ne pas passer à côté de leur sortie de prison. Car il arrive que les services concernés ne soient pas au courant.

A terme, compte tenu de l'ampleur du phénomène,  il faudra se poser la question non pas de quartiers spécifiques dans certaines prisons, mais de prisons entièrement dédiées aux détenus islamistes. C'est une possibilité qu'il faut accepter d'envisager. Sous réserve, bien entendu, d'augmenter le nombre de places de prison, mais à ce sujet il n'y a plus que le dogmatisme le plus abrupt qui s'oppose à ce constat.

Santé

Eric Verhaeghe : Il existe aujourd'hui un vrai problème d'accès aux soins, notamment dentaires ou optiques, là encore faute d'un pilotage efficace du système. Dans le cas de la santé, il consiste largement à récompenser l'abus et à sanctionner la vertu. En effet, que vous ayez des comportements à risque ou des comportements vertueux, vous payez le même tarif. Vous avez donc un intérêt objectif à vous déresponsabiliser, et à rentabiliser vos cotisations maladie en dépensant un maximum et en prenant le moins possible soin de vous-mêmes. Les Français qui fument trois paquets de cigarettes par jour et qui boivent deux litres de vin ne payent pas la santé plus cher que les autres, et il est à peu près acquis qu'ils récupéreront des sommes plus élevés que les Français qui font attention. Pire: Marisol Touraine vient de proclamer la gratuité des visites chez les généralistes... gratuité apparente, bien entendu, qui s'appelle généralisation du tiers payant. On ne s'étonnera pas, après cette aberration, de voir les Français de moins en moins prévenant vis-à-vis de leur santé, et de plus en plus dépendants des soins qui leur sont officiellement offerts.

Economie

Eric Verhaeghe : Sur ce point, l'une des pires aberrations est le maintien du taux du livret à 1%, alors que l'inflation est proche de zéro. On voudrait convaincre les Français de ne pas dépenser, on ne s'y prendrait pas autrement. Surtout que, dans le même temps, le gouvernement a encore réduit les avantages du plan épargne logement. Cette situation est tout à fait ahurissante. L'achat de logements diminue comme peau de chagrin, mais Bercy prend une mesure qui désincite à faire construire. La consommation est en phase d'étiage, mais le gouvernement améliore la rémunération de l'épargne. Comment voulez-vous que ça marche?

Philippe Crevel : L'Etat, au travers du Pacte de responsabilité, dit qu'il fait un effort, et que c'est aux entreprises de répondre à travers de l'investissement et des créations d'emploi, tout en oubliant tous les impôts et charges sociales qui ont été ajoutés précédemment. Non seulement les compteurs ne sont pas remis à zéro, mais en plus une vision administrée de l'économie persiste, ce qui traduit une méconnaissance flagrante des règles de fonctionnement de l'économie de marché. D'autre part, on a toujours du mal à prendre en compte la sécurité juridique et fiscale à moyen et long terme du développement économique des entreprises. On se contente de penser que ce que l'Etat veut, les entreprises le peuvent.

Augmentation du nombre de fonctionnaires pour compenser la hausse du chômage

Eric Verhaeghe : Il est à craindre que le diagnostic soit pire que vous ne l'imaginez! il est en effet très plausible que l'augmentation des effectifs ne s'explique par une incompétence complète des états-majors qui ne contrôlent plus l'activité sur le terrain. Les chefs donnent des instructions, et les soldats n'en font qu'à leur tête. C'est au moment de dresser les bilans qu'on s'aperçoit du désastre: les ordres n'ont pas été appliqués, ou alors de mauvaise foi, en traînant les pieds, avec l'intention de montrer qu'ils ne peuvent pas réussir.

Philippe Crevel : Le développement du secteur non marchand comporte un coût important sous forme d'impôt, destructeur d'activité par ailleurs. Il s'accompagne aussi d'un réseau clientéliste dans les collectivités locales, car un fonctionnaire heureux est un potentiel électeur. C'est un peu comme une drogue, une fois mis le pied dedans, il est difficile de s'en sortir. Il est maintenant très compliqué de revenir sur ce qui a été créé, car cela reviendrait pour les élus à se mettre à dos des familles, des électeurs et des agglomérations entières. Les collectivités locales empiétant souvent sur le domaine des entreprises, cela tue de l'activité : une piscine privée, par exemple, ne peut pas être concurrentielle, car il s'en trouve toujours une publique pour imposer son monopole. Le plus souvent, les emplois publics créés sont de catégorie B et C, c’est-à-dire peu structurants, et donc surtout clientélistes. Pour financer le public, il faut des impôts, impôts qui peuvent pousser les acteurs privés à délocaliser pour trouver une localité fiscalement moins gourmande.

Logement

Philippe Crevel : La France est l'un des pays d'Europe qui consacre le plus d'argent public au logement, avec pour résultat des loyers, des maisons et des appartements chers, ainsi qu'une pénurie de logement importante. On n'arrive plus à sortir de ce cercle vicieux, car par peur que tout s'effondre, on maintient le système sous injection, tout en ne soignant pas les problèmes, qui sont à la fois fonciers et réglementaires. En effet l'excès de réglementation a abouti à réduire le locatif privé par découragement et faible rentabilité. Le système mouline à vide, avec une déperdition financière très importante, faisant le malheur de ceux qui cherchent un logement.

Retraites

Philippe Crevel : Le conseil d'orientation des retraites a indiqué que même si un retour à bonne fortune se produisait, le taux de remplacement diminuerait de 22 %. On gère donc de la pénurie sans régler le problème, car rien ne prouve que nous parvenions à l'équilibre d'ici 2020. De plus, du déficit sera accumulé depuis aujourd'hui à 2020 au minimum. Nous nous trouvons entre le mythe de Sisyphe et l'enclume et le marteau.

Les structures n'ont pas été transformées, contrairement à ce qu'ont fait les Allemands, les Canadiens ou les Suédois, qui eux ont instauré un régime unique. Nous n'avons pas développé la capitalisation comme complément de revenu pour faire face à la baisse des retraites par répartition. Pour le moment nous nous contentons de poser un cautère sur une jambe de bois. 

Emploi

Philippe Crevel : Aujourd'hui la seule manière de traiter l'emploi qu'on nous présente réside dans les contrats d'avenir et de génération. Les jeunes sont touchés par un taux de chômage de 25 %, et les séniors connaissent également des problèmes importants. La seule solution envisagée, c'est de créer des emplois administrés. C'est ainsi que nous sommes parvenus à un record de 400 000 emplois administrés en France, sans avoir soulagé le chômage des jeunes et des séniors. On ne se pose pas la question de l'employabilité des jeunes, et à l'autre bout on ne cherche pas à comprendre pourquoi les entreprises se séparent de leurs employés de plus de 50 ans. Ni les pouvoirs publics, ni les partenaires sociaux n'apportent de réponse. Au lieu d'un système de développement de l'offre, nous nous trouvons dans un traitement purement administratif du chômage.

Assurance maladie

Philippe Crevel : Le déficit structurel de 8 milliards d'euros est reporté d'année en année. Le gouvernement a simplement généralisé les complémentaires santé et attend l'année d'après pour savoir comment transférer sur le dos des actifs une partie du déficit structurel transmis de gouvernement en gouvernement depuis une grosse décennie. Quelques intentions sont manifestées, mais jamais on ne va au bout de la logique.

Economies en termes de dépenses publiques

Philippe Crevel : D'année en année, on nous dit qu'on va réellement faire des économies budgétaires, mais on reste dans la tentation de pratiquer une moindre progression. On ne rentre pas dans une vraie dynamique d'économie budgétaire. D'ailleurs d'année en année le nombre de fonctionnaire s'accroît, pour se positionner à 5,6 millions aujourd'hui. On est entre le jeu de bonneteau et le mistigri : jeu de bonneteau pour transférer les charges de l'Etat vers les collectivités locales, et mistigri pour le fait de cacher sous le tapis d'éventuels dépassements en espérant passer une année supplémentaire. Les collectivités locales répercutent les transferts de charges sur le contribuable local. La réforme territoriale consiste elle aussi à se refiler les mauvaises dépenses dont on ne veut pas, et elle ne permet pas d'augmenter la responsabilité des acteurs, alors que la logique voudrait qu'on se dirige vers un système fédéral, avec une autonomie accrue au niveau de la fiscalité et un contrôle juridictionnel plus fort des dépenses des collectivités publiques.

SNCF

Philippe Crevel : Le système coûte très cher, et la qualité de service se détériore, par conséquent la SNCF refuse à tout prix la libéralisation, dans laquelle elle voit sa fin prochaine. Mais pour essayer de sauver le statut du cheminot, son système de retraite et éviter la banqueroute de la dette du Réseau ferré de France (RFF), on se retrouve forcé d'aller toujours plus loin dans le monopole et le blocage de toute libéralisation. Les tarifs augmentent et l'usager ne bénéficie donc d'aucun avantage. En réalité nous aurions tout intérêt à libéraliser, pour rentabiliser le réseau ferré, à pousser la SNCF à se moderniser, et à développer des compagnies européennes pour dépasser les blocages nationaux.

D'où vient ce vice français consistant à dépenser toujours plus d'argent là où ce n'est pas nécessaire, et à traiter les conséquences plutôt que les causes ?

Eric Verhaeghe : Il y a un vrai problème, aujourd'hui, de management public. La France est au bord du gouffre mais, plus que jamais, les promotions se font à la servilité politique et non sur des critères de compétence. Un haut fonctionnaire qui veut faire carrière a tout intérêt à mal gérer le pays: s'il se montre soucieux de respecter les équilibres financiers, il doit dire non, il doit réformer, changer les habitudes, c'est-à-dire susciter de la grogne et du mécontentement qui lui sera toujours reproché par un ministre habitué à n'entendre que ce qu'il a envie d'entendre. Un bon cire-pompe, en revanche, progresse beaucoup plus facilement: son seul défaut est de piocher dans la poche du contribuable pour huiler les rouages de sa carrière, mais qui le lui reprochera? il aura la Légion d'Honneur à 40 ans, sera nommé en cabinet ministériel et pourra exporter dans un poste encore plus important cette méthode mortifère qui consiste à faire payer les Français pour sa réussite individuelle.

Philippe Crevel : C'est une tradition française dans le sens où un principe fait loi depuis très longtemps : "l'intendance suivra". La gestion en temps réel ne fait pas partie des habitudes de la France, qui a besoin de se trouver au bord du précipice pour se réformer. La France bénéficie d'atouts tels que l'on a souvent tendance, par laxisme et fatalisme, à se dire que la France va de toute façon surmonter les moments difficiles. Le système électoral fait que la prime va toujours au plus grand démago, et que celui qui propose des larmes, de la sueur et du sang est un maso qui n'a pas vocation à gagner une élection.

Le précipice qui obligerait la France à enfin s'attaquer aux causes plutôt qu'aux conséquences est-il encore loin ?

Eric Verhaeghe : Nul ne peut le savoir. Beaucoup, auxquels j'appartiens, considèrent que la crise de 2008 a ouvert une ère de réalisation possible du risque. Comme il s'agit d'un risque maximal, sa volatilité est maximale. Il peut arriver du jour au lendemain, c'est-à-dire demain comme dans dix ans, et emporter tout sur son passage en quelques mois. Regardez la bourse de Zurich: qui aurait cru en décembre qu'elle aurait pu perdre 20% en deux jours? Regardez la manifestation du 11 janvier: qui aurait prédit une telle mobilisation chez les Français que l'on disait abstentionnistes, désabusés, voire totalement individualistes ? C'est le propre des époques de crise: tout y est possible, même l'immobilisme. Personnellement, je crois toutefois raisonnable que l'on en finisse vite!

Philippe Crevel : La France est comme un joueur de poker qui pense pouvoir se refaire à la partie suivante. Tant qu'il est admis autour de la table, le soldat Ryan français a l'impression qu'il pourra encore jouer une partie gratuite.

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