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Brexit : Theresa May commence les négociations à coups de provocations et en prenant tous les risques

La discussion sur les conditions du Brexit va donc démarrer lundi 19 juin à Bruxelles sur un projet de scénario de sortie très dur. Les membres de l’Union européenne se montrent prêts à aller au bras de fer, les milieux d’affaires britanniques restent dans la plus grande confusion, mais aucun d’eux n’est certain qu’elle ira pourtant au bout.

1er round

Publié le
Brexit : Theresa May commence les négociations à coups de provocations et en prenant tous les risques

Theresa May a donc décidé de démarrer les négociations du Brexit dès ce lundi et a donné mandat à son ministre chargé de la sortie de l’Union, David Davis, de présenter et défendre un scénario dur. 

Pour beaucoup c’est de la provocation. Sans changement de ligne depuis ses résultats aux législatives.

Cette décision est incroyable et a pris de court les négociateurs de Bruxelles qui s’attendaient à ce que la Première ministre Britannique demande un délai, compte tenu de la situation compliquée dans laquelle elle s’est mise. Dernier baroud d’honneur de la Première Ministre avant un changement de cap ? Pas si sur !

Michel Barnier, qui est chargé de cette négociation pour l’Union européenne, était prêt à accepter de retarder de quelques jours ou même de quelques semaines afin que les anglais puissent recaler leur position. 

Mais pour Theresa May, pas question d’attendre. Pas même le discours de la reine qui marquera dans l’après midi, l’ouverture officielle de l‘année parlementaire, (ce qui a Londres est assez mal vu ) et surtout, pas même la formation de son gouvernement qui est loin d’être finalisée. (autre provocation en direction des parlementaires). Theresa May ne veut même pas attendre la définition d’un projet plus conciliant. 

 

Elle va donc prendre tous les risques. Pourtant, elle est fragilisée tant à l’intérieur de son pays qu’à l’extérieur.

Alors qu’elle voulait renforcer sa légitimité, elle a, en provoquant des élections, perdu sa majorité conservatrice et se retrouve contrainte de quémander le soutien du parti irlandais qui, sur le Brexit, n’était pas aussi clair que les anti-Brexit et conservateurs anglais. Elle se retrouve donc avec une majorité moins favorable au Brexit qu’auparavant car bricolée avec des alliances.

Au niveau européen, un certain nombre de leaders, dont ceux de France et d’Allemagne, avaient aussi fait dire à Theresa May qu’ils étaient prêts à accepter des aménagements pour que la Grande Bretagne ne sorte pas de l’Union européenne. 

L’Europe a besoin de la Grande Bretagne ... et surtout la Grande Bretagne a besoin du marché européen. 

Les milieux financiers et les industriels britanniques, les mouvements de jeunes étudiants, n’ont pas manqué d’intervenir à nouveau pour demander un assouplissement d’une attitude trop idéologique. 

Et bien, en dépit de toutes ces incertitudes et de ces pressions, Theresa May a maintenu sa décision d’aller au front. 

 

Les européens, menés par Michel Barnier, vont donc confirmer les conditions du divorce et notamment la facture. Cette facture représente quelques 100 milliards d’euros à payer pour pouvoir se dégager de l’Union européenne. Sachant que si la Grande Bretagne refuse les libertés fondamentales qui sont à la base du fonctionnement de l’Union européenne, elle perdra le passeport européen, ce qui veut dire que les productions de produits industriels et de services n’auront plus un accès libre au grand marché. Ajoutons que les citoyens britanniques perdront aussi le bénéfice des avantages sociaux dont ils profitent en Europe. 

 
Commentaires

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  • Par Totor Furibard - 19/06/2017 - 11:15 - Signaler un abus Encore de l'intox de Papy Sylvestre !

    Encore de l'intox de Mr Sylsvestre, rejoint d'ailleurs par les medias "mainstream". La GB a au contraire toutes les cartes en main pour la servir: C'est un état qui est en fait uni, déjà hors de la zone Euro, qui sait ce qu'il veut et qui a en face d'elle les marionnettes pittoresques et illégitimes de la commission européenne. Comme la commission est contrôlée et verrouillée par le monde des affaires, elle ne risquera jamais de compromettre les échanges commerciaux avec la GB (de surcroît largement excédentaires !). Malgré des gesticulations de façade, elle s'écrasera donc comme une bouse et acceptera sous la dictée de ses patrons (Les lobbyistes du monde du business) la reconduction ou réécriture de tous les termes commerciaux à l'identique. Quant à la liberté de circulation, elle sera préservée évidemment pour la finance, et probablement essentiellement maintenue pour les européens. Quant à la soit-disant "facture", on aura ce que la GB veut bien nous donner. Au lieu de se préoccuper de la sortie de la GB. on ferait mieux de préparer la notre !

  • Par vangog - 19/06/2017 - 14:05 - Signaler un abus @Totor furibard totalement en accord avec vous!

    Selon moi, c'est même l'UE qui doit de l'argent à la GB pour les retards pris et la responsabilité dans la crise de la Grèce...

  • Par ArCoat - 19/06/2017 - 14:38 - Signaler un abus Heureusement

    Que des commentateurs (clair)voyants décodent pour nous, pauvres ilotes, l'article de Sylvestre. On aurait pu croire naïvement les anglais en "dire straits". Quelle erreur! :=) :=)

  • Par JeanBart - 19/06/2017 - 15:20 - Signaler un abus Serait-ce si judicieux

    de commencer des négociations bien mollement ? Dommage de ne pas s'attaquer à l'analyse des stratégies de négociation (ne rien céder coté Brit, montrer sa magnanimité coté UE) : il y aurait beaucoup à dire, et ce serait bien plus intéressant que d'avoir une énième resucée de la position mainstream.

  • Par Deneziere - 19/06/2017 - 22:10 - Signaler un abus Pas d'accord avec ce qui précède...

    Ce n'est pas la commission qui risque de s'écraser comme une bouse, ce sont les états eux-mêmes avec lesquels les rosbifs vont mener des négociations secrètes séparées. Micron va d'ailleurs être un des premiers ventres mous visés. Et probablement une des premières bouses.

  • Par SB58 - 20/06/2017 - 09:34 - Signaler un abus Propagande eurobéate !

    Libertés FONDAMENTALES ! Vous ne connaissez plus le sens des mots.

  • Par Jean-luc laffineur - 20/06/2017 - 09:51 - Signaler un abus Les Britanniques sont mal

    Contrairement aux commentaires que je lis, L'UE est en position de force. Les Britanniques se sont tirés une balle dans le pied. Il suffit de lire les journaux anglais un peu sérieux comme le FT et The Guardian. Barnier ne va pas mener les négociations au nom de la Commission mais au nom des États membres. Vous croyez vraiment que les Allemands vont s'écraser comme des grosses bouses?

  • Par SiriuS09 - 20/06/2017 - 11:21 - Signaler un abus Extra Lucides

    Je suis stupéfait par la science politique de certains contributeurs. Avec des gens aussi pertinents que péremptoires, nous n'avons rien à craindre de l'avenir immédiat: ils en maîtrisent les ficelles et tirent dessus allègrement., pas vrai Totor F? À moins que lorsque les faits vous dérangent (Brexit s'avère bien la cata annoncée) vous polissez aussitôt une caricature de préférence scatologique, ça plaît à défaut de la vraisemblance.

  • Par kelenborn - 20/06/2017 - 16:20 - Signaler un abus ouais

    Ce qui est fantastique avec ce type c'est qu'il n'analyse pas mais que les faits ne sont que le résultat de ses convictions. S'il avait été persuadé que la lune était bleue, il déclarerait qu'elle se cache le jour sous l'océan ! Rien ne l'ébranle, il se branle! Heureusement que la vie ne lui a donné que la possibilité de déblatérer là où on voulait bien le laisser à ses délires! Imaginons qu'il ait été dictateur!!! Il garderait Jean-Baptiste Say comme premier ministre!

  • Par kelenborn - 20/06/2017 - 16:22 - Signaler un abus Jean-luc laffineur

    Ah ouais, on va voir ce qu'on va voir!!! On dirait Noel Roquevert dans Fanfan la Tulipe...à moins que ce ne soit Guy Montagné "bande de petits salopards"!! attention! faut avoir des pampers de rechange!

  • Par Philippe HERMKENS - 20/06/2017 - 16:27 - Signaler un abus The Financial Times and the Guardian

    Le Financial Times et le Guardian des journaux sérieux ? Le FT a été hostile à Margaret Thatcher dès qu'elle est apparue comme une Première ministre potentielle. Il a été hostile becs et ongles à la politique libérale menée, car trop excessive .. Le Guardian est le journal du parti travailliste , le journal des bobos écolos de Londres .. Des journaux sérieux ?? Comique ..

  • Par g16 - 20/06/2017 - 19:04 - Signaler un abus Prenant l'allure d'entreprise de démolition

    Elle va essayer de saboter l'Europe dans tout son ensemble pour tirer parti des activités de commerce avec les états séparément. C'est bien la fin de l'Europe qu'elle est en train d'organiser.

  • Par POLITQ - 21/06/2017 - 08:55 - Signaler un abus M.Sylvestre intelligent mais mouton…..

    BRAVO MME MAY!!! Qu'elle dise MERDE (SHIT…) à tous ces SALES EUROPEENS!!! Si cet étron de Chirac avait eu les couilles de May pour SORTIR duTROU dans lequel cet pourriture de Mitterrand nous a mis, pour faire un VRAI BILAN…... Barnier , autre mouton, va , comme d'hab, prendre son pied à nous concocter des saloperies qui vont nous lier un peu plus….. Sale type.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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