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Des millions d’années de salaires minimum pour rattraper les milliardaires français : faut-il interdire les milliardaires ou... la bêtise ?

Il faudrait à la France moins d'aigris, moins d'envieux, et davantage de riches et de richesses.

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Des millions d’années de salaires minimum pour rattraper les milliardaires français : faut-il interdire les milliardaires ou... la bêtise ?

Depuis 2003, nous disposons en France d'un Observatoire des inégalités, organisme privé indépendant désormais membre du réseau européen Inequality Watch (2011). D'inspiration bourdivine[1], cet Observatoire des inégalités, au conseil scientifique duquel siègent, entre autres, Monique Pinçon-Charlot, sociologue, et Thomas Piketty, économiste, se donne « pour mission de dresser un état des lieux le plus complet possible des inégalités en France, en Europe et dans le monde[2] ». Les inégalités sont partout, il n'est pas nécessaire de réfléchir longtemps pour le comprendre, et il y a donc là de quoi occuper des générations de chercheurs.

Le 30 janvier dernier, cet Observatoire des inégalités a publié une nouvelle étude dont le principe, simpliste, consiste à diviser la valeur estimée du patrimoine professionnel des premières fortunes de France – en reprenant les chiffres publiés cet été dans le magazine Challenges[3] – par le montant d'un Smic annuel brut (donné à 17 770 euros pour 2017).

L'étude propose quelques calculs agrégeant les dix premières et même les 500 premières fortunes. L'addition de ces sommes gigantesques est censée nous scandaliser mais elle n'aboutit qu'à les rendre encore plus inconcevables. Et en regroupant les millionnaires avec les milliardaires, elle ne fait qu'abaisser le montant moyen des fortunes et donc réduire l'écart avec le revenu annuel de l'employé payé au salaire minimum.

L'objectif de l'étude étant de choquer le quidam, elle concentre donc principalement ses feux sur Bernard Arnault, en tête du classement avec ses 47 milliards d'euros de patrimoine professionnel. Pour en déduire quoi ? Qu'il faudrait 2,6 millions d'années à un Smicard se privant de tout (épargnant même ses cotisations salariales !) pour s'offrir Le Bon Marché, Bulgari, Céline, Château d'Yquem, Chaumet, Christian Dior, Les Échos, Givenchy, Glenmorangie, Guerlain, Hennessy, Kenzo, Krug, Louis Vuitton, Moët & Chandon, Le Parisien, Ruinart, La Samaritaine, Sephora, Veuve Clicquot Ponsardin et quelques autres maisons prestigieuses. Édifiant ! Ou encore que Bernard Arnault, s'il revendait ses participations, pourrait généreusement permettre à un fonctionnaire mal payé de s'ennuyer ou de nous tracasser pendant 2,6 millions d'années !

Les auteurs de l'étude semblent confondre patrimoine professionnel et ticket de loterie gagnant. Le patrimoine professionnel de Bernard Arnault est précisément ce qu'il ne consomme pas, c'est du capital investi, un outil industriel et commercial productif. C'est donc une énorme responsabilité qui pèse sur les épaules de cet homme que de faire fructifier ce patrimoine, miser sans se tromper sur les marchés en croissance et choisir des directeurs artistiques ou des créateurs de mode qui ne seront pas désavoués par la clientèle dès la prochaine collection. Qui a oublié l'histoire – l'ascension et la chute – de l'empire Boussac ?

 
Commentaires

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  • Par lexxis - 21/02/2018 - 10:15 - Signaler un abus LES "VENDEURS DE FIEL"

    Grâce à la Gauche, la France nourrit sans doute une des plus importantes cohortes de "vendeurs de fiel" du monde.Ces gens-là pour lesquels la lutte contre les inégalités passe toujours par la dénonciation, mais jamais par l'exemple personnel, vivent pour la plupart très bien des inégalités dont ils profitent personnellement (le plus souvent statut de fonctionnaire, revenus élevés, meilleures écoles etc), sans jamais songer à réduire le moins du monde les abus dont ils sont les principaux bénéficiaires. En outre, ils oublient volontiers d'intégrer dans leur patrimoine la capitalisation de la rente correspondant à la situation que leur garantit souvent un statut très protecteur et que nos économistes renoncent à valoriser tout simplement parce que techniquement et mathématiquement, c'est un peu plus difficile que d'estimer un appartement ou une voiture. Enfin peu leur chaut l'effet de ruissellement indiscutable qui fait que les plus grandes fortunes génèrent non seulement de la richesse pour leurs titulaires, mais du mieux-être pour beaucoup et enfin ces gens-là qui prônent une redistribution sans limite ne s'interrogent jamais sur le pharamineux gaspillage public qui s'ensuit.

  • Par kelenborn - 21/02/2018 - 13:34 - Signaler un abus ah ben dis donc

    C'est Vangode qui va être content parce que ça...c'est pas un article de gauchiste! Juste un truc: il faudrait plus de riches et plus de richesse!!! C'est pas Bernard Arnaud qu'il faut citer comme modele, c'est Jean-Bedel Bokassa!

  • Par Cervières - 21/02/2018 - 14:33 - Signaler un abus Monique Pinçon-Charlot, sociologue, et Thomas Piketty, économist

    On les comprend pour ce qui est de l'intelligence!! Thomas Piketty, le Gratien Tonna de l'économie?

  • Par BABOUCHENOIRE - 21/02/2018 - 16:39 - Signaler un abus Mais pourquoi de si brillants esprits que sont Mme

    Pinçon-Charlot et Mr Piketty, n'ont ils pas créé de société pour faire fructifier leurs revenus? Mais cela demande sans doute plus d'efforts et surtout plus de réactivité que de travailler dans et pour des organismes publiques où la culture du résultat n'existe pas. Jalousie pourquoi es tu si forte ?

  • Par ajm - 21/02/2018 - 19:04 - Signaler un abus Oncle Picsou.

    La fortune du fondateur et plus grand actionnaire de LVMH n'est pas une grande cave de pièces d'or comme le trésor de l'oncle Picsou. C'est la valeur boursière de ses participations â un moment donné, participations qu'il ne souhaite pas céder et monétiser. Même s'il le faisait, ce serait pour en réinvestir le produit net d'impôt dans de nouvelles affaires plus porteuses de croissance .

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Olivier Méresse

Olivier Méresse est consultant en entreprise, et secrétaire de l’Aleps (Association pour la liberté économique et le progrès social). 

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