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"Fainéants" : la faute de com' qui pourrait faire basculer les indécis ou les Français en retrait dans l'opposition à la loi Travail

Emmanuel Macron est-il en train de s'aliéner une partie des Français qui auraient pu laisser passer la loi travail mais que sa manière de disqualifier ses adversaires insupporte ?

Contre-temps

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"Fainéants" : la faute de com' qui pourrait faire basculer les indécis ou les Français en retrait dans l'opposition à la loi Travail

Atlantico : Les premiers mouvements sociaux d'opposition à la loi travail auront lieu ce 12 septembre, pour un projet qui semble déjà être rejeté par une majorité des Français. Au delà du fond, dans quelle mesure cette opposition peut elle également découler du ton "cassant" d'Emmanuel Macron, entre les déclarations relatives à une France qui ne peut être réformée, sur les "fainéants, les cyniques, et les extrêmes". En quoi cette stratégie qui vise à forcer les Français à choisir leur "camp" peut elle provoquer un rejet de la part d'électeurs qui auraient pu soutenir le projet sur le fond ? 

Erwan Lestrohan : Il est aujourd’hui encore un peu tôt pour anticiper un éventuel impact de l’attitude d’Emmanuel Macron sur la contestation.

L’indicateur clé de l’hostilité à l’égard du projet sera en priorité l’ampleur de la mobilisation ainsi que sa durée. Si la communication présidentielle peut avoir un impact, c’est avant tout car la capacité  du Président à entendre les réserves de ses détracteurs pourra maintenir, ou non, le dialogue et éviter toute forme d’enlisement susceptible de créer des ruptures. Durant le quinquennat de François Hollande, certains débats ont généré des « divorces » entre certaines franges de l’électorat et le chef de l’Etat. Ce fut le cas de l’épisode du Mariage pour tous qui a acté une hostilité à l’égard du Président dans un large pan de l’électorat de droite mais aussi du débat sur la déchéance de la nationalité, quasi-concomitamment avec la réforme du code du travail qui a achevé la cassure avec les Français se situant politiquement à la gauche du Parti socialiste.

Le rejet relatif à la Loi El Khomri est survenu après 4 années de présidence Hollande, largement contestée. Alors qu'Emmanuel Macron ne souffrait pas de ce "rejet à priori" qui pouvait toucher François Hollande, et en considérant qu'Emmanuel Macron a bien été élu pour réaliser ce programme, comment comparer que les deux situations ? 

Les deux situations sont comparables dans la mesure où ces deux réformes d’ampleur poursuivent la finalité de donner plus de flexibilité au marché du travail. Cette évolution dispose d’un soutien de l’opinion à priori : dans un sondage antérieur à la loi El Khomri, en février 2016, 78% des Français jugeaient important de réformer le code du Travail. En revanche, là où la contestation trouve sa source, pour les deux réformes présidentielles, c’est que les Français, s’ils anticipent bien les bénéfices potentiels des changements envisagés pour les entreprises, doutent que ces évolutions permettront d’améliorer leur situation personnelle. Dans un sondage BVA pour La Tribune de février 2017, 71% des Français estimaient que le programme économique d’Emmanuel Macron ne permettrait pas de protéger davantage les salariés.

Pour poursuivre la comparaison, il faut aussi avoir en tête qu’il existe une différence de forme notable entre les deux contextes projets. En 2016, la loi El Khomri a été adoptée via le recours au 49.3, ce qui a été considéré comme un « passage en force » voire un « déni de démocratie » face à la contestation populaire et a fini d’acter la rupture entre le couple exécutif et une part de la population. Dans le cadre actuel, si les ordonnances ne supposent pas d’aller-retour législatif, elles impliquent tout de même un vote, ce qui rend la méthode d’adoption potentiellement différente dans l’esprit des Français et pourrait renforcer l’acceptabilité du crû 2017.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 12/09/2017 - 11:54 - Signaler un abus La faute est au-delà de la com'

    Les ordonnances sont un réel déni de démocratie, à n'utiliser que dans le cas de crises gravissimes et subites, et dans le cadre d'une union nationale; nous sommes très loin de tout ça, et ces ordonnances sont donc déjà de la com'. La question sur la micro-réforme Macron n'est pas de savoir ce que seront les conséquences sur la popularité du président, mais quelles en seront les effet économiques: a priori, aucun, et c'est là le vrai problème.

  • Par lémire - 12/09/2017 - 16:26 - Signaler un abus Clivage recherché

    "Fainéant" vise des gens qui ne sont populaires ni dans l'électorat LR ni dans celui du FN. Je ne vois pas Macron tenter de se concilier l'électorat de gauche, et toute tentative dans ce sens serait catastrophique pour lui et une aubaine pour LR. Autant l'histoire avec le budget de l'armée était très maladroite, autant celle-ci devrait passer sans problème

  • Par ISABLEUE - 12/09/2017 - 17:12 - Signaler un abus Sale type mal élevé

    en Grèce pour nous insulter au lieu d'anticiper les cyclones dans les Iles Caraïbes du Nord; et il parait que tout va bien ... on serait tous des abrutis et des illettrés. Mal élu.... et ces ordonnances sont un déni de la démocratie au 21ème siècle. Pas 4 mois à l'Elysée et c'est déjà le bordel...

  • Par tananarive - 12/09/2017 - 17:55 - Signaler un abus La course.

    Micron ou méchantcon qui est le plus mal élevé, la course est lancée

  • Par g16 - 12/09/2017 - 18:40 - Signaler un abus fainéants

    en dehors des fainéants qui sont dans la rue, il y a quelques courageux au gouvernement qui font tout leur possible pour trouver du travail à tout le monde.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 12/09/2017 - 19:14 - Signaler un abus Très bonne opération de com.

    C'est une sortie bien réfléchie... Les fenéants qui se sentent visés ne votent pas pour lui, quant aux autres, ils sont d'accord avec lui.

  • Par Fran6 - 12/09/2017 - 19:24 - Signaler un abus les fainéants existent!

    fainéant fainéant, enfin une vérité! que cela plaise ou non, cela existe et c'est la plaie des entreprises, surtout des TPEs, vendredi, je me débarrasse (c'est vraiment le mot) d'un fainéant, il a enfin fait la faute grave, inévitable au bout d'un moment, c'est arrivé!!! depuis des mois et des mois nous avons subi, patron comme employés, sa paresse comme ses absences, 159 000€ de pertes en 18 mois!!! il faut le savoir, nous sommes des milliers à avoir eu le cas, cas qui détruit des petites entreprises par ses méprisants gauchistes!! les pertes sont énormes car le cout du travail est trop élevé, ils font cela car dès la sortie de l'école, ils sont lobotomisés de cette haine du patron, mais enfin, à partie de vendredi, je vais enfin revivre avec un vrai salaire, Macron, je te blaire pas mais sur ce coup, lâches pas!

  • Par Deudeuche - 13/09/2017 - 06:13 - Signaler un abus @Lemire

    L'électorat de gauche (journalistes et boboitude) est satisfait par sociétal Macron et La PMA pour toutes. Les prolos fainéants et FN et Insoumis compatibles ils détestent. Quant aux LR c'est la schizophrenie post Juppé/Fillon.

  • Par Shebear88 - 13/09/2017 - 14:56 - Signaler un abus plutôt habile

    comme positionnement, c'est aussi mon avis. Les "profiteurs" du "système" français, à tous les niveaux, sont légion et menacent de couler ledit système. Les Français, tout particulièrement ceux des classes populaires, ne l'ignorent pas. Le problème est que l'inexorable montée d'un chômage structurel a empêché d'y regarder de plus près pendant quarante ans. (Par parenthèse, ce chômage structurel n'est guère susceptible d'être résorbé par une action sur le droit du travail.) D'ailleurs, le gaspillage des deniers publics (de la part des administrations) est tout aussi dommageable que les abus des particuliers (où qu'ils se situent). Si l'intention est vraiment de réformer, bon courage.

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Erwan Lestrohan

Erwan Lestrohan est directeur d'études à l'Institut BVA.

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