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Gouvernement politicien ou gouvernement d’entrepreneurs ? Un choix entre un destin personnel et celui de l’économie
©LUDOVIC MARIN / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Gouvernement politicien ou gouvernement d’entrepreneurs ? Un choix entre un destin personnel et celui de l’économie

Denis Jacquet revient cette semaine sur les défis qui attendent le gouvernement du nouveau Premier ministre Jean Castex face à l'impact de la crise économique liée au coronavirus.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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L’économie Européenne, mais surtout Française, sera en ruine à la rentrée. Nous aurons eu à la fois l’un des confinements les plus durs et le plus privatif de liberté. Nous aurons eu l’un des plus forts taux de mortalité par 100 000 habitants, quand les USA et le Brésil, tant décriés dans la presse, restent très en dessous du nôtre.

Nous aurons eu, comme toujours, les « meilleures » mesures économiques de compensation, qui fournissent à la France le bonheur d’un effet retard d’autant plus violent qu’il arrivera à la rentrée. Moment précis où les français se remettront à peine de leurs coups de soleil pris en Europe, puisque sous un prétexte sanitaire fallacieux, on nous interdit de consommer ailleurs qu’en Europe. L’Europe a généreusement ouvert les frontières de 14 pays, dont celles de la Chine, qui offre le spectacle de nouveaux cas et pics du virus et s’abat sur Hong Kong, ou encore l’Algérie, qui était le pays les plus atteint du Maghreb. Mais pas les USA (17 Etats jamais confinés faute de cas-ou si peu), l’Afrique (peu touchée à ce jour) et tant d’autres pays, qui nous restent interdits et nous privent toujours de nos droits fondamentaux.

Un Américain aurait plus de chances de nous contaminer qu’un Italien ou un Espagnol, on encore un Belge qui affiche le plus fort taux de mortalité au monde. Cherchez à comprendre ? Ou plutôt ne cherchez plus, il faut privilégier le tourisme en Europe pour regonfler le pneu crevé de notre économie dévastée. Après tout pourquoi pas, mais que l’Europe ait au moins le courage de le dire.

Quoi qu’il en soit, la crise va être dure, violente et entraînera vraisemblablement des mouvements tectoniques majeurs, car la lave mal ravalée des gilets jaunes, l’excitation des mouvements d’extrême gauche, associés à ceux qui souhaitent réécrire notre passé et souhaitent en découdre avec les quelques statues encore en place, va ressortir du volcan. Pas sous forme d’eau, mais bien de magma incandescent.

Les Français vont prendre coup sur la tête après coup sur la tête, en voyant s’égrener chaque soir au journal de 20H le nombre de morts économiques, comme au bon temps de celui qui fut notre croque-mort quotidien, le bon docteur Salomon, l’homme aux « sans » masque. Les Français, vont être « karcherisés » par une pulvérisation quotidienne de milliers d’emplois supprimés. Ils vont réaliser que la liste d’avant l’été, les Airbus, Renault et tant d’autres, n’était qu’un hors d’œuvre, et qu’à force de jouer directement ou indirectement le droit de retrait et de trouver du bon au confinement, qu’à force de refuser de réinscrire ses enfants à l’école et qu’à force de trouver du bon à ne pas retourner travailler, ils n’y retourneront simplement plus, car leur job aura été supprimé. Ceux, PME, TPE, salariés de régions qui furent confinés au nom de la centralisation Parisienne, alors que leur département n’affichait même pas un malade, et même pas le moindre début de rhume, et qui verront leur job supprimé, vont nous le faire payer très cher en venant rappeler à Paris, que « Nous c’est pas Paris !! ». Les mauvaises nouvelles entraînant le moral en direction des chaussettes, le français va de nouveau jouer la fourmi et épargner au cas où, torpillant un vague début de reprise de consommation, pour accroître encore l’effet infernal de la récession. On comprendra enfin ce que nous étions nombreux à dénoncer : Le fait que la récession fera plus de morts que le Covid.

C’est à ce moment que l’on va juger les choix du Président de la République (qui malgré tout cela n’est pas le pire, l’Europe au global, à part la Suède et l’Allemagne, l’Autriche…a été lamentablement suiviste et incohérente). Il a déjà fait un pas vers la tombe économique en nommant un haut fonctionnaire. La caractéristique d’un haut fonctionnaire, c’est d’avoir le droit d’être nul, mais d’être protégé par l’inamovibilité. Il a droit de voir l’économie d’en haut, avec ses copains de promo, qui comme lui (ou elle) n’ont jamais rencontré l’économie « d’en bas », celle des gueux, des « PM-Gueux ». Les prolétaires de l’économie, qui pourtant donnent à la France comme au monde occidental, ses seuls soldes nets d’emplois nets ces 15 dernières années en moyenne.

C’est donc un mauvais signe que cette nomination. Mais sait-on jamais !! On pourrait penser, en étant un peu naïf, que le Gouvernement d’un pays plongé en récession, pourrait vouloir privilégier l’économie, le digital, l’entreprise. Non ?  Il pourrait vouloir se dire que si l’on doit mettre des hommes et femmes de terrains, qui savent ce que notre pays a besoin de s’offrir pour s’offrir un avenir, c’est bien l’occasion ou jamais ? Pourtant quelque chose me dit que nous n’aurons pas ce plaisir, ou plutôt la réponse à cette nécessité.

Le prochain Gouvernement devra être une machine à réélire le Président. Alors, dire aux Français qu’on va mettre le pied à fond sur l’accélérateur des entreprises au moment où ces entreprises licencient, demande un courage que je ne vois pas poindre, dans ce gouvernement. A sa décharge nous ne l’avions jamais vu, dans les gouvernements précédents non plus. Mais le Président actuel nous avait promis une politique différente. Il me semble l’avoir entendu non ? C’était il y a très longtemps il est vrai. 3 ans. La mémoire est soluble dans l’immédiateté. Le monde du smartphone a fini de ravager nos capacités mémorielles au profit de celles de nos PC et téléphones.

Imaginez un Niel qui prendrait les PME et le digital, réunis dans un même Ministère, qui engloberait également le commerce extérieur. Imaginez une Laurence Paganini qui prendrait les femmes et le commerce. Étrange ? Non, les femmes ont été la variable d’ajustement de la crise, aussi remettre l’entreprise à leur service serait une excellente idée. Il faut garder Muriel Pénicaud bien entendu, et mettre un Ministre de l’Économie capable de nous produire un véritable Pacte PME. Thierry Breton par exemple ? Introduire un français d’origine Africaine à la relation à l’Afrique, seul continent dont nous pourrions tirer, pour un bénéfice enfin réciproque et partagé, une croissance commune ? Supprimer tous les comités Théodules du type conseil national du numérique. Faire de la CNIL un outil à gérer une data dynamique, qui nous propulse dans le siècle à venir plutôt que de se livrer à des luttes d’arrière-garde, qui nous privent de passeport numérique de santé, de capacité d’être un B-Corp ou une entreprise à mission, faute de pouvoir fournir des données que l’on nous interdit de trier. Christine Lagarde comme Ministre de l’Économie, cela aurait un peu de panache non ?

Les talents nous les avons. Les ambitions, les entrepreneurs français l’ont. Auront-ils un Gouvernement à la hauteur, qui soit jugé non sur ses talents d’éloquence, sa capacité à dire tout et son contraire, comme l’ENA leur a appris, avec le même aplomb à quelques heures d’intervalle, sans le moindre début de honte. Aurons-nous des gens choisis non pas sur leur capacité à passer des concours, mais à délivrer des résultats ? Et être jugés sur leur obtention ? Des hommes et femmes dotés d’un QE (quotient émotionnel) à la hauteur de leur QI, ce dont, tout entrepreneur de PME, TPE, est naturellement richement doté? Mr le Président, vous devez choisir entre le destin de la France et le vôtre, nous saurons cette semaine ce que vous avez choisi. Nous, nous sommes disponibles !

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