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Revue d'analyses (financières)
L'Europe et les Etats-Unis sont-ils gouvernés par des nuls ?
Publié le 03 avril 2013
Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.
Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.
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Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Quand The Economist met en couverture une photo de Barack Obama habillé en marinière Armorlux, comme Arnaud Montebourg, avec en plus un béret basque et une baguette de pain, ce n’est pas pour rendre hommage à l’efficacité de la politique française et européenne. Bien au contraire, il s’agit de mettre en parallèle l’incapacité de l’Europe à prendre son destin en main avec le blocage institutionnel de la vie politique américaine.

L’Europe, selon Jean Claude Casanova de l’IEP, est dirigée par « un incompétent (Juan Manuel Barroso, président de la Commission européenne) et un muet du sérail (HermanVan Rompuy, président du Conseil Européen) ». Les Etats Unis, de leur côté, se perdent dans des négociations byzantines entre Démocrates et Républicains sur la fiscalité et le plafond de la dette.

L’économie mondiale à la remorque de la Chine

En Chine, pendant ce temps, comme le montrent bien Stephen King et Madhur Jha de HSBC  dans leur dernière publication « La grande rotation », l’économie mondiale est de plus en plus dépendante des performances économiques de l’Empire du Milieu. Sa contribution à la croissance mondiale est au plus haut. La grille de lecture devient donc  assez simple : les pays qui auront de la croissance seront les voisins de la Chine en Asie et les pays producteurs de matières premières (Chili, Angola, Afrique du Sud, Kazakstan). Nous allons assister à une grande rotation dans les portefeuilles disent les deux stratégistes de HSBC. « En matière d’investissement oubliez les sociétés occidentales et concentrez vous sur la Chine » écrivent-ils.

Dans le vieux monde, l’Amérique aura encore un peu de croissance grâce à ses trois avantages structurels : 1/ la flexibilité des salaires 2/ les gaz de schistes 3/ la dévaluation quasi continue du dollar. L’Europe restera engluée dans ses problèmes et aura beaucoup de mal à éviter une récession.

C’est la raison pour laquelle les éditeurs de BCA, prévoient  dans leur publication « Perspectives 2013 » un horizon boursier avec un peu moins d’orages et quelques éclaircies.

En Europe
, selon Edward Rhea de Barclays les performances des actions européennes pourraient être paradoxalement bonnes (baisse des taux d’intérêt et de l’incertitude politique en 2013) surtout favorables aux actions italiennes et espagnoles. En effet, en ce moment, sur les 10 marchés les moins chers : huit sont des pays développés européens : Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Espagne, Finlande, Pays-Bas et Autriche (P/E entre 4,8 et 11,7). Même si la croissance des résultats des sociétés européennes sera nulle en 2013 pour les entreprises du Stoxx 600, le manque d’actifs avec un rendement intéressant va pousser les investisseurs à s’intéresser aux actions européennes. La progression du cours des actions ne viendra donc pas de la croissance des résultats, mais d’une amélioration des multiples.

Goldman Sachs dans ses prévisions pour 2013 va même jusqu’à prévoir une progression de 20% des valeurs européennes.

Le symbole Florange coûte très cher à l’économie française

En France, l’année 2013 sera une année noire sur le front de l’emploi. Une deuxième année de croissance très faible voire négative se profile.

Il est temps que François Hollande assume ouvertement sa ligne sociale démocrate.

La taxation des plus hauts revenus à 75% est en train de devenir pour François Hollande ce qu’avait été le bouclier fiscal pour Nicolas Sarkozy. L’idée populaire de « faire payer les riches » a des effets désastreux, car elle braque les chefs d’entreprise, y compris ceux qui sont loin d’avoir des revenus aussi élevés que 1M d’euros.

Le dialogue social qui était censé aboutir à un compromis historique pour la fin de l’année se fait attendre. Cette étape a été présentée par le chef de l’Etat comme le second volet, après le rapport Gallois, de la reconquête de la compétitivité de la France. L’issue des négociations sociales en cours sera un marqueur très important de la détermination du gouvernement.

Pour cacher les difficultés économiques de la France, on ne peut en effet impunément créer un climat général de défiance  à l’encontre des hauts revenus et des dirigeants d’entreprise et utiliser la jalousie à l’égard des « riches » pour  la déguiser  en morale. N’en déplaise à Arnaud Montebourg, il ne peut pas y avoir de redressement productif quand une fiscalité confiscatoire chasse les créateurs de richesse de France explique Xavier Fontanet ancien Président d’Essilor. Ce n’est pas la Banque Publique d’Investissement qui aura des capitaux propres inférieurs à 50 Md€ qui pourra avoir un impact significatif sur les investissements des entreprises. L’Etat français avec une dette de 1800 Md€, soit près de deux fois le PIB ne pourra pas financer le capital nécessaire à une économie concurrentielle au niveau que requiert la compétition mondiale.

 

Le symbole Florange coûte donc très cher en investisseurs français découragés et en investisseurs étrangers horrifiés.

Pour ne prendre qu’un seul exemple de mesures idéologiques contre- productives, il suffit de regarder l’effet de la taxe sur les transactions financières en vigueur depuis le 1er août 2012. Elle a eu des effets très négatifs , -18%,  sur le volume d’actions échangées à Paris. L’Etat ne percevra pas les 1,6 Md€ escomptés, car chaque fois qu’un gouvernement perçoit des taxes excessives, la masse imposable s’évade.

Tout cela pour aboutir au fait qu’Euronext, la société qui gère la bourse de Paris  fasse l’objet d’un rachat par la société américaine ICE C’était probablement beaucoup plus important de se battre pour la place financière de Paris que pour le maintien de hauts fourneaux…. !

Pour Antoine Demongeot de Goldman Sachs, au terme d’une étude assez négative sur les fondamentaux de l’économie française, il conclut qu’elle devrait néanmoins s’en sortir en raison de la double pression des marchés et des autorités européennes.

La lecture de l’article de Jean Marc Ayrault, publié par Le Monde est un vrai tournant, car il admet que le « modèle français » n’est plus adapté à la mondialisation et que nous souffrons de nos propres faiblesses. Cependant, à aucun moment, le mot Europe n’est prononcé alors que selon François Hollande pendant sa campagne, la croissance devait revenir grâce à une coopération allemande rééquilibrée ! Tout le problème est maintenant que les statistiques de l’emploi vont enregistrer autour de 40 000 chômeurs de plus par mois, pendant encore de nombreux mois. Ce sera donc très difficile de maintenir le cap fixé avec une extrême gauche hostile, des écologistes peu solidaires et une partie du Parti socialiste qui ne va pas aimer du tout la politique menée par François Hollande et son gouvernement. Christian Saint-Etienne, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers est plus radical : il faut dit il, si l’on veut créer des emplois « désoviétiser la sphère politico-médiatico-éducative au sein de laquelle la fiscalité et la haine attisée contre les riches ont remplacé la politique comme instrument d’oppression ». Il faut faire des réformes courageuses qui ne porteront pas tout de suite leurs fruits.

La Grèce a vu sa note de crédit relevée par S&P ce qui a permis au 10 ans de se retrouver à 12,79% soit un plus bas depuis 21 mois. La perspective d’une sortie de la Grèce de l’Euro s’éloigne pour le moment.

L’économie américaine regagne de la compétitivité

Aux Etats-Unis, le compromis qui a été signé ne règle pas la question du déficit budgétaire et celle du relèvement du plafond de la dette.

L’accord budgétaire devrait avoir peu d’impact sur la croissance…

Trois crises financières, deux guerres, une récession ont fait plonger l’Amérique dans le rouge. Le problème du « Fiscal Cliff » (= mur de la dette) comme partout ne peut être traité que dans la durée. Les mesures provisoires prises fin 2012 vont laisser 3 à 6 mois de plus pour prendre les décisions définitives.

Si ces deux problèmes trouvent une solution politique convenable, les dépenses d’investissement, point faible de la croissance 2012, devraient reprendre vers juin 2013 et 2014, favorisées par la compétitivité énergétique et manufacturière retrouvée grâce au gaz et au pétrole de schiste.

En ce moment, l’indice de sentiment sur les perspectives de l’immobilier est au plus haut depuis 2006, les ventes de maisons existantes ont progressé de 5,9% en novembre, un plus haut depuis trois ans.

Cela permet à JPMorgan de projeter une croissance des résultats de 4% en 2013 pour les entreprises du S&P500, accompagnée d’une augmentation des multiples. D’où un indice S&P500 qui pourrait atteindre les 1525 fin 2013 soit une progression de +9%.

L’Asie du Sud Est à l’heure du pragmatisme et l’Afrique à l’heure de la croissance

Au Japon, le déficit commercial s’est creusé en novembre. On a assisté  à une cuisant défaite pour les démocrates de centre gauche et au retour en force des conservateurs. Le PLD a repris le pouvoir avec une majorité écrasante aux élections législatives. Les marchés misent sur le gouvernement de Shinzo Abe pour relancer l’économie japonaise.

Les taux bas depuis dix ans n’ont stimulé ni la consommation ni les investissements. En terme de valorisation, le marché japonais serait selon BCA le plus attractif devant l’Espagne et la Grande Bretagne.

En Corée du Sud, Park Geun-hye qui vient d’être élue à la tête de l’état est la première femme à occuper ce poste. La concurrence avec le Japon va rester sévère au point que parmi les « hypothèses improbables » de Saxo Banque pour 2013 elle imagine que les principales sociétés d’électronique japonaise devront être  nationalisées en raison de la concurrence sud coréenne.  L’arrivée simultanée de nouveaux dirigeants en Chine, au Japon et en Corée du Sud devrait cependant changer la donne en Asie du Sud Est en proie à une montée des tensions. Le réalisme économique devrait probablement peser en faveur d’un apaisement.

L’Afrique va doubler son PIB tous les dix ans estime Charles Robertson chef économiste de Renaissance Capital. C’est pourquoi on retrouve dans les portefeuilles de fonds spécialisés sur l’Afrique des valeurs comme Kernel (Réseau de silos et de terminaux exportateurs/ Ukraine), MHP (volailles/Ukraine),  JBS (n°1 de la viande /Brésil), Juhayna (leader produits laitiers/Egypte)

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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GerMiniCus
- 09/01/2013 - 13:27
@ De France et de plus loin
Au contraire, il ne fait que commencer malheureusement ...
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Les mesures d'austérité du FMI forcent les Etats à se tourner toujours plus avant vers le secteur privé. Ses prérogatives sont touchées, les principes régaliens même des Etats en sont affectés: les pays n'ont plus aucun control sur rien, particulièrement en Europe.
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La globalisation et le poids des dettes nationales entrainent les pays dans une fuite en avant sans issue: suivre pour survivre et ne pas imploser.
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Certains pays parviendront peut-être un jour à l'indépendence énergétique mais en ce qui concerne l'autosuffisance alimentaire, pratiquement aucun pays n'en serait capable. Ce qui est un gros problème lorsque l'on sait qu'en 2050 nous serons 9 milliards. Les échanges internationaux de demain seront donc exacerbés par une consommation et une demande grandissantes. Le Brésil avait la possibilité d'atteindre ce vieux rêve communiste mais ils ont préféré cultiver des plantes destinées à remplir les réservoirs des voitures Américaines au détriment de la forêt amazonienne ...
cafecreme
- 09/01/2013 - 08:21
des pelleteuses nous gouvernent
Ils creusent des trous financiers et demandent aux autres de les reboucher.
Le gorille
- 09/01/2013 - 05:08
Nuls ?
Les faits insistent : les chefs successifs de nos gouvernements se savent pas ce qu'ils font. A ce titre, on peut dire qu'ils sont nuls.
Mais doivent-ils, eux, savoir ? A mon sens, non, ils ont à arbitrer.
Entre qui ? Entre des "conseillers" de divers domaines capables, selon leurs titres, de "lire" l'actualité et "d'anticiper" l'avenir.
Que voyons-nous ? Des "économistes" qui, eux, sont les vrais nuls de la classe, et là je rejoins l'ironie de DEL. Ces économistes ne connaissent que le court terme, au point que, pour eux, "l'argent est une matière première" ! L'argent n'est que le thermomètre de l'échange. L'épopée de l'Euro ne fait que le démontrer.
A côté, les autres disciplines font pâle figure, car le politique, au sens noble du terme, n'a pas aujourd'hui la place qui lui revient : la première ! Et en conséquence, le politique ne hiérarchise à bon escient pas les autres valeurs. Et la loi urgente du mariage unisexe témoigne, à en être caricatural, de l'absence de hiérarchisation...