Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 20 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Sécurité et sûreté des installations nucléaires : du bon usage de la transparence

La commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaire a présenté son rapport le 5 juillet dernier, dit « rapport Pompili », députée LREM de la Somme désignée comme rapporteur, ancienne secrétaire d’Etat à la biodiversité du gouvernement Valls et ancienne militante d’Europe écologie les Verts (EELV).

Rapport Pompili

Publié le
Sécurité et sûreté des installations nucléaires : du bon usage de la transparence

 Crédit PHILIPPE DESMAZES / AFP

Disons-le tout net : il serait tout à fait loisible de s’étendre sur les conclusions au fond de ce rapport. Une telle analyse, qui ne manquerait pas d’être jugée partisane puisqu’il s’agit en l’occurrence d’un acteur essentiel, EDF, permettrait sans doute de nourrir un débat technique. Un tel débat n’est d’ailleurs pas saugrenu. La question nucléaire, dans un pays qui tel la France accorde une place centrale à cette source d’énergie, qui possède 58 réacteurs, enfin qui exporte son savoir-faire, est bel et bien un sujet sérieux, à traiter comme tel, contrairement d’ailleurs à ce que certains pratiquent allègrement, comme l’a montré la récente intrusion d’un drone venu percuter le mur d’une centrale.

Il montrerait qu’en fait de sécurité (protection contre les actes malveillants extérieurs) et de sûreté (conception, construction et fonctionnement des installations, principalement à charge de l’exploitant), deux concepts que l’on mélange joyeusement, l’ensemble des acteurs concernés (ASN, éléments spécialisés de la gendarmerie, EDF etc.) garantissent à la France des résultats qui se situent au plus haut des standards internationaux. Il montrerait, par exemple, sur la question des sous-traitants, point soulevé par le rapport Pompili, que tous les salariés intervenant sur les centrales nucléaires sont soumis aux mêmes conditions d’intervention, bénéficient d’une protection identique vis-à-vis des risques et de formations similaires quel que soit leur statut. Et rappellerait que les conditions d’intervention des sous-traitants sont d’ailleurs strictement encadrées par un décret du 28 juin 2016.

Au-delà de ces questions, suivant l’heureuse formule de Gustave Flaubert rappelant que la forme n’est que « le fond remontant à la surface », il faut s’intéresser aux conditions d’élaboration de ce rapport et au travail de la commission parlementaire dédiée. En effet, Mme Pompili, ardente pourfendeuse de ce qu’elle estime être l’ « opacité » de la filière nucléaire, n’a pas déguisé ses reproches en la matière, estimant « qu’on a plutôt le sentiment qu’un gros travail est fait pour essayer de protéger les centrales, mais qu’on ne peut pas le vérifier ». Dans ce contexte, qu’il soit permis de faire deux séries de remarques.

En premier lieu, de quelle opacité parlons-nous, et, plus précisément, de quel degré d’information la commission parlementaire a-t-elle bénéficié ? Ces éléments ayant été rendus publics – et jusqu’à présent non contestés - il n’est pas inutile de les citer, pour apprécier in concreto la réalité des informations dont la représentation nationale a pu prendre connaissance. EDF a collaboré avec la commission de plusieurs manières. Plusieurs hauts dirigeants ont été auditionnés, faut-il le rappeler, sous serment. Les questions posées par la commission d’enquête ont été traitées sous forme de réponses totalisant plusieurs milliers de pages. En outre, à la demande de la commission, plusieurs visites de sites ont été réalisées (Gravelines, Tricastin, Flamandville). On pourrait continuer, et rappeler d’ailleurs que la filière nucléaire – il faut s’en réjouir – est la seule filière régulée par une loi spécifique imposant aux acteurs des obligations en termes de transparence.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par lexxis - 13/07/2018 - 09:48 - Signaler un abus PAS LA PRÉSIDENTE QU'IL FAUT!

    Lors qu'on veut un rapport sensé équilibré et indépendant sur la filière nucléaire, on ne confie pas la présidence de la commission qui en est chargée à une écologiste. Encore un exemple de ces fameux conflits d'intérêts vis-à-vis desquels toutes nos belles élites sont en déni permanent et qui ravalent la France à un rang indigne dans les classements internationaux sur la transparence publique.

  • Par moneo - 13/07/2018 - 10:46 - Signaler un abus stupidité ou connivence verte des parlementaires

    confier la lutte contre l'incendie à un pyromane c'est du pareil au même..mais là c'est pire c'est toujours augmenter le son du TAM TAM médiatique :le nucléaire c'est dangereux et mal contrôlé..; Derrière tout cela les milliards de l'énergie verte à conquérir par et pour les copains du pouvoir et les verts... Peut on tout mettre sur la table publique? pourrait on exiger les noms de nos espions ? Par contre si on avait placardé sur les barrières de toutes les installations nucléaires:au delà de cette barrière tout individu non autorisé sera abattu sans sommation ;il y aurait moins de guignols jouant les héros quant aux drones il existerait désormais des moyens électroniques pour les abattre et même s'en emparer et pour les jouets type dernière opération médiatique un aigle peut suffire . là encore 10ans de prison pour atteinte à la sureté nucléaire devrait calmer les ardeurs de nos fossoyeurs de l'energie compétitive

  • Par vangog - 13/07/2018 - 14:47 - Signaler un abus C'est Pompili qui est opaque...

    cette rescapée d'une très veille idéologie décroissante n'est pas la mieux placée pour traiter le difficile dossier du nucléaire. donnez ce dossier à des gens sérieux, Philippe!....

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Bruno Alomar

Bruno Alomar, économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, auteur de Grandes Questions Européennes (Armand Colin, 4em Edition), professeur à Sciences Po

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€