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Etats-Unis : le chômage de ceux qui n’ont aucun diplôme chute de 15,8% en 2011 à 6,5% en 2017, mais comment ont-ils fait ?
©Reuters

Libéralisme mon amour

Etats-Unis : le chômage de ceux qui n’ont aucun diplôme chute de 15,8% en 2011 à 6,5% en 2017, mais comment ont-ils fait ?

Grâce à des politiques économiques très actives, les Etat-Unis ont été capable de consolider la croissance à la sortie de la crise de 2008.

Christine  Rifflart

Christine Rifflart

Christine Rifflart est economiste senior au Département analyse et prévision de l'OFCE. Elle est particulièrement intéressée par l'économie américaine.

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Atlantico : selon les derniers chiffres de l'emploi aux États Unis, le pays serait parvenu à faire passer son niveau de chômage, pour les personnes les moins éduquées (en deçà du "high school") de 15.8% en 2011 à 6.5% en ce début d'année 2017. Comment les États-Unis sont-ils parvenus à un tel résultat alors même que les interrogations relatives aux perspectives des personnes les moins éduquées semblent interroger les économistes ? Quelles ont été les politiques menées ?

Christine Rifflart : Les États-Unis sont dans une situation où la croissance est repartie assez fortement depuis 2010, et c'est traduit par une baisse du taux de chômage rapide. Pour soutenir, cette croissance, ils ont mis en place des politiques économiques très actives, aussi bien monétaire que budgétaire, ce qui a permis de faire repartir la croissance américaine assez rapidement. Ça s'est réduit par une reprise de l'emploi et un retour au plein emploi.

Plus globalement, le taux de chômage américain est aujourd'hui deux fois inférieur à celui de la zone euro, alors que les deux taux étaient comparables (10%) à la fin de l'année 2010, comment expliquer cette dichotomie ?

Christine Rifflart : Encore une fois, les politiques macro-économiques ont été fondamentalement différentes. Aux États-Unis, après la crise, la croissance est repartie aussi aux États-Unis que dans la zone euro. C'est à partir de 2011 que la croissance de la zone euro s'est grippée, et qu'on a connu une 2nde crise qu'il n'y a pas eu aux États-Unis. Ils ont pu continuer sur leur lancée parce qu'ils n'ont pas hésité à faire du déficit budgétaire. On est sur des ordres de déficit de 5% du PIB depuis au moins 2014. En 2009, 2010 et 2011, le solde budgétaire était supérieur à 10% du PIB. Pendant 4 ans, jusqu'à 2013 donc, que, la croissance bien installée, leur déficit s'est réduit sensiblement. Leurs politiques économiques de soutiens étaient extrêmement dynamiques.

Sur la politique budgétaire, ils ont acté le quantitative easing pour aller plus loin dans le desserrement monétaire. Ils ont été très actifs en termes de baisse des taux, ils ont soutenu la croissance en essayant d'influer directement sur les marchés financiers en achetant des titres pour faire baisser les taux publics, puis privés, courts et longs. Du coup, cela a permis à la croissance de se consolider, avec un impact sur l'emploi et le marché du travail. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu des laissés-pour-compte. Il y a des gens qui sont sortis du marché du travail, mais qui n'y reviennent plus. Il y a une baisse du taux de chômage, avec des gens qui ont été marginalisés. 

En quoi les européens pourraient s'inspirer du cas des États-Unis pour améliorer la situation de la zone euro ?

Christine Rifflart : En essayant de consolider la croissance par des politiques qui continuent d'être accommodantes dans le cadre de la politique monétaire, et ne pas faire de politique de resserrement budgétaire trop forte, qui nuirait à la croissance. 

 

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